Ake-e-Ake-Ake

03 septembre 2017

Le journal du Japon à la bourre (3)

Bonjour tout le monde ! Nous nous retrouvons pour un 3ème épisode de mes mésaventures japonaises. Cette fois, on va parler sociabilité... parce que qui dit étudiants, dit vivre avec d'autres gens !

_____

Avant de commencer, je voudrais préciser qu'on a pu acheter un vélo à partir du jour 3 ; ce qui a tout de suite débloqué de nouvelles zones, telles que le SUPERMARCHÉ, le MAGASIN D'ELECTRONIQUE ou encore le 100-yen shop. Au cas où vous vous poseriez la question, un vélo basique coûte un peu moins de 100 euros, et tient bien la route sur plusieurs années (l'ayant revendu à une française de ma fac qui s'en est servi toute cette année-ci).

Les 100-yen shop, comme leur nom l'indique, ce sont des magasins tout-à-1-euro. C'est franchement pas de la qualité (pour ne pas dire de la merde) mais ça dépanne bien pour avoir des outils de nettoyage, de déco, de la vaisselle (sauf que le premier set qu'on a acheté ne passait pas au micro-ondes), etc. Petit à petit j'ai pu me faire un intérieur à peu près convenable, surtout que le supermarché était en fait un gros centre commercial avec une galerie marchande, une petite salle d'arcade avec Project Diva et Taiko no Tatsujin, des magasins de fringues (y compris de sport), un Ikéa-like avec plein d'objets déco... paraît qu'il était petit par rapport à ceux des autres villes - je vous crois, parce que tout est démesuré dans ce pays.

20151007_122926

Tsu, vue du dernier étage de l'hôpital de la fac. En fait, il y a un restaurant chinois là-haut...

Comme j'avais un souci avec mon ordinateur (la prise n'allait pas avec mon adaptateur de prise, et impossible d'en trouver un qui aille) qui a duré deux semaines, j'ai été choper une petite TV et une PS3 d'occase pas chère (c'était plus ou moins prévu dans mon budget, juste pas aussi tôt, peut-être). Même pas honte. Par contre, ramener la TV en 1h de marche sous le soleil, plus jamais je le fais. Je me suis tout de suite fait une réputation d'accro avec ça, haha... mais eh, j'avais même pas de quoi mettre de musique dans ma chambre, c'était la déprime, comprenez-moi, allez. En plus, il y avait un magasin de location de DVD/bluray/manga juste en face, j'appelle ça un pousse-au-crime.

------

Il me semble qu'on a eu assez vite une petite fête d'accueil organisée par l'université ; il s'agissait d'une soirée où les nouveaux étudiants étrangers devaient se présenter tour à tour au micro devant la salle (gloups). Un peu plus tôt dans la journée, j'avais faire la connaissance de celle que je vais appeler Man-chan, une allemande Potterhead qui m'avait expliqué comment me servir de la machine à laver alors que j'étais en perdition. Aka mon premier contact humain occidental, dans la langue de Shakespeare. Je l'ai recroisée vite fait à la soirée. Ce que j'ignorais, c'est que ce soir là, on allait rencontrer... les français, parce que non, nous n'étions pas seules, et vous allez rire, mais c'est un sentiment vachement marrant quand même.

Donc il y avait R., qui était là depuis cinq ans et qui se faisait prendre pour un étudiant asiatique les 3/4 du temps par tout le monde à cause de ses origines ; et Mat & Q (désolée pour les noms, c'est difficile de pas donner de vrais noms entiers), deux garçons qui venaient de la même fac mais qui ne faisaient pas d'études japonaises et ne connaissaient pas trop la langue. En d'autres termes, on nous a vite pris pour des bilingues de ouf alors que ce n'était pas du tout le cas, haha...

R. allait bientôt repartir en France, mais il a été un excellent conseil sur les quelques semaines durant lesquelles on a pu le côtoyer. Il nous a permis notamment d'entrer en contact avec un certain T. G (ce sont ses vraies initiales), un professeur/chercheur français qui enseigne au Japon depuis quelques années. Il est assez connu dans le domaine de la politique japonaise contemporaine, chose qu'on ignorait complètement jusqu'à cette année, en voyant son nom dans le journal... oups !

