Ake-e-Ake-Ake

05 octobre 2017

Artiste : Matsuda

Sur un ancien blog, j'avais déjà parlé de Matsuda マツダ, un dessinateur japonais que l'on peut voir sur Twitter et Pixiv ; mais le post datant de 2013 ou 2014 et son oeuvre toujours aussi magnifique, je reviens ici pour vous en parler à nouveau...

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Matsuda incarne à peu près tout ce que je recherche dans le dessin : un mélange parfait (cela existe-t-il ? On va dire que oui) de ''manga'' et de ''bande-dessinée''. Un magnifique croisement culturel, et pour cause ; Matsuda est un japonais né en France, où il a été élevé pendant onze ans, et vit au Japon depuis une quinzaine (maintenant une vingtaine ? ) d'années.

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Sa série d'illustrations ''Bricologic'' met en scène des personnages de jeunes femmes dans des décors de cafés (ou plutôt, un café en particulier) parisiens. Avec ses décors fourmillant de détails, on s'y croirait !

 

 J'ignore ce qu'il fait en ce moment, mais ça donne envie de le voir à l'oeuvre sur un film d'animation !

N'hésitez pas à aller voir sa galerie http://www.pixiv.net/member_illust.php?id=72759 et ses blogs! 

http://matsukitchi.tumblr.com/

http://matsukitchi.blog.fc2.com/(dernière mise à jour en 2013)

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22 septembre 2017

Akeu c'est un tuto

Hé les muchachos, comme on m'a demandé récemment ; voici une sorte de petit tutoriel pour les settings que j'utilise sur SAI, le plus souvent quand je dessine (que ce soit un crobard ou un truc soigné). Avec des nanas random à l'anatomie douteuse, comme on les aime.

 

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Je dessine donc majoritairement au ''Pen'', le pen de base de SAI, avec juste quelques modifications au niveau des settings, elles-mêmes inspirées d'autres tutos vus dans le temps sur Internet.

 

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Mais c'est quoi, "Edge Hardness", "hard/soft" ? C'est ce à quoi je cafouille le plus ; le reste ne bouge pas du tout. Surtout Min Density, SURTOUT pas au-dessus de zéro, ça me fiche tout en l'air.

Par cafouiller, je veux dire que je bouge le hard<->soft et le edge hardness selon ma convenance, parfois en plein milieu du dessin. En général, je reste dans les 60~80 pour hard-soft, et ~50s sur edge hardness. Attention cependant : cela dépend aussi du niveau de ''hardness'' de votre stylet dans les paramètres de votre tablette, de base ! N'hésitez pas à trifouiller jusqu'à obtenir un résultat convenable.

 

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Concrètement, voilà ce que ça change, pour edge hardness ; plus on le descend, plus le trait est fin et doux, mais également plus difficile à maîtriser (ça ''glisse'' moins, en fait, et c'est un peu pâlichon). Je le baisse à ~20 lorsque je dois faire des effets comme les traits dans les cheveux ou certaines zones d'ombres très légères. Le reste du temps, il est assez élevé pour ne pas avoir à appuyer comme un bourrin sur le stylet. Mais ça dépend entièrement de l'effet que je vise, encore une fois.

 

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Pour la ''fausse-colo'' monochrome, je passe d'abord une couche avec l'outil water. J'ai jamais vraiment cafouillé aux settings de base. En général, le calque a un très faible niveau d'opacité, à peine 20% (je descends jusqu'à ce que ce soit assez pâle).

 

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Je passe ensuite une seconde couche, avec un degré d'opacité un peu plus fort, et surtout, une taille de ''mine'' (les ronds en bas, là) plus fine. Sur les plis, certains endroits dans les cheveux... quand ça paraît trop sombre/trop net, je passe un très léger coup de gomme pour éclaircir un peu.

Voilà, ça c'est la technique que j'utilise pour la plupart de mes dessins, et c'est comme ça qu'est dessiné Ici chez Toi.

Maintenant, mon deuxième outil préféré : le simili crayon de bois, qui répond au doux nom de juste ''pen 3'' sur ma grille, oups.

 

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Je m'étais à la base inspiré de quelques tutos, en les altérant de façon à obtenir un résultat qui me convienne. Encore une fois, le hard>soft et la taille de mine dépendent entièrement de ce que je veux faire et du zoom sur le canvas (oui, ça a une incidence).

Pour les ombres, rien de plus simple : le même outil, avec une taille de mine 5 fois plus grosses, un calque avec à peine 20% d'opacité and voilà !

 

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Sur ce, je vous laisse, et je vous souhaite un bon amusement avec vos joujous technologiques, parce que ya pas, c'est bô le progrès.

 

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Le MMC, keskecé ?

Bonjour tout le monde !

Je saute une étape dans mes rapports-en-retard du Japon pour me pencher sur un point qui intéresse pas mal de monde : le club !

Parce que je parle très souvent du MMC, le Mie Manga Club 三重漫画倶楽部 dont je fais partie... mais au fait, comment ça se passe ? Comment on rejoint un club là-bas ?

Reprenons depuis le début.

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En Novembre, c'est le festival de l'université de Mie (je ne saurais plus dire quels jours c'était exactement). Ce festival est majoritairement constitué des stands tenus par les clubs ou juste des groupes d'élèves, qui présentent ce qu'ils ont fait dans l'année, font goûter de la nourriture, organisent des spectacles... et ainsi de suite. Et puis ben, il a bien fallu que je tombe dessus - deux stands, côte à côte, tenus par un ou deux élèves chacun. L'un était le stand du club de light-novels... et l'autre celui du club manga.

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J'ai donc feuilleté un peu les magazines qu'il y avait (au début je savais pas que c'était deux clubs distincts), j'achète un bouquin au club de light-novel et deux zines au club manga. Mais ça me titille... ils recrutent ? On peut rejoindre ce club ? Comment ça marche ? Alors je demande au gars assis devant moi (qui s'avérait être Yoichi ). Un peu timide, il est pas très bavard, mais il me dit en gros que le but du club est ''juste....... on lit des manga... et... on parle de manga... et on dessine... et enfin, c'est pour être ensemble réunis autour de manga. '' ''Y a pas de contraintes particulières ? '' ''Non, tout le monde peut venir, quand ils veulent''.

Mais c'est très intéressant tout ça ! J'avais entendu que la plupart des clubs étaient des communautés très sévères sur la présence, et que si tu ratais une fois ou que tu étais pas bon, tu étais assez vite jugé. Ca, c'était un club qui me semblait raisonnable (rires). Il faut dire que ce club-là n'avait pas grand-chose à voir avec les clubs sportifs ou musicaux, où tu es obligé de venir à tous les entraînements jusque tard le soir.

Du coup, il me propose de me montrer où c'est. Le club a une grande salle de classe dans le bâtiment à côté du réfectoire et du combini de l'université, un endroit où beaucoup de clubs peuvent faire leurs activités en liberté. Eh ben, c'est parfait ! Je reviendrai m'inscrire, très certainement.

