Ake-e-Ake-Ake

27 mai 2016

Le Japon???

Bonjour tout le monde! Alors que je suis en galère sur les tickets d'avion retour au pays natal (je ne suis pas encore rentré à la nage malgré les moustiques qui me mangent chaque jour, eh non) , il m'est venue l'idée d'écrire un petit article sur cette expérience qui touche maintenant à sa fin.

Je fais un petit rattrapage pour ceux qui n'étaient pas là au début et ont raté la géniale(??) série télévisée de ma vie (????), je suis arrivé en Octobre l'année dernière (le 1er, pour être exact), dans la "petite" ville de Tsu, dans la préfecture de Mie.

J'ai entendu d'ailleurs pas mal de japonais considérer cette région comme un vrai trou paumé (rires) malgré la superficie de la ville - mais c'est bel et bien un trou paumé, à l'échelle japonaise. Beaucoup d'étudiants partent en échange dans de grandes villes, comme Nagoya (qui est à 1h d'ici en train, c'est notre Lille à nous, on y va pour s'amuser de temps en temps), Osaka/Kobe, ou encore Tokyo, du coup je n'avais jamais eu de "témoignages" à proprement parler de la vie en campagne.

Ce qui s'est avéré être une bonne expérience du coup, car aller en ville, je le fais déjà quand je fais du tourisme. Qu'est-ce que c'était, une ville où il n'y a rien, à part les petits vieux locaux accroupis dans leur potager? Je n'avais jamais eu de retours là-dessus, du moins de la part d'autres expatriés. Lorsque j'ai pu aller en centre-ville, j'avais des espoirs - il devait sûrement y avoir quelque chose à faire...mais en fait, il n'est quasiment constitué que de bâtiments administratifs. Car oui, Tsu est la capitale de la préfecture - mais cela signifie surtout que c'est là que se trouvent tous les sièges de sociétés ou autres. Il y a aussi une très grande rue piétonne marchande un peu à l'abandon, où on vend des gâteaux traditionnels et de jolies choses un peu inutiles. A vrai dire, je n'y croise que des gens qui traversent à vélo ou des petits vieux (encore!) qui font leur gym du matin.

Mais j'aime bien cette ambiance; c'est le genre de coin où tout le monde se connaît.

Quant à la façon dont les étrangers sont perçus...je pense que ça dépend du coin de la ville où on se trouve. Mais les gens restent globalement sympathiques à part quelques vieux ronchons qui ont ce comportement "si t'es ici, c'est que tu parles japonais, sinon barre-toi" (alors que tu parles japonais mais c'est juste qu'il n'a pas répondu exactement à ta question, cf un certain chauffeur de bus). Bien sûr, contrairement à la grande ville, personne ne parle anglais. Le néant! Je pense du coup que c'est le meilleur cadre qui soit pour étudier le japonais, on ne peut juste pas se raccrocher à l'anglais nulle part, même à la compagnie de téléphone...lorsqu'on compare avec Nagoya, sa voisine capitale d'Aiichi, c'est le jour et la nuit.

Mais du coup, c'est vrai: ce n'est pas à Tsu qu'on va faire les magasins d'anime ou même de fringues (à part Uniqlo, Venus&Mars et Aeon, on n'a rien). On a un karaoké-kan (au sens classique du terme, un JoyJoy, pour ceux qui connaissent) qui a ouvert juste ce mois de Décembre (!!), sinon on devait aller à un karaoké privé moins cool super loin (auquel je ne suis jamais allé), ou carrément profiter d'être à Nagoya (ce que je faisais en général).

L'apparition de ce karaoké a changé notre vie, vu que nos seules sources de distraction proches étaient le BaZooka (un bar étudiant à côté de la fac, où se réunir entre étrangers et/ou japonais reste une tradition) et AEON, le centre commercial, qui dispose d'un petit game center avec des jeux de rythme - dont Taiko no Tatsujin et Project Diva. Même si "proche" reste relatif, puisque ledit centre commercial se trouve tout de même à 40 minutes de marche (qui deviennent ~10-15 minutes en vélo , heureusement). Même nos combini ne sont pas super proches, on doit y aller à vélo si on ne veut pas mettre 20 minutes aller-retour (rires). Ce qui nous a appris très vite que posséder un vélo se révélait indispensable à notre survie.

 

Voilà pour le setting - maintenant, c'est plus de moi que je voudrais parler. J'ai appris beaucoup de choses durant ce voyage, et j'ai rencontré beaucoup de gens de tous les horizons, autant culturellement que géographiquement. De bonnes rencontres, parfois de très mauvaises aussi - la preuve que les gens ne sont jamais tout blancs ni tout noirs. En fait, je pense que ce qui créée une aussi bonne ambiance à Tsu, c'est le fait qu'il n'y ait rien à faire - ça rallie les gens beaucoup plus qu'on ne le croit. Des fois on me demande comment on s'occupe à Tsu, et je réalise à chaque fois que, c'est vrai, on a pas de magasins ni quoi que ce soit, c'est assez étrange au Japon (rires). Récemment, avec les beaux jours qui reviennent, on s'est mis à faire des feux de camp sur la plage en pleine nuit, par exemple...

On demande souvent aux gens qui vont au Japon comment on fait pour ne pas perdre tout leur argent en goodies. En fait, c'est assez simple, à force ça "fait partie du décor", du coup on est beaucoup moins tenté d'acheter, à part les choses vraiment rares ou qui nous tiennent à coeur. On prend aussi plus conscience des prix, dans le sens où au début (observé aussi chez les nouveaux qui sont arrivés 6 mois après nous), on passe notre temps à comparer avec l'euro en se disant "ça va! c'est pas cher! Je prends!" ou "En Europe ça coûterait vachement plus, là ça va!". Après, on compte en yen tout le temps...et ça décourage vite quand on compare. "Un manga à 600 yen? T'es fou, c'est quasiment le prix d'un aller à Nagoya...". Ca fait relativiser!(rires).
Même un croissant à 135 yen nous paraît cher, "regarde le melon pan à côté, il est à 100...". On est devenus tellement radins haha.

Je regrette de ne pas m'être fait d'amis très proches japonais - j'ai des amis ou des camarades, mais "pas plus que ça". J'ai beaucoup d'occasions de parler japonais et je ne les manque pas, mais j'ai du mal à tisser de vrais liens, à part avec une ou deux personnes que je ne vois malheureusement pas souvent. Je pense parfois que je ne suis pas fait pour la culture et la psychologie japonaise, haha. Ou bien c'est que je me coince naturellement plus parce que je ne veux pas paraître trop bizarre (étant déjà un gros machin bizarre en tant qu'étranger), ce qui freine un peu les relations? Je ne sais pas, mais il me reste trois mois pour y faire quelque chose. Ceux avec lesquels on s'entend le mieux sont ceux qui sont habitués à parler aux étrangers et qui eux-mêmes n'ont pas un comportement "très japonais", au final.

Pour tout vous dire je suis dans un gros coup de mou qui me fait penser qu'il n'y a plus rien qui m'attend ici, et j'attends que ces trois derniers mois passent pour rentrer à la maison. Pourtant, je sais que j'ai tort - j'essaye de m'en convaincre -, il y a encore beaucoup que je puisse faire, je ne peux pas renoncer maintenant. Mais j'avoue que ce coup de mou est assez général dans notre groupe, sans doute parce qu'on arrive dans les pires mois de l'année (la saison des pluies et les grosses chaleurs, jusqu'à 40°C en Août, avec tous les insectes tropicaux dangereux du 7e cercle des Enfers de sortie*) Et alors qu'on n'est qu'en Mai, on en a déjà marre de se lever tous les matins avec 28°C dans la chambre et des moustiques qui nous mangent chaque parcelle de peau (rires). Ca n'aide en rien mon état léthargique de ces jours-ci...de plus, j'ai pas mal d'inquiétudes par rapport à mon mémoire de master 2 (ma rentrée en master 2 tout court?) qui m'a un peu pourri la vie toute l'année en arrière-plan.

Mais cette année, malgré des hauts et des bas et de très longs moments de doute (non pas sur le Japon mais sur ma vie étudiante et professionnelle) a vraiment été une super année, très enrichissante, et je suis presque sûr qu'il y aura d'autres trucs cools d'ici la fin de notre voyage, ou du moins je l'espère.Le bon côté de la chose, c'est que je partirai probablement en Août sans regrets, et je préfère ça à l'idée d'être trop attaché à ma seconde maison. En fin de compte, quand bien même on adore un pays, c'est toujours un peu dur de ne pas voir ses proches pendant 11 mois (j'en suis à mon 8e bientôt).