Mais c'est vraiment un homme très gentil (un peu troll parce qu'il me charriait avec les araignées, mais très gentil quand même) qui nous a même montré la réserve de livres francophones de l'université (je n'ai jamais réussi à y retourner, mais il y avait des BDs et des J'aime Lire, eh). Il est passé donner cours à Lille 3 cette année, mais je n'étais pas dispo pour venir, j'ai un peu la haine.

-----

Les Français, c'est bien, mais parlons un peu des locaux. Avant qu'on nous présente Monsieur G. , je devais voir mon professeur référent, M. Yoshimaru. M. Yoshimaru, c'est un professeur de littérature qui se spécialise sur les écrits de l'ère Edo... et s'intéresse plus particulièrement aux ninja. Eh oui, vous en avez peut-être entendu parler récemment sur Nautiljon ou ce genre de site, l'université de Mie (où j'étais, là) va mettre officiellement les ''ninja studies'' au programme du concours d'entrée. En voyant la nouvelle, j'avais tout de suite pensé à mon prof (d'ailleurs, il faudra que je pense à lui écrire un jour, mais bref).

20151012_141544

Photo qui n'a rien à voir ; regardez c'est mon vélo il me manque

Le jour du rendez-vous tombait plutôt mal. Je crevais la dalle, parce que ça faisait deux jours que je ne mangeais pas à ma faim (de 1, la plupart des plats étaient trop petits/pas consistants, et j'avais faim après-coup la nuit mais pas de réserves ; de 2) , la veille, mon plat acheté au supermarché avait *moisi* dans mon frigo, en deux jours... me restait des chips qui avaient  le goût immonde de patate au BEURRE, j'oublierai jamais cette infamie). J'avais donné rendez-vous à ma camarade de classe pour manger à midi et je l'attendais, donc je n'avais mangé qu'un onigiri pour dire de pas trop me caler avant le repas.

Problème : le rendez-vous de ma pote avec son propre prof référent a duré plus longtemps que prévu, ce qui fait que j'ai attendu dans la chaleur pour rien. Alors je sais pas, faiblesse+faim+coup de chaud, je me souviens avoir piqué une crise de larmes devant la bibliothèque. J'ai pleuré un nombre incalculable de fois dans un pays où on n'est pas censé montrer ses sentiments en public, c'est pas la classe ?

Alors, heureusement, malgré la crise de nerfs et la faim, le rendez-vous ne s'est pas trop mal passé, sinon que je le laissais parler tandis qu'il m'emmenait à son bureau (surtout parce que je n'avais pas encore le SKILL pour répondre, en fait). En plus il me faisait un peu peur, parce que c'était votre japonais typique en costume-cravate noir avec des lunettes, j'avais plus l'impression de parler à un chef d'entreprise qu'à un professeur d'université. Je me souviens qu'il m'expliquait ses recherches, qu'il me disait que Mie était un bon endroit pour étudier parce que '' il y a pas grand chose, donc les élèves peuvent se concentrer sur leur travail '' (you don't say, ha ha ha...).

20151015_184503

Un coin sympa de la bibliothèque universitaire, pour lire les journaux

Son bureau, par contre, je ne l'oublierai jamais. C'était au dernier étage d'un bâtiment, et il avait vue sur la mer de sa fenêtre (c'était la première fois que je voyais la mer, alors que l'université est construite juste à côté). Des piles et des piles de dossiers, et des placards débordant de livres et de paperasse... j'adore ce genre d'endroit. Enfin, je regardais autour de moi pendant qu'il parlait, et j'étais toujours super gênée de pas pouvoir répondre à part en acquiesçant... à la fin, il me demande si j'ai des questions.