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Et j'y retourne donc, un peu en stress je l'avoue, une semaine plus tard. Heureusement, le président du club, Ohba Riku et Yoichi m'attendaient et m'ont directement emmené à une table pour m'expliquer les règles plus en détail et m'inscrire. Enfin, pas qu'il y ait de *vraies* règles ; c'était surtout pour dire que c'était cool raoul, qu'ils jouaient beaucoup à des jeux de cartes/de société/plateau, et qu'ils imprimaient des zines de temps en temps pour les festivals. Et que tout le monde s'appelle par son pseudo (c'est pourquoi je donne les noms depuis tout à l'heure, ce sont leurs pseudos !), ce qui m'a valu de me faire appeler Ake-san toute l'année (et encore aujourd'hui). Enfin, au début, c'était ''eeiki-san'', et ensuite ''eeke-san'' quand je leur ai dit que le Key était Ke. Presque ça !

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Le carton du club, dessiné par Ohbaric

Chaque année, un zine de présentation des membres est imprimé ; dedans, chaque membre fait une illustration (ou juste du texte) avec un petit texte résumant ses goûts, etc. J'étais toute émue quand j'ai eu le zine dans les mains quelques mois plus tard ! Moi, imprimée au Japon ??? 冗談じゃない

Ohbaric (pour reprendre son @ twitter) m'a tout de suite pris sous son aile, avec un autre membre qui s'appelait Tasukun. Bien heureusement, parce que j'ai eu un mal fou à parler aux autres ! Ce que je dois préciser, c'est qu'ils étaient une 15aine... de mecs. Uniquement des mecs, japonais, et otaku (ce qui n'aide pas, en général). Quand on est la seule occidentale et que son japonais est un peu naze, c'est pas évident ! On est un peu en dehors du délire (ils jouaient beaucoup à une sorte de MMO avec des tanks... qui criaient avec des voix de loli ?). Du coup, j'ai eu de grands moments de solitude...

Tasukun (que j'appelais ''Madarame'' (Genshiken) à mes potes parce qu'il parlait en criant d'une voix nasillarde) me parlait beaucoup, en vrai - c'était celui qui me parlait le plus. En fait, quand il s'ennuyait, il voulait me faire jouer aux jeux de cartes et de plateau, sauf que je comprenais tellement rien que c'était plutôt éprouvant pour moi (rires). J'ai honte mais j'ai fini par refuser pour juste dessiner, parce que je n'avais pas la foi de me faire expliquer les règles 5 fois de suite, et de devoir laisser les autres jouer à ma place... j'espère qu'il ne m'en veut pas trop ! De base, je n'aime pas ce genre de jeux, alors en japonais, j'ai vite épuisé mes réserves de patience.

Une fois par mois, le club donnait un thème, et on devait dessiner sur ledit thème - le dessin était ensuite posté sur le site internet. Je venais souvent une heure avant la fin pour faire le dessin sur place avec les autres, c'était très chouette ! J'ai également pu dessiner l'un des posters de recrutement à la rentrée en Avril. Plus tard, j'ai participé aux zines vendus au festival (donc j'étais déjà rentrée en France), que j'ai été rechercher lors de mon passage au Japon en Mai dernier. C'est un sentiment absolument fantastique !! (><)

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Au début, je voyais toujours un type pas très grand qui ne parlait à personne, qui dessinait toujours à fond la caisse au fond de la salle avec un casque sur les oreilles. Lui, je l'ai appelé ''le Niizuma'', tellement il était concentré sur ses dessins. Il levait de temps en temps les yeux, mais je savais pas trop quoi en penser, je m'étais mis en tête qu'il ne devait être pas du tout sociable, et que ce n'était pas la peine d'essayer.

...Sauf qu'un jour, il est venu me voir, à ma table, carrément, avec sa pochette de dessins. Littéralement la dernière personne que je m'attendais à voir ?! Et il s'est présenté (en parlant pas fort du tout, c'était pas évident-) ; c'est Tekkin  et il me demandait si je voulais bien voir ses dessins... attends, quoi ? '''Eiji Niizuma'' demande mon approbation ? Je me suis retrouvée super bête.

Le mieux dans l'histoire, c'est que c'est celui qui est par la suite venu le plus souvent me voir, et on était souvent fourrés ensemble. Il s'intéressait énormément à la France et me posait plein de questions, genre dans quel coin j'habitais, et il allait voir les distances sur Google Maps et essayait de dessiner des cartes du nord de la France (très fausses, mais c'était adorable). J'étais triste quand j'ai su qu'on se voyait pour la dernière fois, une semaine avant mon départ !

En fait, justement, je pensais que les gens du club ne tenaient pas spécialement à moi - mais quand j'ai dit que je partais bientôt (et que je revenais pas), ils avaient l'air vraiment ''quoi, sérieusement ?? On croyait que tu restais''. Ca a un peu ébranlé mes convictions (rires). Je suppose qu'on était tous trop timides pour se parler autant qu'on ne l'aurait voulu, donc j'ai eu un arrière goût amer au moment de partir, car les choses commençaient enfin à avancer.

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Cependant, Internet est là ; j'ai donc pu garder contact avec Ohbaric, Tekkin et Yoichi (pas Tasukun, malheureusement), et je continue d'envoyer des illustrations régulièrement. J'avais un voyage prévu au Japon avec ma mère en Mai dernier, et je suis donc passée à Tsu pour aller au club.

A la base, je devais juste récupérer les fanzines auxquels j'avais participé, no big deal. Je pensais juste rentrer et sortir... mais ...surprise ! Yoichi et Ohbaric m'attendaient (seuls dans la salle) et avaient dessiné ''Okaerinasai A-key-san'' sur le tableau. J'en aurais pleuré, haha. Faut pas me faire des trucs pareils, làààà, allez. Ils étaient tout excités de me voir, et m'ont fait essayer... leur nouveau jeu de plateau (bien sûr). J'ai accepté sans broncher cette fois, malgré la fièvre et mon masque à rhume qui me collait à la tronche (rires). Ca a été encore plus dur de dire au revoir à tout le monde encore une fois, sans savoir quand je reviendrais... mais au moins, j'étais sûre d'une chose ; je pouvais compter au moins sur ces gens-là !

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Enfin, voilà. Je pense que ce sera donc un peu plus clair pour certains que cela intriguait (^^) malgré la distance, je participe toujours bravement à tous les zines et posters (mon 2ème poster de recrutement de l'an passé a été affiché, mais j'ai pu le voir qu'en photo). Bon, il faut que je trouve un moyen de récupérer les suivants par contre, je pense que je vais missionner des français sur place... :D

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03 septembre 2017

Le journal du Japon à la bourre (3)

Bonjour tout le monde ! Nous nous retrouvons pour un 3ème épisode de mes mésaventures japonaises. Cette fois, on va parler sociabilité... parce que qui dit étudiants, dit vivre avec d'autres gens !