AZASSE d'avoir lu, je n'ai pas hâte de faire mes adieux aux gens d'ici, mais j'ai hâte de retrouver tout le monde au pays de l'omelette du fromage!

 

 

*Parce que, ouais, on dit toujours "t'inquiète pas ces saloperies là c'est à la campagne" - mais je suis à la campagne, je suis en plein dans LA zone! Aaaaah

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01 janvier 2016

Bonne année! Et compte-rendu 2015?

Bonjour à tous, j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d'années! Les miennes se sont déroulées dans des conditions un peu particulières vu que je suis resté au Japon, mais se sont avérées énormissimes.

Il est temps donc de faire une petite rétrospective de l'année 2015. Personnelle. Parce que tout le bazar qu'il y a eu dans le monde, je pense qu'on sait déjà.

Je pense que 2015 a été l'année de beaucoup de changements dans ma vie étudiante et personnelle, un peu comme un rite de passage à l'âge adulte. C'est l'année où j'ai donné ce que je n'aurais pas pensé autrefois être capable de donner pour faire mon année de master jusqu'au bout. Une année scolairement pleine de découvertes et de nouvelles façons de voir les choses, ainsi que de projets les plus intéressants comme la traduction du film-documentaire sur Kobe avec Catherine Cadou (je vous invite à chercher sur Google, vous devriez voir assez vite). Une initiation au monde de la recherche également qui m'a fait voir le - les - métiers qu'exercaient mes professeurs d'un autre oeil. Beaucoup de leçons de vie et d'organisation de travail qui m'auraient probablement fait peur si j'avais su à l'avance ce qui m'attendait.

Et bien sûr le Japon, qui est une grande première pour beaucoup de choses, moi qui avais toujours craint de partir loin de la maison pour une durée aussi longue. Et la destination n'est pas des plus proches! Au final, tout est venu assez facilement, du moins plus que je ne le pensais à la base. On trouve des solutions, on passe les épreuves une par une, du jour de notre arrivée où on s'est paumés dans le noir en pleine nuit dans la campagne à aujourd'hui où on s'est retrouvés à organiser des réveillons par nous-mêmes et sans accro, et ça s'ajoute à ce que j'appellerais notre "CV de survie en terre lointaine en sachant pas très très bien lire" au fur et à mesure - nous préparant toujours à ce qui va nous tomber dessus par la suite. Grâce au Japon aussi notamment je n'ai plus peur d'aller à la rencontre des autres, ce que je considère à présent comme indispensable; j'ai aussi beaucoup appris sur les échanges culturels et les moeurs des différents pays, ce qui m'a permis d'envoyer valser avec certitude certaines sottises véhiculées par internet - encore une fois. Je ne suis pas encore extrêmement à l'aise socialement, mais j'ai clairement appris, je dirais, à vivre, et c'est grâce à cette équipe de gens cools avec qui on partage notre aventure loin de chez nos chez-nous respectifs.

C'est aussi l'année où j'ai grandi socialement, où je n'ai plus eu peur de dire "merde" aux autres, exprimer ma désapprobation de certaines choses stupides (internet est très bon à ça) qui me turlupinent depuis des années, même si en contrepartie je suis devenu horriblement direct avec mes proches. Il faut dire que cette année n'a pas été de tout repos niveau enfantillages et règlements de comptes auxquels je n'étais même pas censé me mêler à la base.

L'année où j'ai commencé un gros travail pour aussi m'accepter tel que je suis, et assumer pleinement mon "identité"(?)"condition"(?)...mais ici, ce n'est que le début, et j'ai encore beaucoup à faire. Mais je compte bien, avec le soutien de mes proches, à ce que 2016 soit enfin libérée de tout complexe, physique ou psychologique.

En art cependant, pas de nouveau commencement particulier, juste la continuation de l'année précédente. J'ai continué, graduellement, à suivre de plus en plus ma propre idée de ce que je veux, sans réellement réfléchir au reste, ce qui m'a fait gagner en assurance de façon non-négligeable. On peut dire que cette année a servi à polir ce que j'avais commencé à tailler de manière brute. Néanmoins elle reste assez vide au niveau projets, avec des hiatus interminables et des séries que j'ai en chantier depuis à présent un voire deux ans, en partie à cause du début d'année où je devais rester concentré sur le mémoire.

Bien sûr, il y a un revers de médaille à la plupart de ces choses, et c'est malheureusement ce dont je n'arrive pas à faire abstraction : j'ai l'impression d'être devenu trop sec et cinglant, parfois blessant. Si j'ai réussi mon M1 en fin de compte, la soutenance et le contenu du mémoire n'en ont pas moins été un échec personnel cuisant qui, à ce jour, n'est toujours pas parti et me pourrit toujours un coin de la tête tous les jours. Je n'ai plus envie de faire d'études au point que je n'arrive même plus à m'asseoir et suivre de cours - ce qui, cependant, serait signe du début d'un renouveau imminent donc peut-être pas une mauvaise chose. L'horloge tourne et je dois me mettre à travailler sur mon second mémoire et/ou à décider de ce que je veux faire l'an prochain au plus vite...pour une seconde année que je déteste déjà des tréfonds de mon âme depuis que j'ai fait signer le papier qui m'aura finalement expédié dans ce labyrinthe sans issue. Profite du Japon, mon pote, parce qu'après tu vas trinquer sévère.

Je pense qu'il y a autant de positif que de négatif; 2016 sera la continuation directe de 2015 si je puis dire. J'ai commencé à devenir un petit adulte...la machine est en marche. Est-ce une bonne chose? J'en sais rien.

Heureusement qu'avec mes amis, on peut toujours avoir 5 ans dans la tête. ٩(◕‿◕)۶

 

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18 novembre 2015

Bakuman, le film

Je viens de me réveiller, il pleut, et j'ai la tête où vous savez; mais hier, j'ai été voir le film de Bakuman au cinéma, adapté de l'oeuvre de Tsugumi OHBA et de Takeshi OBATA, et ce serait un sacrilège de ne pas écrire ma réaction à chaud (bien qu'elle l'était encore plus hier en rentrant mais j'avais d'autres occupations (rires)).

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Tout d'abord, vous connaissez probablement l'histoire; Mashiro(Saikou), 14 ans, bon dessinateur pour son âge amoureux transi de la jolie Miho Azuki, accepte de former un duo avec Takagi(Shuujin), scénariste, pour dessiner un manga dans le Shounen Jump. L'enjeu: le mariage avec Azuki, qui se fera à la condition que leur oeuvre devienne un anime et que la jeune fille puisse en doubler l'héroïne.

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Première chose qui m'a plu: la façon de filmer, le jeu des acteurs, tout est très naturel et sans chichis. S'agissant d'une adaptation, j'avais un peu peur des scènes tournées de façon assez ridicule pour "forcer" l'aspect manga/anime, mais il n'en est rien (le contexte réaliste aide aussi, d'ailleurs voir les éditeurs dans leur bureau, c'est vraiment très cool en film). On retrouve toute la hargne de Mashiro et Shuujin, le stress du classement, les longs moments d'angoisse lorsque l'éditeur regarde les nemus, les grands cris de Fukuda, le pessimisme de Hiramaru...le film a beau ne couvrir qu'une petite partie du manga (il ne couvre que "l'arc" Ce monde est régi par l'argent et le savoir, qui d'ailleurs bénéficie d'un réel approfondissement), il représente bien les émotions que l'on ressent lorsqu'on lit un tome de Bakuman.
Et c'est ce qu'on veut, même si c'est très abrégé. Un de mes rares regrets est le manque de développement des personnages secondaires (le clan Fukuda, Hiramaru, etc) mais c'était évident compte tenu de l'arc adapté, où ils n'ont pas encore eu vraiment l'occasion de briller.