Alors, oui. J'en avais une. Est-ce un ANIMELAND SUR NARUTO SHIPPUUDEN QUE JE VOIS LA DANS LE COIN ENTRE DEUX DOSSIERS. Oui, c'était bien ça. Il m'a expliqué d'un air tout content qu'il l'avait acheté lors d'un voyage en France ; comme il se passionnait pour les ninja, il avait lu tout Naruto (moi par contre je n'ai jamais lu lla série de ma vie, alors j'ai dû le décevoir un peu (rires)). J'ai appris plus tard de la part d'élèves de la fac qu'il connaissait bien Inazuma Eleven et Yokai Watch parce qu'il jouait/regardait avec son fils... lors de notre première rencontre, je ne l'aurais jamais imaginé; mais après l'avoir côtoyé pendant un an, ça ne me paraît plus si surprenant aujourd'hui.

Parce que, en effet, on s'est beaucoup revus pendant l'année ; ce professeur invitait les élèves qu'il avait sous son aile une fois par mois au restaurant de l'université (la cantine des profs, en gros). Les premières fois - surtout la toute première - ont été vraiment hyper awkward (franchement, je ne vois même plus d'autre mot pour décrire le malaise que je ressentais, haha) parce que je ne savais presque pas répondre, que je ne savais pas toujours comment manger ce qu'il y avait dans l'assiette (''keskecééé...?''), et qu'il y avait de très longs silences... j'ai cependant appris plus tard, de la part de Monsieur G., que les longs silences étaient tout à fait normaux lors des repas japonais. Ouf. Oui parce qu'en fait, Monsieur G. était dans la salle lors de mon premier repas avec mon prof, juste que je ne le connaissais pas encore.

20151015_115943

Réservé et tout, c'est classe

''Vous aviez l'air... plutôt tendue, j'étais un peu mal pour vous''. ''En plus, Y-sensei est très japonais, ça demande un temps d'adaptation. '' Merci de votre compassion, ça me touche, je me sens moins stupide. Légèrement.

Mais eh, sans m'en rendre compte, à la fin de l'année je pouvais tenir la conversation. Je pense que c'est la plus belle preuve de progrès qu'on puisse avoir, tenir une conversation face à un adulte (rires). Il y a aussi du fait qu'il me faisait moins peur avec le temps, surtout après avoir été invitée, avec deux autres de ses élèves, à un repas avec lui, sa femme et ses deux enfants. Je me souviens que j'étais émue ce soir-là parce que c'était mon premier contact avec une famille depuis mon arrivée 4 mois plus tôt, et que la mienne me manquait énormément, haha. Les figures parentales, étrangement (ou pas tant que ça, a posteriori), m'inspiraient une confiance toute particulière pendant mon année.

Je pense que j'ai dit ce que j'avais à dire dans cet article. Je pense que le prochain abordera ...eh bien, les cours, qui commençaient une semaine après notre arrivée. Même que ça ne s'est pas vraiment passé comme c'était *censé* se passer...

Posté par A-Key à 14:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Le journal du Japon à la bourre (2)

Bonjour mes chers lecteurs, oulala que de monde dans la salle (laissez-moi faire marcher mon imagination s'il vous plaît) ! Nous voilà partis pour un second épisode de ce compte-rendu avec deux ans de lag. Heureusement cette partie du voyage m'a traumatisée fort marquée alors c'est plutôt facile de me rappeler la plupart de nos catastroph- aventures. Pour votre plus grand bonheur. Je l'espère.

____

Nous venions donc d'arriver, et après un voyage de tous les dangers pour trouver quelque chose à grignoter avant de dormir,eh bien, nous avons été découvrir nos chambres (et ranger nos affaires). J'avoue ne plus être certaine du moment auquel ça s'est produit, si ce n'est que c'était forcément ce soir-là, mais je me souviens de ma camarade qui affichait une mine bouleversée en disant que c'était absolument crade, qu'elle voulait repartir tout de suite.

Et moi je comprenais pas, parce que je venais de faire ma propre chambre - les meubles étaient vieux (à part le bureau qui était un super bureau qui tient au frais avec des tiroirs qui se ferment à clé et tout, un très bon point), mais tout était propre, il n'y avait même pas de poussière ou quoi que ce soit. La salle de bains était loin d'être neuve, mais pas sale non plus... et pourtant, elle me disait l'inverse. J'avoue avoir pensé sur le coup qu'elle exagérait à cause de la fatigue...