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Avant de commencer, je voudrais préciser qu'on a pu acheter un vélo à partir du jour 3 ; ce qui a tout de suite débloqué de nouvelles zones, telles que le SUPERMARCHÉ, le MAGASIN D'ELECTRONIQUE ou encore le 100-yen shop. Au cas où vous vous poseriez la question, un vélo basique coûte un peu moins de 100 euros, et tient bien la route sur plusieurs années (l'ayant revendu à une française de ma fac qui s'en est servi toute cette année-ci).

Les 100-yen shop, comme leur nom l'indique, ce sont des magasins tout-à-1-euro. C'est franchement pas de la qualité (pour ne pas dire de la merde) mais ça dépanne bien pour avoir des outils de nettoyage, de déco, de la vaisselle (sauf que le premier set qu'on a acheté ne passait pas au micro-ondes), etc. Petit à petit j'ai pu me faire un intérieur à peu près convenable, surtout que le supermarché était en fait un gros centre commercial avec une galerie marchande, une petite salle d'arcade avec Project Diva et Taiko no Tatsujin, des magasins de fringues (y compris de sport), un Ikéa-like avec plein d'objets déco... paraît qu'il était petit par rapport à ceux des autres villes - je vous crois, parce que tout est démesuré dans ce pays.

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Tsu, vue du dernier étage de l'hôpital de la fac. En fait, il y a un restaurant chinois là-haut...

Comme j'avais un souci avec mon ordinateur (la prise n'allait pas avec mon adaptateur de prise, et impossible d'en trouver un qui aille) qui a duré deux semaines, j'ai été choper une petite TV et une PS3 d'occase pas chère (c'était plus ou moins prévu dans mon budget, juste pas aussi tôt, peut-être). Même pas honte. Par contre, ramener la TV en 1h de marche sous le soleil, plus jamais je le fais. Je me suis tout de suite fait une réputation d'accro avec ça, haha... mais eh, j'avais même pas de quoi mettre de musique dans ma chambre, c'était la déprime, comprenez-moi, allez. En plus, il y avait un magasin de location de DVD/bluray/manga juste en face, j'appelle ça un pousse-au-crime.

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Il me semble qu'on a eu assez vite une petite fête d'accueil organisée par l'université ; il s'agissait d'une soirée où les nouveaux étudiants étrangers devaient se présenter tour à tour au micro devant la salle (gloups). Un peu plus tôt dans la journée, j'avais faire la connaissance de celle que je vais appeler Man-chan, une allemande Potterhead qui m'avait expliqué comment me servir de la machine à laver alors que j'étais en perdition. Aka mon premier contact humain occidental, dans la langue de Shakespeare. Je l'ai recroisée vite fait à la soirée. Ce que j'ignorais, c'est que ce soir là, on allait rencontrer... les français, parce que non, nous n'étions pas seules, et vous allez rire, mais c'est un sentiment vachement marrant quand même.

Donc il y avait R., qui était là depuis cinq ans et qui se faisait prendre pour un étudiant asiatique les 3/4 du temps par tout le monde à cause de ses origines ; et Mat & Q (désolée pour les noms, c'est difficile de pas donner de vrais noms entiers), deux garçons qui venaient de la même fac mais qui ne faisaient pas d'études japonaises et ne connaissaient pas trop la langue. En d'autres termes, on nous a vite pris pour des bilingues de ouf alors que ce n'était pas du tout le cas, haha...

R. allait bientôt repartir en France, mais il a été un excellent conseil sur les quelques semaines durant lesquelles on a pu le côtoyer. Il nous a permis notamment d'entrer en contact avec un certain T. G (ce sont ses vraies initiales), un professeur/chercheur français qui enseigne au Japon depuis quelques années. Il est assez connu dans le domaine de la politique japonaise contemporaine, chose qu'on ignorait complètement jusqu'à cette année, en voyant son nom dans le journal... oups !

Mais c'est vraiment un homme très gentil (un peu troll parce qu'il me charriait avec les araignées, mais très gentil quand même) qui nous a même montré la réserve de livres francophones de l'université (je n'ai jamais réussi à y retourner, mais il y avait des BDs et des J'aime Lire, eh). Il est passé donner cours à Lille 3 cette année, mais je n'étais pas dispo pour venir, j'ai un peu la haine.

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Les Français, c'est bien, mais parlons un peu des locaux. Avant qu'on nous présente Monsieur G. , je devais voir mon professeur référent, M. Yoshimaru. M. Yoshimaru, c'est un professeur de littérature qui se spécialise sur les écrits de l'ère Edo... et s'intéresse plus particulièrement aux ninja. Eh oui, vous en avez peut-être entendu parler récemment sur Nautiljon ou ce genre de site, l'université de Mie (où j'étais, là) va mettre officiellement les ''ninja studies'' au programme du concours d'entrée. En voyant la nouvelle, j'avais tout de suite pensé à mon prof (d'ailleurs, il faudra que je pense à lui écrire un jour, mais bref).

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Photo qui n'a rien à voir ; regardez c'est mon vélo il me manque

Le jour du rendez-vous tombait plutôt mal. Je crevais la dalle, parce que ça faisait deux jours que je ne mangeais pas à ma faim (de 1, la plupart des plats étaient trop petits/pas consistants, et j'avais faim après-coup la nuit mais pas de réserves ; de 2) , la veille, mon plat acheté au supermarché avait *moisi* dans mon frigo, en deux jours... me restait des chips qui avaient  le goût immonde de patate au BEURRE, j'oublierai jamais cette infamie). J'avais donné rendez-vous à ma camarade de classe pour manger à midi et je l'attendais, donc je n'avais mangé qu'un onigiri pour dire de pas trop me caler avant le repas.

Problème : le rendez-vous de ma pote avec son propre prof référent a duré plus longtemps que prévu, ce qui fait que j'ai attendu dans la chaleur pour rien. Alors je sais pas, faiblesse+faim+coup de chaud, je me souviens avoir piqué une crise de larmes devant la bibliothèque. J'ai pleuré un nombre incalculable de fois dans un pays où on n'est pas censé montrer ses sentiments en public, c'est pas la classe ?

Alors, heureusement, malgré la crise de nerfs et la faim, le rendez-vous ne s'est pas trop mal passé, sinon que je le laissais parler tandis qu'il m'emmenait à son bureau (surtout parce que je n'avais pas encore le SKILL pour répondre, en fait). En plus il me faisait un peu peur, parce que c'était votre japonais typique en costume-cravate noir avec des lunettes, j'avais plus l'impression de parler à un chef d'entreprise qu'à un professeur d'université. Je me souviens qu'il m'expliquait ses recherches, qu'il me disait que Mie était un bon endroit pour étudier parce que '' il y a pas grand chose, donc les élèves peuvent se concentrer sur leur travail '' (you don't say, ha ha ha...).