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Le film n'attache pas beaucoup d'importance à Azuki (qu'on ne voit de toute façon que très peu dans cette partie du manga); par ailleurs, on ne parle pas du tout de l'amour de l'oncle de Mashiro pour la maman de cette dernière des années auparavant. Cela dit, cette anecdote de l'histoire à part, il se centre beaucoup sur l'oncle - mais pour son travail, l'admiration de Mashiro envers lui, et l'impact et les conséquences émotionnelles que laisse sa mort sur notre héros ainsi que les autres personnages. Le plan émotionnel du film se base surtout là-dessus, en fin de compte.

Maintenant, côté technique: comme je disais, c'est très naturel, et voir les bureaux en effervescence et les ateliers en "vrai", c'est vraiment très cool, avec l'esprit parfaitement respecté. Le film foisonne de références à d'autres manga du Jump, avec des plans qui passent sur des tonnes de magazines. On salue le travail énorme de Takeshi OBATA qui a dû dessiner lui-même toutes les planches des héros montrées à l'écran...mais aussi les croquis, les designs griffonnés à l'arrache sur les feuilles (où les acteurs dessinent par dessus, je trouvais ça assez rigolo), les nemus, tout! Dessins qu'on peut d'ailleurs retrouver en intégralité dans le guide du film.

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Les scènes à effets spéciaux sont très cool et le réalisateur a fait preuve d'une créativité toute particulière pour les passages symbolisant la bataille que se livrent les jeunes mangaka - dans le but d'abréger les jours et les mois qui passent qui ne sont tout simplement pas montrables à l'écran en deux heures.

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S'il peut laisser un peu sur sa faim pour certaines choses (quand on sait tout ce qu'il se passe après, ça paraît un peu "ah, il n'y a que ça" (rires)), le film ne remplit pas moins son rôle, donner une représentation cinématographique de la série, avec brio. Accessoirement, Shuujin en plein élan créatif est la chose la plus adorable du monde.

Je le conseille donc vivement à tous amateurs de la série...et même de manga, s'il sort en DVD/bluray dans nos contrées, ce dont je ne doute pas une seconde.

Le trailer

Le site officiel

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16 septembre 2015

FAQ

Il y a quelques temps, j'avais fait une FAQ audio. Mais certaines choses ont changé depuis, et puis audio c'est pas super pratique, autant avoir quelque chose de bien posé à l'écrit quelque part - genre, sur ce blog par exemple.

Je vais donc reprendre les questions les plus fréquemment posées par les gens, ou ce qu'il y a à savoir tout simplement.

Qui es-tu, pour commencer?

On m'appelle Ake (mon pseudo "officiel" est A-Key), je suis d'octobre 1992 (23 ans bientôt au moment où j'écris), j'aime les langues, la littérature, les BDs, l'animation, le Japon (incroyable). Je suis du Pas-de-Calais avec un peu d'origines italiennes.

Tu fais quoi dans la vie?

Je suis à Lille3 depuis 2010, où j'ai fait une LLCE japonais. Cette année je commence mon Master 2 en études japonaises, dont je fais la première année à l'Université de Mie (Japon) l'année universitaire 2015-2016.

Quelle est la place du dessin dans ta vie?

C'est très important, mais pas à un niveau professionel ou scolaire. J'ai toujours dessiné et je dessinerai toujours, mais je n'ai pas l'intention (jusqu'à preuve du contraire) de m'engager dans un projet professionel qui m'occuperait à 100% en rapport avec le dessin. Pour le moment. Ca reste principalement une source de détente.

 

Tu veux faire quoi plus tard?

De la traduction, sans doute de manga, ou alors en sous-titrage (simulcast, etc). Je m'intéresse aussi au monde de l'édition. Je compte travailler en France.

Tu parles quelles langues?

On peut me parler en français, anglais et japonais, j'ai aussi des notions d'espagnol pour survivre un minimum (des restes du collège/lycée). Le néerlandais, lui, est enterré, et je peux un tout petit peu lire en italien depuis que j'ai commencé les bases de la grammaire et conjugaison (bien que ça s'apparente plus à "deviner" que vraiment lire). 

Tu ne fais que dessiner?

J'écris aussi, je scénarise mes projets. J'ai toujours fait mes histoires en solo, sans co-auteur.

Qu'est-ce que tu as fait jusqu'à maintenant?

Je travaille le plus activement sur un light novel en ligne qui s'appelle Le Chasseur de Temps (même si y a pas grand chose qui sort). Viennent ensuite Ici Chez Toi (strips), La Taverne des Farfalles (multi-support), Zetsudai (strips), et Vol-au-Vent (roman jeunesse). 

Tu comptes publier?

J'aimerais bien en autoédition, quand je finirai quelque chose. Niveau amateur, j'ai déjà imprimé deux fanbooks (Inazuma Eleven et Dark Chronicle). 

En dessin, tu travailles avec quoi?

Je fais tout au digital. Je me sers d'une Cintiq13HD et de Paint Tool SAI. 

Tu aimes dessiner des BD?

Alors en fait pas du tout, je préfère largement rédiger les scènes, c'est pourquoi je préfère le support écrit accompagné d'illustrations. Au mieux, des strips. Je suis beaucoup plus storyboards, le panelling en BD me tue. J'ai d'ailleurs déjà fait l'animatique d'un trailer pour un projet de série(film) et c'était vraiment sympa. J'aime les storyboards pour le fait que le but est vraiment de montrer le mouvement et l'action avant toute chose.

Tes influences?

J'essaye d'avoir un style qui mélange parfaitement mon idée de BD/animation occidentale et de "style japonais". Je pense que parler de manga serait plutôt malvenu parce que je ne cherche pas vraiment à imiter le "manga-papier" et ses techniques d'encrage/tramage, à faire du manga comme on en voit au Japon. Je prends beaucoup aux BDs Disney notamment, surtout les italiennes. Dans une autre vie de dessinateur pro, j'aurais bien aimé faire partie de la presse Disney haha. Je m'inspire aussi de chara designs de jeux vidéos japonais.

BDs occidentales non Disney qui t'ont marquée?

Ekhö Monde Miroir, Astérix (c'est de famille), Mélusine, Johan et Pirlouit, ...j'aime aussi le style de Yoann (les derniers Spirou) même si je connais que ses illustrations. Après, c'est les auteurs Disney; Cavazzano, Celoni, Mastantuono, Freccero, Don Rosa...  je pense que beaucoup de BDs ont des couleurs sublimes.

En manga?

Detective Conan (et Yaiba), Le Violoniste de Hamelin, Black Bard, Kaitou Joker, Pandora Hearts, FMA...

Un "tic de dessin" ?

Les gros noeunoeuds et les foulards...ça me semble pas complet s'il y a rien au cou (rire). 

Combien de temps tu passes sur un dessin?

Environ 15-20 min pour un croquis digital un minimum soigné avec "peinture à l'eau" (moins si c'est un perso dont j'ai l'habitude, on peut compter 5 min pour un croquis 'habituel' de détente). 40min-1 heure à peu près pour un croquis colorisé (tests, etc), et plus de 5 à 10 heures pour un full encré et soigneusement colorisé (dépendant de la difficulté). Je répartis en général sur deux jours pour ceux-là donc c'est dur de donner un compte...à part que je sais que je peux passer 4-5h à encrer/coloriser.

Voilà, je pense que tout y est! J'en rajouterai peut-être si d'autres questions se présentent.

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28 juin 2015

Voilà, l'année universitaire 2014-2015 est terminée pour moi. Je voudrais donc revenir, dans un post enfin entièrement rédigé, sur un peu tout ce qui s'est passé depuis Septembre jusqu'à avant-hier. Ca permettra aussi de clarifier certaines choses quant à ma vie étudiante pour les nouveaux venus.

Comme vous le savez pour la plupart, je fais un "master de recherche spécialité études japonaises" (1ère année) à l'université Lille3. Pas de stage ou quoi que ce soit, juste le modèle classique, un an pour faire un mémoire de 30 à 45 pages environ. On était 11 au début de l'année (10 après parce que l'un d'entre nous avait trouvé un job et arrêté très tôt), donc on avait une salle de réunion à côté de la salle des profs pour nous, tous à la même table, super ambiance, des gens sympa et motivés, absolument aucun problème d'entente entre nous et il n'y en a jamais eu. Les professeurs eux-mêmes étaient plus cools et plus à l'écoute qu'ils ne l'ont jamais été, nous ont même parlés de leurs recherches et de leurs propres projets, et c'est pourquoi l'année s'est passée sans aucun accrochage de ce point de vue là.