Mais non, non, c'était bel et bien dégueulasse. Ce soir-là, je n'ai vu que la salle de bains; mais sa cuvette de WC était... marron jusqu'en haut, et le lavabo était plein de taches de produits ou de teinture mêlées à de la crasse. La baignoire aussi était quasiment noire au fond, et le miroir... on n'en parle même pas. Comparée à la mienne, c'est le jour et la nuit.

Remarquant que la cuisine de l'étage était innocupée, on en a profité pour jeter un oeil. Vaisselle sale partout, restes de bouffe sur la table ; plaques huileuses pleines de copeaux de légumes, taches d'huiles/crasse/gras noires qui montent sur le mur jusqu'au plafond. Eclairage d'hôpital dégueu comme dans le couloir et aucun rideau/volets aux fenêtres, ce qui faisait un trou noir béant peu avenant comme ouverture sur l'extérieur. Odeur pestilentielle, bien sûr... et dans le silence total (l'avantage de ce dortoir, c'est que même les voitures ne passaient pas à côté), ça avait carrément un côté Silent Hill en déchiffrant les papiers d'ordre de ramassage de poubelle accrochés au mur en vrac (rires).

-Ouaip, bon. On repassera quand il fera jour, hein. Mon dieu quelle horreur

-oui........

-----

Heureusement, tout paraissait déjà moins sinistre une fois le soleil levé, comme partout. On avait une réunion à la fac à 10 heures du matin, mais j'étais déjà debout bien plus tôt à cause du décalage horaire, comme d'habitude. Je me souviens avoir attendu l'heure de partir en trépignant comme un gosse, haha... et de la lumière du soleil qui faisait cramer ma chambre à 6-7h du matin, malgré la fin de l'été. L'avantage, c'est qu'on a pu sortir en short et t-shirt de bon matin, ce qui n'était plus du tout le cas en France...

20151003_083613

(prise ce matin-là, il y avait 26-27°C dans la pièce et j'ai compris que les rideaux allaient pas être des plus efficaces)

On n'a pas eu trop de mal à trouver le bâtiment ; de jour, c'est mieux, on arrive à comprendre ce qui nous entoure. On s'est également rendu compte que le chemin qu'on avait emprunté la veille menait carrément à la mer... située à l'opposé de la route nationale avec notre combini salvateur. Le campus est très vaste, et très vert, c'est reposant. Les bâtiments sont tout blancs et modernes (pas comme le dortoir réservé aux étrangers dans lequel on allait crécher un an).

Du coup, réunion. Pré-rentrée, quoi, en fait. On était avec d'autres élèves de tous horizons, et on a pu retrouver notre 3ème camarade de classe de Lille3 qui était arrivée avant nous à Tsu, et logeait dans un autre dortoir. Je me souviens plus trop des détails... à part que j'avais l'esprit complètement ailleurs et que c'était pas hyper passionnant. Ah, si, je me souviens - il fallait remplir de la paperasse administrative pour qu'ils aillent à la mairie faire nos cartes de résidence. Wouhou ! On n'était officiellement plus des touristes en vadrouille. Après quoi on nous a fait aller au secrétariat pour remplir un petit dossier consistant à dire ce qui allait/n'allait pas avec nos chambres. Bien sûr, on a fait un check complet de la chambre de mon amie, mais ça n'a pas mené à grand chose... puisqu'elle a dû acheter les produits ménagers et faire elle-même le ménage. Ménage durant lequel elle a eu d'autres mauvaises surprises que la salle de bains ; cafards morts derrière le bureau en le bougeant ; cafards morts et grains de riz moisis sous le lit... l'Enfer.

20151006_111409

Voilà de jolies images du campus pour compenser, yalalihou

20151006_125718

Problème : j'ai affreusement peur des insectes, voire de la *possibilité*d'insectes et araignées dans une chambre. Du coup, ma chambre qui me paraissait si clean me paraissait soudain être une zone de danger, et je passais mon temps à fixer les murs et le plafond... et surtout, n'osais pas bouger mes meubles de peur de voir surgir des monstres, morts ou pas. J'ai dû demander à mon amie de regarder avec moi parce que je suis un gros bébé.