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Un coin sympa de la bibliothèque universitaire, pour lire les journaux

Son bureau, par contre, je ne l'oublierai jamais. C'était au dernier étage d'un bâtiment, et il avait vue sur la mer de sa fenêtre (c'était la première fois que je voyais la mer, alors que l'université est construite juste à côté). Des piles et des piles de dossiers, et des placards débordant de livres et de paperasse... j'adore ce genre d'endroit. Enfin, je regardais autour de moi pendant qu'il parlait, et j'étais toujours super gênée de pas pouvoir répondre à part en acquiesçant... à la fin, il me demande si j'ai des questions.

Alors, oui. J'en avais une. Est-ce un ANIMELAND SUR NARUTO SHIPPUUDEN QUE JE VOIS LA DANS LE COIN ENTRE DEUX DOSSIERS. Oui, c'était bien ça. Il m'a expliqué d'un air tout content qu'il l'avait acheté lors d'un voyage en France ; comme il se passionnait pour les ninja, il avait lu tout Naruto (moi par contre je n'ai jamais lu lla série de ma vie, alors j'ai dû le décevoir un peu (rires)). J'ai appris plus tard de la part d'élèves de la fac qu'il connaissait bien Inazuma Eleven et Yokai Watch parce qu'il jouait/regardait avec son fils... lors de notre première rencontre, je ne l'aurais jamais imaginé; mais après l'avoir côtoyé pendant un an, ça ne me paraît plus si surprenant aujourd'hui.

Parce que, en effet, on s'est beaucoup revus pendant l'année ; ce professeur invitait les élèves qu'il avait sous son aile une fois par mois au restaurant de l'université (la cantine des profs, en gros). Les premières fois - surtout la toute première - ont été vraiment hyper awkward (franchement, je ne vois même plus d'autre mot pour décrire le malaise que je ressentais, haha) parce que je ne savais presque pas répondre, que je ne savais pas toujours comment manger ce qu'il y avait dans l'assiette (''keskecééé...?''), et qu'il y avait de très longs silences... j'ai cependant appris plus tard, de la part de Monsieur G., que les longs silences étaient tout à fait normaux lors des repas japonais. Ouf. Oui parce qu'en fait, Monsieur G. était dans la salle lors de mon premier repas avec mon prof, juste que je ne le connaissais pas encore.

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Réservé et tout, c'est classe

''Vous aviez l'air... plutôt tendue, j'étais un peu mal pour vous''. ''En plus, Y-sensei est très japonais, ça demande un temps d'adaptation. '' Merci de votre compassion, ça me touche, je me sens moins stupide. Légèrement.

Mais eh, sans m'en rendre compte, à la fin de l'année je pouvais tenir la conversation. Je pense que c'est la plus belle preuve de progrès qu'on puisse avoir, tenir une conversation face à un adulte (rires). Il y a aussi du fait qu'il me faisait moins peur avec le temps, surtout après avoir été invitée, avec deux autres de ses élèves, à un repas avec lui, sa femme et ses deux enfants. Je me souviens que j'étais émue ce soir-là parce que c'était mon premier contact avec une famille depuis mon arrivée 4 mois plus tôt, et que la mienne me manquait énormément, haha. Les figures parentales, étrangement (ou pas tant que ça, a posteriori), m'inspiraient une confiance toute particulière pendant mon année.

Je pense que j'ai dit ce que j'avais à dire dans cet article. Je pense que le prochain abordera ...eh bien, les cours, qui commençaient une semaine après notre arrivée. Même que ça ne s'est pas vraiment passé comme c'était *censé* se passer...

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Le journal du Japon à la bourre (2)

Bonjour mes chers lecteurs, oulala que de monde dans la salle (laissez-moi faire marcher mon imagination s'il vous plaît) ! Nous voilà partis pour un second épisode de ce compte-rendu avec deux ans de lag. Heureusement cette partie du voyage m'a traumatisée fort marquée alors c'est plutôt facile de me rappeler la plupart de nos catastroph- aventures. Pour votre plus grand bonheur. Je l'espère.

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Nous venions donc d'arriver, et après un voyage de tous les dangers pour trouver quelque chose à grignoter avant de dormir,eh bien, nous avons été découvrir nos chambres (et ranger nos affaires). J'avoue ne plus être certaine du moment auquel ça s'est produit, si ce n'est que c'était forcément ce soir-là, mais je me souviens de ma camarade qui affichait une mine bouleversée en disant que c'était absolument crade, qu'elle voulait repartir tout de suite.

Et moi je comprenais pas, parce que je venais de faire ma propre chambre - les meubles étaient vieux (à part le bureau qui était un super bureau qui tient au frais avec des tiroirs qui se ferment à clé et tout, un très bon point), mais tout était propre, il n'y avait même pas de poussière ou quoi que ce soit. La salle de bains était loin d'être neuve, mais pas sale non plus... et pourtant, elle me disait l'inverse. J'avoue avoir pensé sur le coup qu'elle exagérait à cause de la fatigue...

Mais non, non, c'était bel et bien dégueulasse. Ce soir-là, je n'ai vu que la salle de bains; mais sa cuvette de WC était... marron jusqu'en haut, et le lavabo était plein de taches de produits ou de teinture mêlées à de la crasse. La baignoire aussi était quasiment noire au fond, et le miroir... on n'en parle même pas. Comparée à la mienne, c'est le jour et la nuit.

Remarquant que la cuisine de l'étage était innocupée, on en a profité pour jeter un oeil. Vaisselle sale partout, restes de bouffe sur la table ; plaques huileuses pleines de copeaux de légumes, taches d'huiles/crasse/gras noires qui montent sur le mur jusqu'au plafond. Eclairage d'hôpital dégueu comme dans le couloir et aucun rideau/volets aux fenêtres, ce qui faisait un trou noir béant peu avenant comme ouverture sur l'extérieur. Odeur pestilentielle, bien sûr... et dans le silence total (l'avantage de ce dortoir, c'est que même les voitures ne passaient pas à côté), ça avait carrément un côté Silent Hill en déchiffrant les papiers d'ordre de ramassage de poubelle accrochés au mur en vrac (rires).

-Ouaip, bon. On repassera quand il fera jour, hein. Mon dieu quelle horreur

-oui........

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Heureusement, tout paraissait déjà moins sinistre une fois le soleil levé, comme partout. On avait une réunion à la fac à 10 heures du matin, mais j'étais déjà debout bien plus tôt à cause du décalage horaire, comme d'habitude. Je me souviens avoir attendu l'heure de partir en trépignant comme un gosse, haha... et de la lumière du soleil qui faisait cramer ma chambre à 6-7h du matin, malgré la fin de l'été. L'avantage, c'est qu'on a pu sortir en short et t-shirt de bon matin, ce qui n'était plus du tout le cas en France...