Les cours ont commencé fin septembre, et à ce moment là, c'était la course au directeur de recherche : il fallait choisir parmi l'équipe enseignante un professeur qui serait capable de nous aider sur le sujet qu'on choisirait pour notre mémoire, et qui nous accompagnerait jusqu'à la fin de l'année dans nos recherches. Les étudiants qui avaient déjà réfléchi à leur sujet pendant les vacances d'été étaient avantagés; dans mon cas, j'avais une idée en tête (un mémoire socio sur l'image des français au japon et vice versa) mais j'ai bien vu que ça n'allait pas être possible. J'ai donc pensé à me tourner vers la littérature, parce que j'avais toujours été frustrée de ne faire que des petites dissert en 50 minutes pendant la licence, faites à l'arrache et mal réfléchies (j'ai fait un BAC littéraire donc j'étais coutumière des gros sujets de philo bien fournis (rires)). Mais j'ai vu qu'il n'y avait pas vraiment beaucoup d'auteurs parlant de l'image des français dans leurs écrits...c'était risqué de rester sans sources, et de me planter à cause de ça. Je me suis donc dit qu'il serait mieux de travailler sur un auteur qu'on a déjà vu en licence et de l'approfondir; c'est alors que je suis tombée sur une page internet sur Natsume Soseki, et j'ai réalisé que ça me mènerait à parler de l'occidentalisation - ce qui était à peu près dans mes cordes, puisque je voulais travailler sur quelque chose en rapport, de près ou de loin, avec les relations occident/japon. 

Sujet qui a été accepté; et, comme il valait mieux se concentrer sur un seul livre, ma prof m'a conseillé de travailler sur Sanshirô. Vu que c'est l'histoire d'un étudiant qui sort de sa cambrousse pour se retrouver dans un Tokyo en pleine modernisation, c'est très sympa à lire pour des gens de notre âge (et je le conseille d'ailleurs tout court). Mon idée de base était de chercher comment Soseki traite le sujet de l'occidentalisation à travers ce livre-là, par rapport à ses expériences et sont ressenti à lui - donc j'avais fait beaucoup de recherches sur l'auteur avant toute chose. Mais jusque là, ça allait.

Le premier semestre se termine sans encombre, si ce n'est qu'on a rushé énormément de dossiers pour chaque matière qui nous sont tombés dessus pendant les vacances de Noël - ou plutôt début Janvier parce qu'on s'y est tous pris comme des manches. Heureusement, l'un des profs nous a accordé du temps supplémentaire et nous a laissé rendre en Février. Mais du coup, on avançait pas sur nos mémoires...trop pris par tout le reste. 

Le second semestre est aussi la période pendant laquelle on a commencé l'atelier de traduction de sous-titrage, sous la direction de Catherine Cadou (interprète et traductrice de 200 films en moyenne, je vous laisse aller voir son CV sur les internets). C'était vraiment exceptionnel de la faire venir pour nous et c'était une expérience incroyable de traduire un film dans de vraies conditions de traduction de sous-titrage, même si on a aussi perdu un temps fou dessus par rapport à nos mémoires et autres dossiers. Du coup on avait du mal à rester hyper motivés sur la fin parce qu'on stressait pour tout le reste et qu'on était notés là-dessus aussi (rire). Le film est à présent terminé et a été diffusé à la fac en la présence de C.C. le 12 Mai.

Mais surtout, en mars, il y a eu les inscriptions au Japon. Une horreur, vu que j'ai passé deux semaines à me stresser dessus tout en stressant pour le mémoire, me provoquant chutes de tensions et migraines à la suite (en plus que j'avais une sale traquéhite qui se soignait mal à ce moment-là). Ca aurait pu beaucoup mieux se passer si le secrétariat n'avait pas rechigné à me donner une copie de mes bulletins pour l'inscription, mais ça, c'est une autre histoire. 

Et puis mi-Mars, il fallait s'y attendre, ma prof me dit qu'à ce rythme là, j'aurai jamais fini mon mémoire à temps et que vaudrait peut-être mieux reporter à l'année d'après. Dans un élan de rage, j'ai tapé une 20aine de pages en 2 jours pour lui rendre...avant de réaliser que, décidément, non, c'était mauvais, je pouvais pas continuer là-dessus. J'ai un très mauvais niveau en japonais, ce qui me ferme l'accès à beaucoup de sources, et en ajoutant ça au manque de temps, etc...ça me paraissait mort pour rendre un /bon/ truc cette année. Je lui avais donc envoyé un mail en lui disant que j'étais résignée et qu'il vaudrait mieux que je fasse ça en étant au Japon l'année prochaine, parce que je ne voulais pas - je ne pouvais pas me permettre de rendre un truc bâclé. Sauf que voilà ; le jour où je suis venue à notre rendez-vous lui rendre les livres qu'elle m'avait prêtés, elle me dit qu'il y a moyen de le finir, juste en changeant le sujet, idée qu'elle avait eu en voyant ce que j'avais écrit jusque là. Un sujet en effet beaucoup plus réalisable en 35-45 pages que le précédent, et très intéressant à mes yeux qui plus est. Il s'agissait donc de faire une analyse des lieux que visite le personnage et voir quel impact ils ont sur son développement au cours du roman.

Après, ça s'est plutôt bien passé, si ce n'est que je passais mon temps à bosser ou à penser à quelque chose à faire (on avait encore plein de dossiers en même temps, en plus de la rédaction du mémoire). Ma prof me faisait énormément reprendre mon premier jet, pour rajouter des choses par ci par là mais en disant que ça avançait bien et que c'était du bon travail. Je dois bien dire qu'il était assez inespéré que j'arrive réellement à finir mon mémoire tout court, alors que quelques mois encore auparavant je me voyais même pas rédiger un article de 5 pages. Rien que pour ça, j'étais contente, parce que j'avais énormément appris cette année et j'avais changé bien plus que je l'aurais pensé depuis septembre.

Mais naturellement, quand on vous dit que votre travail est bien tout du long, on ne s'attend pas à ce que ce même professeur qui vous a aidé toute l'année vous casse le jour de la soutenance en disant qu'en réalité le plan était basé sur une mauvaise interprétation depuis le départ et qu'elle n'avait pas voulu me le dire "pour ne pas me décourager", pour au final terminer sur la plus mauvaise note de la classe - avec un mémoire qui, en fin de compte, est médiocre malgré tous mes efforts, car s'il a de bonnes idées (j'en suis convaincue), le raisonnement ne tenait pas à cause de ce petit détail. Qu'importe la note (j'ai eu 13, enfin, "12 avec un point d'encouragement", ce qui n'est pas une mauvaise note hors-contexte, j'en suis consciente), c'est cette atroce réalisation que ce projet dans lequel j'avais fini par m'impliquer et dans lequel je croyais comme un achèvement personnel est tout ce que je déteste: faux. Par conséquent, un travail que je ne pourrai pas réutiliser, à moins de tout reprendre. On en revient donc à ce que je disais en avril : j'ai fini, mais j'aurais dû avoir plus de temps pour vraiment approfondir, faire plus de recherches, et, surtout, prendre du recul par rapport aux conseils contradictoires qu'elle me donnait, les ayant suivis bêtement par confiance aveugle et par pression des délais et du stress.

Avec un peu de recul, je ne pense pas que les intentions de ma prof étaient purement mauvaises, et qu'elle voulait surtout montrer que j'étais capable de finir et d'avoir ma première année d'un coup. Je ne suis pas sûre par contre qu'elle réalise à quel point ce n'était pas juste un travail scolaire à mes yeux, mais un travail auquel je tenais vraiment à titre personnel. Je peux m'en prendre à elle de ne rien m'avoir dit et m'avoir laissé me noyer en me faisant croire que tout allait bien, mais aussi à moi de ne pas avoir pu faire preuve de discernement - une qualité qui est demandée dans le monde de la recherche, autant que la capacité à défendre ses théories devant n'importe qui et sur n'importe quoi. Mais ça, je l'ai compris qu'après avoir ruminé ce qui s'est passé pendant la soutenance pendant deux jours.