Spoiler : il n'y avait rien. Ma chambre était réellement clean. J'en ai donc conclu qu'ils avaient tout simplement oublié de nettoyer la sienne après que le locataire précédent soit parti... et ce n'était pas normal. On ne donne pas une chambre dans cet état à quelqu'un ! J'ai plus tard appris à mes dépends qu'en fait, ils ne nettoyaient tout simplement *pas* les chambres, et que si la mienne était propre, c'était juste grâce à la maniaquerie de la précédente locataire. Fabuleux !

L'avantage qu'avait mon amie sur moi, c'est que si elle craignait la saleté, elle ne craignait pas trop les araignées et les insectes. Moi, c'est l'inverse - donc plus les jours passaient, plus j'étais terrorisée en sachant que de sales bébêtes se promenaient tranquilou dans le bâtiment ouvert à tous les vents. Il sera bon de noter aussi que la porte d'entrée indiquait '' ne pas oublier de fermer cette porte ; nids de guêpes ! ''. On sait à quoi ressemblent les guêpes japonaises...

Donc la plus difficile à raisonner dans l'histoire, c'était moi. J'avais peur de rentrer le soir (parce que j'ai vu une araignée tropicale au plafond à peine une semaine après mon arrivée, ça m'a fait péter un câble) ; j'avais peur de dormir... je ne me sentais en sécurité que quand j'avais quelqu'un avec moi, haha. Et pourtant, damn, j'avais encore rien vu niveau faune locale.

Autre détail ; on se sentait complètement abandonnés. Pas de concierge - elle était en vacances. Pas de directeur - il n'était pas là non plus. Juste nous, avec l'impression d'être livrés entièrement à nous-mêmes dans un coin dont on ne connaît rien, dans un dortoir dont... on en sait encore moins. Vu qu'avant de partir on nous avait dit que des gens seraient là pour nous accueillir et même nous passer quelques affaires (pinces à linge, liquide vaisselle, éponges...), on était bien loin du compte et on se sentait désespérément seules ! Les nouveaux élèves étaient aussi perdus que nous, et les autres (des Chinois et des Vietnamiens pour la plupart) ne descendaient pas dans le salon du dortoir...

Parce que oui, dans l'entrée, il y avait un petit salon avec deux canapés, aussi communément appelé la zone à Wi-Fi.

C'était le seul endroit où le Wi-fi était accessible - un petit wi-fi merdique qui se déconnectait toutes les 3 secondes et clairement pas idéal pour appeler papa et maman par Skype. On y a passé notre vie les deux premières semaines, le temps d'avoir notre abo internet dans notre chambre. Donc visualisez, 5 à 10 jeunes sur leur téléphone, en train de claquer des moustiques tout en se plaignant que le Wi-Fi s'est encore barré, dans toutes les langues - c'était comme ça. C'était une antre à moustiques. Il fallait le mériter, son Internet. J'avais des cicatrices sur les pieds et jambes tellement ces sale bêtes étaient balèzes ! Heureusement ça m'a permis de découvrir que le corps apprend ensuite à se défendre tout seul et fait guérir les piqûres de plus en plus vite. 8/10 would (not) get stung again.

Sauf qu'après, Internet est devenu un peu plus urgent, parce que, eh bien... y'a eu l'araignée géante, près de la zone à Wi-fi. Pas question de rester dans un endroit aussi ''dangereux'' pour ma santé mentale. Il me restait toutefois les ordinateurs de la bibliothèque de l'université qui me dépannaient bien ! Je vous expliquerai un de ces quatre pourquoi ça m'a pris deux semaines avant d'avoir Internet dans ma chambre... une situation plutôt difficile quand tu essayes de communiquer avec les tiens.