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(prise ce matin-là, il y avait 26-27°C dans la pièce et j'ai compris que les rideaux allaient pas être des plus efficaces)

On n'a pas eu trop de mal à trouver le bâtiment ; de jour, c'est mieux, on arrive à comprendre ce qui nous entoure. On s'est également rendu compte que le chemin qu'on avait emprunté la veille menait carrément à la mer... située à l'opposé de la route nationale avec notre combini salvateur. Le campus est très vaste, et très vert, c'est reposant. Les bâtiments sont tout blancs et modernes (pas comme le dortoir réservé aux étrangers dans lequel on allait crécher un an).

Du coup, réunion. Pré-rentrée, quoi, en fait. On était avec d'autres élèves de tous horizons, et on a pu retrouver notre 3ème camarade de classe de Lille3 qui était arrivée avant nous à Tsu, et logeait dans un autre dortoir. Je me souviens plus trop des détails... à part que j'avais l'esprit complètement ailleurs et que c'était pas hyper passionnant. Ah, si, je me souviens - il fallait remplir de la paperasse administrative pour qu'ils aillent à la mairie faire nos cartes de résidence. Wouhou ! On n'était officiellement plus des touristes en vadrouille. Après quoi on nous a fait aller au secrétariat pour remplir un petit dossier consistant à dire ce qui allait/n'allait pas avec nos chambres. Bien sûr, on a fait un check complet de la chambre de mon amie, mais ça n'a pas mené à grand chose... puisqu'elle a dû acheter les produits ménagers et faire elle-même le ménage. Ménage durant lequel elle a eu d'autres mauvaises surprises que la salle de bains ; cafards morts derrière le bureau en le bougeant ; cafards morts et grains de riz moisis sous le lit... l'Enfer.

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Voilà de jolies images du campus pour compenser, yalalihou

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Problème : j'ai affreusement peur des insectes, voire de la *possibilité*d'insectes et araignées dans une chambre. Du coup, ma chambre qui me paraissait si clean me paraissait soudain être une zone de danger, et je passais mon temps à fixer les murs et le plafond... et surtout, n'osais pas bouger mes meubles de peur de voir surgir des monstres, morts ou pas. J'ai dû demander à mon amie de regarder avec moi parce que je suis un gros bébé.

Spoiler : il n'y avait rien. Ma chambre était réellement clean. J'en ai donc conclu qu'ils avaient tout simplement oublié de nettoyer la sienne après que le locataire précédent soit parti... et ce n'était pas normal. On ne donne pas une chambre dans cet état à quelqu'un ! J'ai plus tard appris à mes dépends qu'en fait, ils ne nettoyaient tout simplement *pas* les chambres, et que si la mienne était propre, c'était juste grâce à la maniaquerie de la précédente locataire. Fabuleux !

L'avantage qu'avait mon amie sur moi, c'est que si elle craignait la saleté, elle ne craignait pas trop les araignées et les insectes. Moi, c'est l'inverse - donc plus les jours passaient, plus j'étais terrorisée en sachant que de sales bébêtes se promenaient tranquilou dans le bâtiment ouvert à tous les vents. Il sera bon de noter aussi que la porte d'entrée indiquait '' ne pas oublier de fermer cette porte ; nids de guêpes ! ''. On sait à quoi ressemblent les guêpes japonaises...

Donc la plus difficile à raisonner dans l'histoire, c'était moi. J'avais peur de rentrer le soir (parce que j'ai vu une araignée tropicale au plafond à peine une semaine après mon arrivée, ça m'a fait péter un câble) ; j'avais peur de dormir... je ne me sentais en sécurité que quand j'avais quelqu'un avec moi, haha. Et pourtant, damn, j'avais encore rien vu niveau faune locale.

Autre détail ; on se sentait complètement abandonnés. Pas de concierge - elle était en vacances. Pas de directeur - il n'était pas là non plus. Juste nous, avec l'impression d'être livrés entièrement à nous-mêmes dans un coin dont on ne connaît rien, dans un dortoir dont... on en sait encore moins. Vu qu'avant de partir on nous avait dit que des gens seraient là pour nous accueillir et même nous passer quelques affaires (pinces à linge, liquide vaisselle, éponges...), on était bien loin du compte et on se sentait désespérément seules ! Les nouveaux élèves étaient aussi perdus que nous, et les autres (des Chinois et des Vietnamiens pour la plupart) ne descendaient pas dans le salon du dortoir...

Parce que oui, dans l'entrée, il y avait un petit salon avec deux canapés, aussi communément appelé la zone à Wi-Fi.

C'était le seul endroit où le Wi-fi était accessible - un petit wi-fi merdique qui se déconnectait toutes les 3 secondes et clairement pas idéal pour appeler papa et maman par Skype. On y a passé notre vie les deux premières semaines, le temps d'avoir notre abo internet dans notre chambre. Donc visualisez, 5 à 10 jeunes sur leur téléphone, en train de claquer des moustiques tout en se plaignant que le Wi-Fi s'est encore barré, dans toutes les langues - c'était comme ça. C'était une antre à moustiques. Il fallait le mériter, son Internet. J'avais des cicatrices sur les pieds et jambes tellement ces sale bêtes étaient balèzes ! Heureusement ça m'a permis de découvrir que le corps apprend ensuite à se défendre tout seul et fait guérir les piqûres de plus en plus vite. 8/10 would (not) get stung again.

Sauf qu'après, Internet est devenu un peu plus urgent, parce que, eh bien... y'a eu l'araignée géante, près de la zone à Wi-fi. Pas question de rester dans un endroit aussi ''dangereux'' pour ma santé mentale. Il me restait toutefois les ordinateurs de la bibliothèque de l'université qui me dépannaient bien ! Je vous expliquerai un de ces quatre pourquoi ça m'a pris deux semaines avant d'avoir Internet dans ma chambre... une situation plutôt difficile quand tu essayes de communiquer avec les tiens.

Ce compte-rendu-ci était un peu en vrac, un peu comme ma vie à ce moment-là, je reviendrai peut-être en détail sur certaines choses. J'ajouterai des photos quand j'aurai remis la main dessus, même si je pense que vous vous passeriez bien de l'affreuse cuisine (quoique... vous n'auriez ni l'odeur, ni les cafards géants qu'on pouvait y croiser... ni les araignées mais ça c'est plus vers la fin de l'année qu'elles sont arrivées).

Je pense que vous comprendrez ce que je veux dire quand je sous-entend que je ne repasserai pas un an au Japon à moins d'être dans un immeuble, barricadée au 10e étage en centre-ville, hhéhéhehehhaheeh.