Mais quand je regarde derrière moi, je me dis que ça a été l'année la plus intéressante de ma vie sur beaucoup de points. J'ai fait énormément de choses dont je me sentais jusqu'alors pas capable ; cela concerne le mémoire mais également les dossiers qu'on a eu à côté qui m'ont poussée à faire preuve de grande patience (une semaine entière pour retranscrire un texte de linguistique de 10 pages kanji par kanji, c'était la première fois que je ragequittais pas au bout de trois lignes) (ou encore, les traduction d'extraits de roman en japonais à présenter à la classe à l'oral, j'aurais probablement eu trop peur jusque là). J'ai appris comment bien mettre en forme un texte "officiel", comment faire imprimer/relier, comment constituer des bibliographies, comment trier ses sources pour se concentrer sur le plus important et savoir les utiliser à bon escient...et, ça paraît idiot, mais le fait aussi d'encaisser les critiques en live et de prendre rendez-vous seul à seul avec son prof régulièrement pour lui expliquer ses démarches et l'avancement de ses recherches et entendre son avis (le professeur remplissait un peu le rôle d'éditeur, si vous voyez l'idée) sans se démonter et être timide.

Donc non je ne regrette pas du tout cette année malgré sa chute un peu amère, parce qu'il s'agit avant tout d'une année d'expériences nouvelles où j'ai appris beaucoup plus de choses qu'en trois ans de licence réunies et ai acquis beaucoup de confiance en moi. Je pense donc partir avec un bon bagage qui va me servir pour les années à venir, dans mes projets personnels ou professionels. 

Enfin voilà. On est des grands maintenant. A suivre pour le M2, si M2 il y a. L'année prochaine, c'est le Japon!

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20 juin 2015

Les nouvelles, épisode 4

Tout d'abord, ça y est: j'ai rendu mon mémoire. C'était long et diffcile et j'ai dû corriger pendant deux-trois semaines, mais ça y est, je n'ai plus qu'à attendre la soutenance. J'en ai fait une affaire personnelle et, plus que d'un point de vue scolaire, c'est plutôt moi qui le prendrais mal si je venais à échouer.

Mémoire à part, j'ai pu aller au festival de la BD d'Anzin st Aubin Samedi dernier (c'est le patelin à côté de chez moi, on y est en 10 min en voiture). Si la salle n'a pas changé depuis la première édition il y a 3 ans, il y a de plus en plus de monde - autant au niveau des dessinateurs invités que des visiteurs! Entre autres parmi ceux que je connais, Clarke, Didier Crisse, Fabrizio Petrossi, mais aussi les auteurs de Rahan, Billy the Cat, Natasha...etc. Des éditeurs étaient également présents pour vendre leurs BDs, prints et autres extraits de portfolios. A part ça, des activités étaient proposées, comme par exemple un atelier de dessin pour les enfants (auquel on était trop grands Ju et moi pour participer, hein).

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Cette fois, c'est de Petrossi que j'ai eu une dédicace. Je ne connais pas bien Petrossi, à vrai dire: il dessine surtout des BDs de l'univers de Mickey plus que les canards, et il travaille surtout pour le Journal de Mickey (et était publié avant dans Topolino). Mais j'avais toujours rêvé de rencontrer un dessinateur de BD Disney européenne ayant travaillé pour Topolino (sinon, j'avais rencontré Don Rosa au Lille Comics Festival en 2012) ! Je m'étais donc un peu renseignée au préalable sur internet pour savoir ce qu'il avait fait exactement et ce que j'allais lui faire dédicacer; le souci étant que parmi les oeuvres Disney publiées par Glénat, il n'avait surtout fait que les couvertures (par exemple "La Machine à Voyager dans le Temps") et pas les BDs en elles-mêmes. Je me voyais donc mal lui faire dédicacer un livre dont il n'avait fait que la couverture...j'ai finalement choisi l'adaptation BD de Epic Mickey : Le retour des héros, d'abord parce que l'album était magnifique, et parce que ça faisait un moment que je voulais m'intéresser à l'univers d'Epic Mickey. Par ailleurs, Glénat a mis tout un making-of expliquant les étapes de la réalisation de l'album à la fin, un vraiment très beau livre grand format. D'ailleurs, la personne qui me l'a vendue était une camarade de fac qui travaille comme vendeuse à la boutique de BDs de ma ville, et qui savait pertinemment que je viendrais pour Petrossi (rires).

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Mais voilà: ça m'a aussi permis de voir que les dessinateurs Disney manquaient cruellement de reconnaissance, comme je le pensais, malheureusement. Les personnes qui allaient dédicacer, de ce que j'ai pu voir, étaient surtout des enfants emmenés par leurs parents, sans doute parce que "c'est Disney", sans la dimension de "dessinateur de BD" derrière. J'ai été également assez choquée de voir sur la table, peu avant que je passe, un tome de l'intégrale Don Rosa...je me suis rendu compte plus tard qu'en fait, la "règle" était qu'on pouvait lui faire dédicacer tout produit Disney de chez Glénat, même ceux dont il n'était pas /du tout/ l'auteur. Même si je ne connaissais pas bien Petrossi et que je m'étais surtout renseignée à l'avance, ça m'a rendue un peu triste, cet amalgame "collectif Disney", sur le principe. Imaginez qu'il ait eu le droit de refuser tous les albums auxquels il n'avait pas participé (rires). Du coup en voyant ça, je culpabilisais un peu moins de ne juste pas bien le connaître. A vrai dire, même l'image figurant sur son panneau à sa table n'était pas un album qu'il avait réalisé.

Lorsque je lui ai dit que j'avais beaucoup d'admiration pour les dessinateurs Disney, il a demandé "les films, ou les bandes-dessinées?" - du coup, je me suis demandé si beaucoup de gens parmi ceux qui lui demandaient des dédicaces ne savaient en réalité pas grand-chose des BDs, et pensaient surtout juste à la compagnie et à ce qui touche au domaine de l'animation. Ca m'a d'autant plus convaincue qu'il fallait vraiment beaucoup plus parler du monde de la presse Disney...En tout cas, j'ai été très contente de le rencontrer!

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23 mai 2015

Je collectionne les canards, wo-oh

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Donald, Picsou, Riri, Fifi, Loulou, Géo, Donaldville...on connaît (presque) tous ces noms. Que ce soit un magazine lu une fois en passant, qu'on ait vu La Bande à Picsou à la télé ou qu'on ait été lecteur assidu depuis son plus jeune âge, ce sont des personnages emblématiques de la culture occidentale. A l'école primaire, notre instit nous avait même fait un problème de maths avec Donald qui empruntait de l'argent à Picsou pour nous motiver...

Seulement voilà, la plupart du temps, on s'y intéresse en surface, "comme ça", mais quand on se penche dessus, on se rend compte que l'univers de Donaldville implique beaucoup plus de choses qu'on ne le pense quand on ne fait que survoler les magazines ou les séries télévisées. C'est pourquoi j'aimerais faire de ce post une sorte de "guide" pour s'y retrouver dans la multitude d'auteurs et de séries qui ont construit cette branche du monde Disney. Parce que le truc, c'est qu'on pense que tout le monde connaît, mais du coup, on en parle pas assez!

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Les origines

Si Donald, Daisy, Riri, Fifi, Loulou et Gus (et peut-être d'autres que j'oublie, j'ai pas /tous/ les court-métrages tête) sont bien des personnages originaires des cartoon réalisés par Walt Disney, on doit Donaldville telle qu'on la connaît dans les BDs aujourd'hui à Carl Barks (dont le nom vous sera sans doute familier, avec l'intégrale La Dynastie Donald Duck en ce moment en cours de parution chez Glénat notamment).

Ancien scénariste de chez Disney, il s'est reconverti dans la bande dessinée après avoir démissionné des studios en 1942. On lui compte plus de 700 histoires, avant sa mort en 2000 (99 ans). Picsou? C'est lui qui l'a créé. Et pas que; Géo Trouvetou, Miss Tick, Lagrogne...il avait aussi scénarisé le cartoon Donald's Nephews, ce qui en fait également le père de Riri, Fifi et Loulou. C'est d'ailleurs pourquoi de nombreux fans préfèrent dire "les personnages de Carl Barks" plutôt que "les personnages Disney"(bon perso je dis des canards Disney parce que je parle de Disney comme du "propriétaire", de l'éditeur). Les autres auteurs Disney à travers le monde reprendront ensuite l'univers établi par Carl Barks ainsi que ses personnages, perpétuant les aventures de Donald et des habitants de Donaldville jusqu'à aujourd'hui. 

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Peinture de Carl Barks

 

Mais comment s'y retrouver?

Des auteurs Disney, il y en a eu - et il y en a à la pelle. En particulier en Italie, où les canards Disney sont presque vus comme un trésor national (rires). Il est très facile de confondre les séries, les histoires uniques, les magazines...voici donc quelques repères, bien que la liste soit non-exhaustive.

1- A part les séries suivies définies en tant que telles qui prennent place au sein de l'univers de Picsou, les BD de Picsou en règle générale et en particulier chez Carl Barks, ne sont pas "une série". L'univers "Barksien" peut subir quelques modifications selon l'auteur, comme la forme du coffre de Picsou qui peut changer d'un dessinateur ou d'un pays à un autre, ou la présence de certains personnages spécifiques à un auteur. (Par exemple, dans le monde de Mickey, Michel Souris est un personnage français qui n'est pas représenté à l'étranger).

Ce que je veux dire par là, c'est qu'on peut dire que Powerduck est une série, ou Le Cycle des Magiciens est une série, mais on ne peut pas dire que "les BDs de Donald et Picsou" en général et de manière globale sont une "série". C'est juste un univers très vaste avec une multitude d'aventures reprenant les personnages, sans forcément de liens entre elles.

2- Le bien connu successeur de Barks, Keno Don Rosa, a effectivement écrit/dessiné une série de 12 épisodes (+ les bis) : la célèbre La Jeunesse de Picsou, qui était notamment publiée chez nous dans Picsou Magazine dans les années 2000s. Elle avait reçu le prix de la meilleure histoire suivie, et il va sans dire qu'elle est considérée comme un monument du monde de la presse Disney, écrite aussi bien pour un public adulte que jeunesse. Elle a été publiée dans la collection La Grande Épopée de Picsou (qui est une intégrale des histoires de Don Rosa, en 7 tomes), chez Glénat (tomes 1 et 2, le tome 1 contenant les épisodes, et le 2 étant réservé aux épisodes bis). Un must même si on n'est pas familier avec l'univers des BD Disney.

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Illustration de Don Rosa

3- Si l'Europe en général est très friande de Picsou, ironiquement plus que dans son pays natal les États-Unis, les BDs italiennes sont carrément une branche à part entière dans le monde de Donaldville. Je ne connais pas l'origine des raisons de cet engouement pour les canards anthropomorphes, mais les italiens occupent une part monstrueuse sur le marché de bandes-dessinées Disney européennes, avec plusieurs dizaines d'auteurs très productifs. D'ailleurs, certains personnages plus ou moins récurrents ont été inventés par eux, notamment Fantomiald et Fantomius, Brigitte, Baptiste (majordome de Picsou) ou ceux liés aux séries. 

Car l'Italie, si elle aime aussi les histoires classiques "uniques", aime beaucoup les séries, publiées à un rythme régulier dans les magazines (en particulier Topolino, l'hebdomadaire équivalent de notre Journal de Mickey). Parmi les séries italiennes on compte PowerduckDoubleduckSOS Secret Agency (un dérivé de la série non suivie Donald Junior, italienne également), Le Cycle des Magiciens, Les Chroniques de la Baie, ou, si on s'éloigne des canards, la célèbre Dimension M. Dans le temps il y avait aussi une série d'histoires tournant autour du club des milliardaires de Donaldville, mais je crois qu'elle n'avait pas de nom particulier. La plupart de ces séries sont publiées dans Mickey Parade et Super Picsou Géant.

A noter que les dessinateurs de Topolino sont présents à certaines conventions de BD...dans leur pays, malheureusement (rires).

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Case de SOS: Secret Agency

4- Contrairement aux idées reçues, les BDs de Picsou ne sont pas adaptées de la série tv La Bande à Picsou (Ducktales en VO) mais l'inverse. La Bande à Picsou était une série animée adaptée (plutôt librement) des BDs de Carl Barks; c'est l'une des rares occasions que l'on a de voir les personnages de Donaldville animés. Certains personnages, comme Zaza, Flagada Jones, Arsène (le majordome, bien que son rôle soit similaire au personnage italien de Baptiste), ou Mamie Baba avaient été créés exclusivement pour la série.

5- Cependant, il existe une version BD de la Bande à Picsou (laquelle est bien estampillée La Bande à Picsou pour ne pas prêter confusion), reprenant le style graphique de la série tv ainsi que les personnages qui y sont spécifiques. La série tv Myster Mask, elle, n'est tirée d'aucune oeuvre papier, mais a également bénéficié d'adaptations BD par la suite.

6- L'univers de Donaldville a aussi été décliné en jeux vidéos, notamment le célèbre jeu Ducktales adapté directement de la série tv. Donald Duck : Quack Attack, lui, a été créé en hommage à Carl Barks, et se rapproche davantage des BDs, à part la présence du personnage de Merlock. Enfin, on peut noter que la série italienne PK (Paperinik/Powerduck) a eu une version jeu vidéo sur PS2/Gamecube à l'époque de sa première parution, ce qui est une première pour une série de Topolino. Les italiens ont également sorti des séries de figurines reprenant directement le character design des personnages de leurs BDs.

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Planche d'une histoire de Fantomiald

 ___

Parutions Françaises: 

Heureusement, la presse française Disney est là pour nous faire parvenir, en plus de certaines d'origine francophone, les histoires de canards venant d'ailleurs dans le monde. Bien sûr, concernant les BDs européennes (et surtout italiennes), un petit tri est effectué pour garder celles qui valent vraiment le coup. Il y a donc :

-Mickey Parade (Géant), qui se concentre surtout sur les parutions italiennes mais aussi danoises

-Le Journal de Mickey, mais je dois avouer que je ne sais plus bien quels auteurs sont publiés dedans

-Super Picsou Géant, qui publie un peu de partout (europe comme US) mais où on peut trouver des séries italiennes également (Doubleduck, Powerduck)

-Picsou Magazine, qui se concentre en particulier sur Carl Barks et Don Rosa

-Les Trésors de Picsou, un hors série de Picsou Magazine qui publie les histoires de Barks et Don Rosa triées par thème.

Concernant les volumes reliés, Glénat s'occupe très sérieusement depuis quelques temps de la publication physique des BDs américaines et italiennes, dans des collections ("Fantomiald" "Irrécupérables Rapetou", etc, qui sont des recueils mélangeant plusieurs auteurs différents), des intégrales par auteur (Carl Barks, Don Rosa), des best-of, etc. Ils sont assez coûteux, mais la qualité est bien présente! (En plus, depuis le temps qu'on attendait de pouvoir les avoir en volumes reliés plutôt qu'en magazines...). A noter que l'intégrale Don Rosa comprend des pages d'anecdotes de Don Rosa lui-même très fournies sur chaque histoire. L'intégrale de Carl Barks comprend également des notes très détaillées sur le contexte de chaque histoire et sa vie professionnelle; une bonne occasion de découvrir les auteurs plus en détail. 

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Photo prise au Furet du Nord, Lille

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Voilà, je pense que j'ai dit ce qu'il y avait à dire si on ne veut pas trop rentrer dans les détails. Mais je terminerai sur une liste de sites très intéressants sur le sujet: 

1) Inducks.org : le boss final pour toute information sur les BD Disney. Tout est listé, répertorié, numéroté, daté, à la page près. Genre, tout. Même les différentes parties du Couac (la rubrique humoristique française publiée dans SPG début années 2000s), page par page, c'est dire. (note : toutes BDs Disney confondues, pas seulement Donaldville).

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Tout ça c'est une seule partie d'un numéro de SPG.

2) Le Picsou Wiki : Wiki francophone extrêmement complet sur Donaldville, ses habitants et ses auteurs. Constamment mis à jour. Compte aussi l'agenda des sorties Glénat!

3) La page Facebook de Topolino : idéal pour se tenir au courant au jour le jour des dernières publications italiennes, des conventions, etc.

 

Mais aussi quelques auteurs et dessinateurs

- Corrado Mastantuono, son portfolio en ligne très fourni (Disney et non-Disney). Il a fait notamment Fantomiald contre Mad Docteur.

- Andrea Freccero, son blog, où il met ses travaux, ses WIP (c'est celui qui dessine les 3/4 des couvertures de magazine)

- Stefan Petrucha, scénariste de très bonnes histoires, il est aussi écrivain fantastique/horreur/suspense

- Fabio Celoni, son Facebook (ses posts sont en public). Excellent dessinateur à la patte graphique très reconnaissable, il a récemment posté une vidéo d'encrage d'une illustration de PK. 