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Le journal du Japon à la bourre (1)

Plus que jamais le Japon est un pays qui fascine, surtout en cette époque où Internet permet de communiquer avec le monde entier depuis son téléphone, son ordinateur ou sa tablette. Je fais partie de ces admirateurs de l'archipel, lequel a justifié 7 années (j'entame la 8e) d'études supérieures consacrées à sa culture (et surtout sa langue, il faut bien l'avouer). 

Bref tout ça pour dire que mon parcours m'a amené à passer un an sur place, ce que beaucoup savent parce que je parle beaucoup trop sur Twitter ; mais voilà, ça fait un an que je suis rentrée - j'estime avoir à présent le recul nécessaire pour me mettre à écrire dessus sur ce blog. J'avais déjà essayé de tenir un blog de voyage, mais je me suis vite rendu compte qu'il m'était impossible de raconter au jour le jour sans me lasser, haha.

Vous savez ce que ça veut dire, on va reprendre... depuis le début. (bruit de magnétoscope, parce que je suis vieux jeu)

_____

Donc, ouais, 1er Octobre 2015.

Moi et ma camarade de classe, on arrive à l'aéroport de Nagoya après une quinzaine d'heures de vol sans trop d'encombre (à part que le 2e avion Séoul-Nagoya m'avait rendu malade, mais passons). Concrètement, on sait pas grand chose, à part qu'on doit prendre le bateau direct après l'atterrissage pour accéder à Tsu, la ville où on va habiter pendant un an - et que des gens sont censés nous attendre au port. Parmi eux, celui que je vais appeler K-san, le responsable des relations internationales (on avait aucune idée de sa tronche soit dit en passant) qui nous avait dit de prendre IM PE RA TI VE MENT le 1er bateau parce que sinon il pourrait pas aller nous chercher et faudrait, en gros, ben, qu'on se démerde. Rassurant.

Sauf qu'en descendant de l'avion, y a toujours tous les contrôles à la suite, la queue à faire, la petite photo où tu te payes une tronche dégueulasse (pas fraîche fraîche après avoir mal digéré des fruits de mer en avion, hein?), tout ça tout ça... Chu-bu centrair, c'est un tout petit aéroport, du coup bon, ça me rassurait un peu, mais d'un autre côté, ils n'avaient pas l'air hyper doués, et je voyais le temps passer... passer ... aaah... le bateau !!

On passe le dernier contrôle, on court comme des dératées dans le couloir en poussant nos valises devant nous (la meilleure partie de cette soirée infernale je dirais) parce que l'angoisse donne des ailes ; on arrive tout juste pour prendre un ticket et on embarque presque tranquillement, tels des dresseurs pokémons invités à bord du St Anne (ouais j'ai de la culture attends). Il faisait noir (il était 18h) et moite et il pleuvait - ce qui nous faisait un peu craindre pour la traversée, maintenant je ne sais plus trop ce qui nous inquiétait tant mais je crois que les vagues volaient assez haut devant notre hublot, haha.

30 minutes plus tard, nous voilà sur la terre ferme. Il fait noir comme dans un four mais des gens sont là avec des drapeaux, nice. C'est K-san et une jeune collègue à lui, qui nous font monter dans un van - je vous raconte pas la galère pour caser les valises, avec les autres élèves bien chargés eux aussi. Pendant le trajet, ils nous distribuent des documents et une carte du coin... et commencent à nous expliquer des choses... et...on est... fatigués...et... aah... il s'arrête quand ce van ?

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La Route 23, mais de jour, c'est mieux

 

En fait, j'ai appris bien plus tard que le port était vachement loin, et avec les détours qu'on a fait, on a roulé une 20aine de minutes jusqu'au campus. Le souci, c'est qu'à Tsu, il fait noir. Genre, très noir - impossible de se repérer ou quoi que ce soit, on se demandait où on nous emmenait. Vient alors le sujet qu'on attend tous :

-Il est tard, si vous avez faim (montre vaguement la grande route qu'on aperçoit à travers la vitre devant) il y a une boulangerie...

-cool

-...mais elle est fermée...

-Ah.

-le combini ferme à 22 heures, donc je sais pas trop, sinon y a un McDo... ah, le supermarché est à 40 minutes de marche.

Ouais, en gros ça sent la galère. Et depuis quand un combini ferme à 22 heures ? Ca aussi, on a appris plus tard qu'il parlait du combini du campus, et pas de celui de la rue principale... sauf que ce soir là, on le savait pas, et ce détail a toute son importance, attention.

On nous largue enfin devant un bâtiment moche et mal éclairé (comme tout le reste de la ville), qui est censé être notre dortoir, sauf que je le reconnais pas. Eh, c'était pas pareil sur les photos, là. Mais c'est pas très grave, parce que je suis complètement anesthésiée de fatigue et je veux juste manger et dormir. D'ailleurs, avec ma camarade, on se disait qu'on aurait peut-être un pot d'accueil, ou au moins un peu de bouffe offerte...

Ben nan. Penses-tu.

La collègue de K-san nous fait monter les escaliers jusqu'à notre chambre avec nos valises de 25kg (sans faire mine de nous aider, bien sûr <3 heureusement un élève qui passait nous a filé un coup de main, je sais pu qui t'étais mais merci vieux). C'est sombre, c'est crade, et surtout, c'est complètement ouvert sur l'extérieur (soit un gouffre noir béant contrastant avec la lumière blanchâtre dégueulasse du ''couloir''). La jeune madame nous file alors les clés de nos chambres.

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De jour, ça ressemble à ça, c'est autrement plus sympa. Malheureusement, là, il faisait bien, bien nuit...

 

Je sais plus trop ce qu'il s'est dit à ce moment-là. Par contre, je me souviens qu'on espérait qu'elle nous aide un peu pour nous ravitailler, et que tout ce qu'elle a trouvé à dire, c'était...

-Ah oui, il fait noir à cette heure-ci, et vous êtes mignonnes alors faites attention !

Mais... et la bouffe... plize ? Avant qu'elle nous abandonne complètement à notre sort, on lui demande au moins où trouver à manger dans un endroit proche qui soit, de préférence, OUVERT. ''Ah, il y a le combini.''

Puis elle est partie. Avec l'obscurité totale de l'extérieur, c'était comme de voir quelqu'un disparaître dans les ténèbres dans les films, je vous jure. Glauque.

Alors on sort... avec notre carte. Et on part complètement dans le mauvais sens. C'était à prévoir... en fait, on avançait tellement dans le noir total (je crois que des lampadaires avaient dû rendre l'âme ce soir-là ?) qu'on s'est retrouvées entourées de champs sans comprendre comment on s'était retrouvées là, hahaha. Haha... demi-tour toute. Etrangement, je me sentais pas trop mal, je faisais même des blagues parce que les vieilles maisons traditionnelles dans le noir et les cigales donnaient un côté ''anime glauque''... comment ça, ce n'est pas rassurant ? On s'amuse comme on peut...

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C'est incroyable de penser que de nuit, on distingue absolument rien, haha

Moult péripéties plus tard on arrive enfin à l'énorme route nationale aperçue du van, bordée de restos et de chaînes/magasins - on a appris plus tard qu'il s'agissait de la Route 23 (oui, elle s'appelle vraiment comme ça) qui traverse Tsu de part en part et relie Nagoya à Ise. The more you know ! Et on part dans le mauvais sens, ce qui nous fait perdre encore une dizaine de minutes, car les passages piétons sont rares et recherchés. On arrive au combini, il est 21h30, juste avant la ''fermeture'' ! Wouah !

...en fait, celui-là était ouvert 24/24, contrairement à l'autre, sur le campus. Mais ça, on le savait pas. Tant de panique pour rien. On aura tout de même mis à peu près 45 minutes pour aller du dortoir au combini, ce qui est un record vu que c'est en réalité, à côté...

On grignote donc et on rentre, un peu perdues, excitées et énervées à la fois, sans savoir que le pire (et le meilleur, mais dans l'immédiat LE PIRE) était à venir.

Et je vous dis à bientôt dans un autre post pour découvrir la suite de nos grandes (?) (més)aventures. <3

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26 août 2017

Roman : Yuurei Tantei Haru

Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour vous parler d'une série de romans jeunesse en ce moment en cours de parution au Pays du Soleil-Levant : j'ai nommé Yuurei Tantei Haru (幽霊探偵ハル), ou, en français, "Haru le détective fantôme".

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Cette série, écrite par Tomoko Tanabe et illustrée par Hinoki Kino, a commencé sa publication au sein de Tsubasa Bunko en 2015 ; elle compte aujourd'hui trois tomes, uniquement disponibles en version originale pour le moment. On y suit donc les aventures de trois enfants... ou presque : deux le sont, le troisième pas vraiment !

Shun Onoda, un garçon de 11 ans comme les autres qui comptait profiter de ses vacances de printemps avant la tant redoutée rentrée scolaire, est quelque peu obligé de changer ses plans ; son amie de petite enfance, Kotone Torii, emménage du jour au lendemain dans la même rue que notre paresseux... et le houspille très vite pour qu'il lui fasse visiter les environs avant la reprise des cours. Cela inclut la bibliothèque Shigurezaka, où les deux amis découvrent par hasard une pièce secrète... avec un garçon de leur âge à l'intérieur !

Il s'agit de Haru, un enfant aux airs hautains (ce qui ne manque pas de faire sortir Shun de ses gonds) qui prétend être détective. Quelque chose semble le retenir à l'intérieur de la petite salle... ce qui fait qu'il ne voit et communique avec l'extérieur qu'à l'aide de son ordinateur portable, et de M. Kusaka, le directeur de la bibliothèque qui se comporte avec lui comme le ferait un majordome. En réalité, Haru enquête sur l'incendie criminel perpétré il y a plus de 80 ans, dans lequel il y a laissé la vie... pourra-t-il accéder à l'au-delà une fois l'affaire résolue ? Shun et Kotone deviennent alors ses yeux et oreilles, et malgré quelques problèmes d'entente - eh bien - générationnelle, parviennent à faire avancer quelque peu les choses !

Mais un autre mystère plane... pourquoi Haru a-t-il exactement la même clé que celle que possède Shun, léguée par sa grand-mère ? Se pourrait-il qu'ils soient liés par le sang... ?

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Haru demeure à ce jour l'une de mes séries préférées en matière de roman jeunesse japonais ; les personnages sont attachants et les enquêtes prenantes, sans compter la trame principale qui se montre petit à petit au fil des tomes ! Les illustrations, au nombre bien dosé, sont claires et adorables, et le style d'écriture limpide est des plus faciles à suivre pour un lecteur étranger, tout en étant un minimum fourni. Je suis vraiment très heureuse d'avoir découvert ce titre peu après sa sortie initiale, fin 2015, et je souhaite aux auteures quil obtienne le succès qu'il mérite !

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Voici deux courts passages extraits des quelques pages que j'avais traduites pour m'entraîner, peu après la sorti du tome 1 :

 

Haru et M. Kusaka - extrait du prologue 

[...] Rassuré d'entendre le timbre de cette voix qui lui était si familière, le directeur lui rendit son sourire, tout en s'inclinant légèrement vers l'avant.

-Bien le bonjour, Monsieur Haru. Les cerisiers du jardin Shigurazaka ont commencé à fleurir juste hier.

-Oh, nous en sommes donc déjà à cette période de l'année...

Le jeune garçon, ou plutôt Haru, contourna prestement le bureau pour se rapprocher de M. Kusaka. Si le directeur n'était pas très grand pour son âge avancé, Haru devait faire une bonne vingtaine de centimètres de moins encore. Ses yeux, immenses et bordés de longs cils qui semblaient caresser sa peau blanche, brillaient d'un intense éclat de jade. La pureté qui en émanait émut le vieil homme.

-J'ai oublié quand je les ai vus fleurir pour la dernière fois...

Fronçant légèrement ses sourcils bien dessinés, il leva les yeux vers Kusaka.

-Enfin, il y a d'autres choses que je n'ai pu voir depuis une éternité...

-Bien malheureusement...

Malgré tout ce temps passé avec le jeune garçon, la mine assombrie de Haru était, pour M. Kusaka, une vision toujours aussi insoutenable.

Pour masquer un soupir, il déclara en souriant :

-Mais les choses se mettent à avancer, certes doucement, mais sûrement. Je pense que le jour où vous pourrez de nouveau admirer les cerisiers en fleur ne se trouve plus très loin désormais.

Haru émit un petit rire clair en retour.

-J'aime votre façon de penser, M. Kusaka. Mais je dois vous avouer que j'ai cessé de m'attendre à quoi que ce soit. A moins d'un miracle...

M. Kusaka eut un sourire amer.

-Où avais-je donc la tête. Ce n'est pas une risible tentative d'optimisme de la sorte qui vous trompera, Monsieur Haru... [...]

____

Shun et Kotoné, dans le chapitre 1 ; Kotoné vient de débarquer chez Shun pour le tirer du lit...

 

[...]-Et donc ? marmonna-t-il. Je peux savoir ce qui t'amène chez moi, comme ça, en pleine matinée ?

-En mission pour ta maman, que j'ai croisée ce matin alors qu'elle partait au travail. Elle m'a dit d'aller m'assurer que tu te lèves à une heure potable, en ajoutant que si on te laissait faire, on allait te retrouver encore au lit en rentrant ce soir. La preuve, regarde : j'ai la clef.

Joignant le geste à la parole, Kotoné posa le trousseau, auquel pendait un porte-clé en forme de panda, sur le bureau en désordre de Shun.

Ah, les parents, ils ne le laisseraient donc jamais tranquille !

-Mais il n'y a pas que ça ; j'avais aussi un service à te demander, Shun.

Le garçon fourra son menton dans son doudou.

-Désolé madame, très peu pour moi. Ça me gave d'avance.