- Mirka, une jeune coloriste(et illustratrice) de 25 ans qui fait un travail sublime sur les oeuvres de Celoni. C'est son Deviantart. 

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Case de Bram Topker, dessinée par Fabio Celoni et colorisée par Mirka

 Et c'est là-dessus que je termine ce post. Si ça peut vous aider, ne serait-ce qu'un peu, j'en serais très heureuse!

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14 mai 2015

Les nouvelles, épisode 3

Bonjour! Ca fait longtemps que j'ai pas écrit ici. 

Parce qu'entre mes aventures d'internet et mes dossiers à gratter, je fais des trucs aussi à côté. Fin Avril j'ai de nouveau été en Italie - bon, j'ai pas fait grand chose à part manger des glaces mais j'ai appris de nouveaux mots, comme...

mob

morbido, qui ne veut /pas/ dire morbide, ne faites pas comme moi.

Parce que je suis ce genre de lourd qui fait la même blague pendant une semaine, je qualifiais tout ce qui avait "morbido/morbidissimo" d'écrit sur le paquet comme "morbide" et ça donnait des phrases un peu bizarres, au grand désespoir de ma mère (quasi) italophone. Ca, et quand je fais exprès de lire des panneaux entiers en italien avec un accent français à démolir un plat de spaghetti. Elle est très courageuse. 

En vrai, j'apprends l'italien depuis cette année donc je faisais aussi des efforts mais l'esprit de la bêtise l'a emporté après quelques jours. J'ai aussi regardé la tv pendant une semaine en espérant développer un 6e sens de compréhension magique. 

En revenant, j'ai retrouvé l'air de la Fran...du Japon en fait, en allant (encore) manger des okonomiyaki avec des amis à qui je voulais leur faire découvrir un de mes resto fétiches.

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Soyons honnêtes, cette partie du post était surtout pour la photo

Mais ce qui est réellement intéressant à dire, c'est que le 12 Mai 2015 était une date très importante voire quasi-historique pour le département Japonais de notre université. Pour résumer, depuis février 2015, les L3 et les Masters ont eu l'honneur d'avoir des cours de traduction et sous-titrage de film sous la direction de Catherine Cadou, traductrice japonais-français de plus de 250 films (dont plus particulièrement Kurosawa et Miyazaki), dont la plupart ont été en compétition au Festival de Cannes, et aussi interprète, notamment de Kurosawa mais aussi de bien d'autres personnalités. Nous avons traduit ensemble pendant ces trois mois un film de 80 minutes intitulé Sono Machi no Kodomo qui porte sur le grand tremblement de terre de Kobe, et qui entre donc dans le cadre de notre partenariat avec l'Université de Kobe. 

Hier était donc le jour de la première projection du film prêt à tirer, qui était un grand moment d'émotion à la fois pour l'équipe enseignante et les élèves qui ont participé au projet, en la présence de C.Cadou et dans l'amphi qui sert aux grandes occasions! La projection, la petite conférence donnée par C.Cadou après le film comme le pot qui a eu lieu ensuite se sont passés dans la meilleure ambiance possible entre les professeurs et les étudiants. C'était vraiment un évènement fantastique et je suis heureuse d'être revenue cette année pour voir ça de mes yeux et avoir participé à cette aventure.

Mme Takeuchi a pris une photo de groupe, mais en attendant de l'avoir, je n'ai pas de photo à mettre (rire). A part une photo du buffet...mais ça fait déjà assez de nourriture dans un seul post, non?

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16 avril 2015

A quoi s'attendre en entreprenant l'apprentissage de la langue japonaise?

Ah, le Japonais. La "langue du Diable" (je n'invente rien, c'est un missionnaire qui aurait créé ce terme en se rendant compte de la difficulté de la langue japonaise, et qui pensait que c'était le Diable qui l'avait inventée pour l'empêcher de mener à bien sa mission, freiné par la barrière de la langue), la langue qui fascine les foules, la langue qui effraie, la langue qui attire, la...

Langue que vous vous tâtez à apprendre, peut-être, mais vous ne savez pas par quel bout la prendre. La prendre, l'apprendre, ça faisait un calembour nul, t'as vu. Bon en fait, les étudiants non plus ne savent pas. C'est un mystère. Mais c'est ça qui est bien, aussi. 

J'aime le japonais. Je sais pas pourquoi, depuis toute petite, j'ai su que je devais apprendre le japonais. Je crois que ma première expérience de japonais à l'oreille était le générique de Card Captor Sakura (Catch you Catch me) sur une VHS qui gardait les openings VO. Mais je crois que le vrai déclic a été la chanson du générique du Château dans le Ciel à peu près à la même époque, Kimi wo nosete. Mais je crois que je voulais l'apprendre avant même de savoir à quoi ça ressemblait concrètement (rire). Ceci dit, on aime quand même savoir à peu près à quoi s'attendre avant d'entreprendre sérieusement l'apprentissage d'une langue. Et j'ai des camarades japanistes qui étaient curieux de voir ce que j'aurais à dire sur le sujet (parce qu'on est tous dans la même galère), ce qui m'a encouragé à faire ce post.

Voici donc une petite récap :

1- Le plus tordu est probablement la grammaire. Contrairement au chinois, le japonais est pourtant une langue qui détient des similitudes avec les langues européennes par la présence de "grammaire" au sens classique du terme. Le problème, c'est que les constructions de phrases n'ont, forcément, pas grand chose à voir avec les constructions basiques de langues germaniques ou latines comme on a l'habitude de voir. Mais elle reste néanmoins logique et mécanique, et une fois que vous aurez retenu les règles et l'ordre dans lequel mettre les mots, ce n'est plus qu'une suite logique à suivre. Rassurant? 

2- Les conjugaisons ne marchent pas vraiment comme chez nous. Quand on parle de conjugaison ici, on pense aux temps. En japonais, il n'y a que deux temps dans le sens qu'on connaît : le présent et le passé. Mais ils ont, à côté, une foultitude de conjugaisons pour...d'autres choses. Comme par exemple une pour indiquer qu'on /peut/ faire quelque chose. Une pour indiquer qu'on a fait faire quelque chose à quelqu'un. Une pour indiquer qu'on s'est fait faire quelque chose par quelqu'un (ça devient chaud là-). Une pour...bref - mais le truc bien, c'est que ça ne change pas selon la personne, et qu'il s'agit d'une suite logique de petits morceaux à rajouter les uns après les autres. Le tout étant de ne pas en oublier. 

joyeux

ok là c'est un peu extrême je sais même pas par quel bout le prendre 

 

3- Germanistes et latinistes désespérés, n'ayez crainte : il n'y a pas de déclinaisons. Pas. Aucune. Merveilleux. J'ai été latiniste.

4- Pas de souci d'accord en genre et en nombre non plus. En même temps, les langues latines sont les mieux placées pour nous pourrir à ce niveau-là.

5- La prononciation est bidon. Merci au système syllabaire, c'est probablement une des langues les plus faciles à prononcer pour un francophone. a c'est a, be cest bé, ka c'est ka, ku c'est ku (les -u ont juste tendance à pencher sur le -eu très légèrement), chi c'est t'chi, so c'est so...bon, hein. Voilà. Les R se prononcent L cependant, c'est bien la seule "bizarrerie" notoire (et encore la plupart des gens le savent de base), on est pas en néerlandais où les G se prononcent RRHHH. Bien sûr, après, il faut travailler son accent pour que ce soit joli, faut pas déconner.

6- Le vocabulaire...okay c'est mon boss final. Le vocabulaire. Il en finit pas. Y en a partout. 36 000 façons de dire la même chose. Je suis obligée de le dire. Des mots des mots des mots des mots, qui, en plus, se ressemblent un peu tous, à cause du nombre limité de syllabes. C'est là qu'il est utile de savoir lire les kanji, car si deux mots se disent pareil, leur kanji peut être totalement différent. J'ai beaucoup de mal à deviner les mots dans un texte en hiragana, ça me paraît être un tas de syllabes empilées. Bon, soyons honnêtes : le japonais est un tas de syllabes empilées les unes sur les autres.

sigh

kai, kaikai, kaikan, kaisatsu, kaisan, kaisuiyoku, kaisuu, kaisuuken, kaisei, kaisei, kaisetsu, les listes du JLPT me rendent triste.