-Toujours aussi serviable, à ce que je vois...

Kotoné s'accroupit devant lui, et se mit à le fixer droit dans les yeux avec insistance.

-C'est dur de changer d'école en CM2, tu sais ? Les groupes sont déjà formés, tout le monde a déjà ses amis...du coup, ça demande encore plus d'efforts pour s'intégrer. Il n'y a personne de mon ancienne ville non plus... en plus, j'ai entendu que beaucoup passaient l'examen d'entrée au collège, et moi, j'arrive même trop tard pour ça ! C'est triste quand même, non ?

Et alors, qu'est-ce que ça peut me faire ! Elle est gonflée... pensa Shun.

[...]

 

PS:  Je case l'article dans "BD/Manga" faute de mieux, il faudra que je créée une catégorie romans... :)

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13 février 2017

Brève 2

On m'a enfin retiré les broches de la main droite - un mois et demi de galère qui s'achève ! Mais comment je m'étais fait ça ? Hein ? Eh bien... ne vous énervez pas sur les jeux vidéos, les enfants, vous pourriez le regretter très fort.

Aussi, nouvelle tentative de rangeage de chambre. C'est désespérant; j'ai beau ranger, trier, classer, il y en a toujours plus. Dans ce genre de moments, on se dit qu'on garde beaucoup trop de choses inutiles qu'on a un jour cru utiles. C'est marrant de voir comment certaines choses qui paraissaient incroyablement importantes ne valent plus rien quelques temps plus tard. Et tous ces livres qu'on ne lit jamais, ou qu'on ne /re/lira jamais, mais, "dans le doute", "dans le doute", on garde, on amasse, on empile - et on ne peut plus rentrer chez soi.

Je pourrais revendre tous ces livres ! Mais non ! Jamais ! "Parce que c'est mon enfance" "parce que je me souviens, ce jour-là..." "parce que machin me l'a offert" "parce que si je balance la version française, je ne pourrai plus m'en servir pour comparer avec la VO"... Non, il n'y a jamais trop de livres, juste pas assez de place où les ranger... On attend toujours le mec qui doit me poser 3 ou 4 étagères depuis Octobre, pour information.

Oh, Ake du passé, pourquoi as-tu jugé utile d'envoyer colis sur colis, vingtaine par vingtaine de livres lorsque tu étais au Japon ? Parce que ça l'était...non, il en allait de ta vie !

Et c'est pourquoi je ne retiendrai jamais la leçon. ¯\_(ツ)_/¯ 

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Manga : Le Jardin du Grimoire

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グリモワールの庭Grimoire no niwa, que je me permets de traduire Le Jardin du Grimoire dans la langue de Molière, est ma dernière découverte en provenance du Japon - directement, puisque j'ai reçu le colis juste avant-hier. Et c'est bien, mon dieu, c'est très bien, et c'est pourquoi j'écris un article dessus, oh-là-là ! Accrochez-vous, on va parler de garçons en bermuda et d'hommes en uniformes.

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Donc, reprenons : Grimoire no niwa, c'est un manga de Haru Sakurana, en cours de publication (le second tome est paru en Octobre 2016) dans le magazine Shonen Magazine Edge, dont nombre d'oeuvres publiées visent un large public féminin. Une tendance qui me plaît beaucoup vu que la plupart des séries que je lis ces dernières années sont à mi-chemin entre le shonen et le josei. Un genre aux frontières tellement floues qu'il leur faudrait une toute nouvelle catégorie à eux seuls, selon moi.

Et donc, de quoi ça parle ? Nous y voilà ; Atley(アトリatori, je suppose que c'est Atley, mais pas sûre), étudiant dans une école de magie, découvre par hasard un grimoire... qui s'avère être ce qu'on appelle un grimoire interdit ; quiconque l'utilise est destiné à finir brûlé vif comme une sorcière au Moyen-Age ! Atley veut alors profiter d'une sortie scolaire dans une forêt peu rassurante pour le jeter quelque part. Il se retrouve en groupe avec Leon, un autre élève qu'il ne peut pas voir en peinture, avec qui il se dispute souvent en classe (pour des raisons familiales, notamment).

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Mais là, surprise ; ils se font attaquer par un cavalier sans tête ( ! ), et c'est le drame : tentant de protéger Atley, Leon y laisse la vie, éventré par l'espèce de... fantôme. Atley n'écoute alors que son instinct et le ressuscite à l'aide du grimoire...

Pire, il le rend immortel !

Liés par ce secret qui pourrait coûter la vie à Atley, ils se retrouvent alors à devoir jouer des coudes (et, en même temps, à mieux se connaître l'un l'autre) pour ne pas se faire découvrir par le personnel de l'école, ni par la police de la magie...

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C'est drôle, c'est beau, c'est émouvant, c'est parfois très (très) triste, c'est plein de beaux garçons (en fait il n'y a que ça) et les situations tendues s'enchaînent les unes après les autres ; après un premier chapitre un peu lent, on s'attache très vite à nos héros qui ont chacun leurs petits secrets et leurs expériences de vie très différentes, Atley étant fils d'un chef d'entreprise sans pitié prêt à tout pour utiliser les autres, et la famille de Leon étant l'une des victimes des agissements de ce dernier. Le mystère autour du grimoire, mais aussi d'autres évènements tragiques qui se seraient déroulés dans l'école auparavant s'épaississent également au fil des chapitres, et nos deux amis ne savent plus à qui se fier...

En bref, une série qui arrive à mêler beaux garçons en pagaille (j'insiste) (l'auteure dessine du Touken Ranbu, après tout) avec des dessins de qualité, un univers accrocheur Harry Potteresque tout en ayant ses côtés originaux ainsi qu'un un scénario bien rythmé ; je dis oui, et j'en redemande, en espérant une possible sortie chez nous !

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Brève 1

Quand j'étais au lycée, mon professeur d'histoire nous engueulait - nous, sa terminale L tant détestée, la seule de l'établissement - parce que le monde, la réalité, on n'en avait rien à foutre. Et il attendait toujours que l'un de nous daigne lever le nez de nos bouquins du XVIIIe, et qu'on dise quelque chose d'intéressant sur l'actualité, la politique... bien sûr, ça n'arrivait jamais.

Bien sûr, j'ai fini par m'y intéresser malgré moi. Ou plutôt, les réseaux sociaux me l'ont faite bouffer, l'actualité, avec des tonnes et des tonnes en plus, et chacun qui y met son petit grain de sel, et je me sens davantage comme une oie gavée qu'un être humain à présent.

Je ne sais pas si le cerveau humain est capable d'encaisser tous les maux et injustices du monde tout seul, et de s'indigner chaque jour, chaque heure, chaque instant.

Ou peut-être que le mien est cassé. Il ne pense qu'à sa survie.

 

 

Les livres du XVIIIe, c'était sympa.

 

 

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