7- L'écriture. Bon. Les syllabaires, ça va. Non, vraiment, ils sont pas si lourds que ça à retenir, pour le peu qu'on s'entraîne un peu à écrire des mots avec et à les lire. Si vous avez fait du grec, vous devriez connaître le principe. Les kanji...eh bien, le problème des kanji, c'est que si t'en prends un tout seul, il va se lire d'une telle façon. T'en prends un 2e tout seul, il va se lire de telle façon. ET QUAND TU LES METS ENSEMBLE, CA FAIT UN TRUC COMPLETEMENT PAS PAREIL. Et ça me rend triste, parce que ça fait 36 lectures par kanji à retenir, et au final tu te dis eh, je vais juste apprendre les mots par coeur tiens, mais ça va pas très vite, alors tu te dis peut-être que je devrais changer de méthode, et...et. Voilà. Mais d'un autre côté, c'est fascinant, du moment qu'on prend le côté rigolo de la chose et qu'on est pas pressé. J'aime bien remarquer qu'un mot s'écrit avec le kanji de (x) mot et le kanji de (x) mot, par exemple - c'est un peu comme de l'éthymologie sans passer par le latin. Enfin je me comprends, parce qu'il est pas question de latin ici. Bref.

8- Les trouzemille façons de parler. Ce n'est pas vraiment le souci des débutants, mais il existe à peu près autant de façons de parler qu'il existe de catégories d'individus. C'est pourquoi il faut faire attention lorsqu'on réutilise une phrase entendue quelque part en se disant "ça se dit comme ça", il ne faudrait pas que vous le disiez à la façon d'un général d'armée masculin quand vous êtes une jeune lycéenne de 16 ans. Je n'ai pas vraiment le temps de m'attarder en détail car ce serait beaucoup trop long, mais c'est l'idée. Chose importante à savoir très vite cependant, "je", "tu", "nous", "vous" changent également selon le degré de politesse et le genre de la personne qui parle.

En ce moment en cours de linguistique, on étudie les façons de parler attribuées aux personnages de films/romans étrangers lors de la traduction de leurs répliques en japonais, lesquelles tiennent souvent de l'exagération - donc, des façons de parler même pas utilisées "en vrai" entre vraies personnes. Pourquoi faire simple.

9- Un peu lié aux trouzemille façons de parler, il y a les dialectes. Si, en France, la plupart des dialectes ont disparu (ne pas confondre dialecte et accent, je viens du nord et on se parle pas dans la rue en ch'ti), ils restent très présents au Japon, des dialectes régionaux qui altèrent la langue à un degré plus ou moins élevé. Le plus connu est celui du Kansai dont vous avez sans doute entendu parler - ou entendu tout court dans des séries (Heiji Hattori de Détective Conan est un perso emblématique pour ce qui est de l'usage du kansai-ben). Ca devient un peu plus spécifique que le reste noté plus haut donc je ne m'attarderai pas trop dessus, mais je vous encourage à y jeter un oeil. Ca peut aller de simples mots charcutés à des termes ou expressions complètement différentes, et nombreuses! Une des particularités de ce petit pays pourtant très complexe qu'est le Japon.

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Voilà, je pense avoir fini. Je suis moi-même pas encore calée en maîtrise de la langue du diable de la sublime langue du soleil levant, je dis ça de mon expérience de personne encore en train d'apprendre, justement (ça fait 8 ans mais faut pas le dire). La route est longue est difficile, mais je suis sûre qu'on peut vaincre l'adversaire. Le tout est de s'armer de patience - et de garder à l'esprit que tout n'est pas non plus compliqué. Comme toutes les langues, la partie fun commence une fois les bases acquises! Et les bases, ce n'est pas encore si long que ça. Je pense que le plus lourd est le perfectionnement par la suite (je souffre d'un manque de vocabulaire monstrueux). Bon par contre, le voc, c'est un peu comme quand tu montes de niveau dans Pokémon, au début ça va vite, et puis ça rame, ça rame, la jauge monte pas assez et tu stagnes et tu pleures. Mais bon, hein, j'y arriverai. J'y crois. 

Amis japanistes, si vous avez rencontré d'autres facilités ou difficultés lors de votre apprentissage de la langue, n'hésitez pas à me le dire: je les rajouterai dans le post.

TENGUBOY - SHOCKMAN

 

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14 avril 2015

Les nouvelles, épisode 2

Bonjour bonsoir! C'est le moment où je récap les évènements de ces derniers jours dans ma petite vie d'étudiante un peu tourneboulée.

Que des bonnes nouvelles, cette fois. Mais reprenons depuis le départ.

Après avoir rendu mes 15 pages tapées dans l'énergie du désespoir, je me suis dit qu'après tout, il serait mieux, en effet, de reporter à l'année prochaine en revenant du Japon. Plusieurs raisons à cela : le sujet trop compliqué, trop fouillé, demandant trop de sources en japonais que je ne pouvais pas consulter à cause de mon faible niveau; mon plan trop bancal, l'impression que ça ne mène nulle part. Je préférais autant travailler dessus sérieusement, quitte à prendre un an de plus, et rendre quelque chose de vraiment bon. A ce moment là, j'avais ma première partie et ma 2ème partie presque finies (presque, pas entières) et il me manquait la troisième partie, la plus longue.

J'étais soulagée d'avoir pris cette décision, mais en même temps, je me suis rendue compte que je n'avais plus envie de rien faire. Vraiment un état second étrange (je ne suis pas coutumière aux déprimes, même courtes), surplus de sommeil, littéralement aucun goût à rien, envies de pleurer par moments, un peu comme un voile constant devant mes yeux me forçant à dormir, et ce depuis jeudi dernier. M'étant un peu inquiétée (en plus j'ai une toux qui ne me lâche pas), j'avais d'ailleurs pris rendez-vous chez le médecin hier (et me suis trompée de train, ce qui a décalé à aujourd'hui, parce que j'ai mis 1h30 supplémentaire pour rentrer chez moi). Quand j'ai la tête ailleurs, je l'ai vraiment ailleurs.

Médecin à part, c'est ce midi que j'ai eu affaire à un grand plot twist. Me rendant résignée à mon rendez-vous avec mon professeur référent (que j'avais déjà prévenue par e-mail de ma décision) ce midi, elle m'apprend qu'elle a changé d'avis par rapport à mon travail. Elle m'apprend dans le même temps que les 15 pages que je lui avais rendues équivalaient à environ 25 sur les 30-35 au format officiel...et que c'était bête de s'arrêter là alors que j'avais, en réalité, quasiment "fini". Seulement voilà: mes doutes étaient fondés, mon sujet était trop vaste et tarabiscoté à la fois pour moi et pour un M1, donc avec potentiel de cassage de figure immense - et surtout mal engagé, puisque j'avais plus assez de place pour écrire toute ma dernière partie. 

Ayant donc réfléchi à la question, elle me suggère de remanier le sujet de façon à garder les grandes lignes de ce que j'avais écrit, un sujet qui conviendrait mieux à ce qui avait l'air de me plaire à analyser dans le roman - d'après ce qu'elle avait vu. Je rappelle que je travaille sur un mémoire de littérature et que ça ressemble grossomodo à une analyse littéraire géante appuyée. Mon nouveau sujet consiste donc à définir l'importance des lieux visités dans le roman par rapport à leurs personnages: une étude qui me plaît d'autant plus que les personnages semblent chacun entrer dans un décor qui leur est propre comme un tableau, l'auteur étant également peintre... je laisse donc tomber, un peu à regret, la lumière sur l'occidentalisation du Japon (bien qu'elle sera toujours légèrement présente dans les lignes du mémoire), mais ça me paraît beaucoup plus faisable, et surtout, beaucoup plus artistique!

Et donc...oui, depuis, je vais beaucoup mieux. Je revis littéralement! Au final, ça devait pas me plaire tant que ça de me résigner...mais je crois que ce qui me fait le plus plaisir, c'est au final d'avoir eu raison de péter un plomb et écrire non stop pendant 2 jours de frustration mardi et mercredi derniers.

Me voilà à présent repartie sur les rails, jusque la soutenance ce mois de Juin! On est partis! 

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