Ce compte-rendu-ci était un peu en vrac, un peu comme ma vie à ce moment-là, je reviendrai peut-être en détail sur certaines choses. J'ajouterai des photos quand j'aurai remis la main dessus, même si je pense que vous vous passeriez bien de l'affreuse cuisine (quoique... vous n'auriez ni l'odeur, ni les cafards géants qu'on pouvait y croiser... ni les araignées mais ça c'est plus vers la fin de l'année qu'elles sont arrivées).

Je pense que vous comprendrez ce que je veux dire quand je sous-entend que je ne repasserai pas un an au Japon à moins d'être dans un immeuble, barricadée au 10e étage en centre-ville, hhéhéhehehhaheeh.

Posté par A-Key à 02:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

Le journal du Japon à la bourre (1)

Plus que jamais le Japon est un pays qui fascine, surtout en cette époque où Internet permet de communiquer avec le monde entier depuis son téléphone, son ordinateur ou sa tablette. Je fais partie de ces admirateurs de l'archipel, lequel a justifié 7 années (j'entame la 8e) d'études supérieures consacrées à sa culture (et surtout sa langue, il faut bien l'avouer). 

Bref tout ça pour dire que mon parcours m'a amené à passer un an sur place, ce que beaucoup savent parce que je parle beaucoup trop sur Twitter ; mais voilà, ça fait un an que je suis rentrée - j'estime avoir à présent le recul nécessaire pour me mettre à écrire dessus sur ce blog. J'avais déjà essayé de tenir un blog de voyage, mais je me suis vite rendu compte qu'il m'était impossible de raconter au jour le jour sans me lasser, haha.

Vous savez ce que ça veut dire, on va reprendre... depuis le début. (bruit de magnétoscope, parce que je suis vieux jeu)

_____

Donc, ouais, 1er Octobre 2015.

Moi et ma camarade de classe, on arrive à l'aéroport de Nagoya après une quinzaine d'heures de vol sans trop d'encombre (à part que le 2e avion Séoul-Nagoya m'avait rendu malade, mais passons). Concrètement, on sait pas grand chose, à part qu'on doit prendre le bateau direct après l'atterrissage pour accéder à Tsu, la ville où on va habiter pendant un an - et que des gens sont censés nous attendre au port. Parmi eux, celui que je vais appeler K-san, le responsable des relations internationales (on avait aucune idée de sa tronche soit dit en passant) qui nous avait dit de prendre IM PE RA TI VE MENT le 1er bateau parce que sinon il pourrait pas aller nous chercher et faudrait, en gros, ben, qu'on se démerde. Rassurant.

Sauf qu'en descendant de l'avion, y a toujours tous les contrôles à la suite, la queue à faire, la petite photo où tu te payes une tronche dégueulasse (pas fraîche fraîche après avoir mal digéré des fruits de mer en avion, hein?), tout ça tout ça... Chu-bu centrair, c'est un tout petit aéroport, du coup bon, ça me rassurait un peu, mais d'un autre côté, ils n'avaient pas l'air hyper doués, et je voyais le temps passer... passer ... aaah... le bateau !!

On passe le dernier contrôle, on court comme des dératées dans le couloir en poussant nos valises devant nous (la meilleure partie de cette soirée infernale je dirais) parce que l'angoisse donne des ailes ; on arrive tout juste pour prendre un ticket et on embarque presque tranquillement, tels des dresseurs pokémons invités à bord du St Anne (ouais j'ai de la culture attends). Il faisait noir (il était 18h) et moite et il pleuvait - ce qui nous faisait un peu craindre pour la traversée, maintenant je ne sais plus trop ce qui nous inquiétait tant mais je crois que les vagues volaient assez haut devant notre hublot, haha.

30 minutes plus tard, nous voilà sur la terre ferme. Il fait noir comme dans un four mais des gens sont là avec des drapeaux, nice. C'est K-san et une jeune collègue à lui, qui nous font monter dans un van - je vous raconte pas la galère pour caser les valises, avec les autres élèves bien chargés eux aussi. Pendant le trajet, ils nous distribuent des documents et une carte du coin... et commencent à nous expliquer des choses... et...on est... fatigués...et... aah... il s'arrête quand ce van ?

20151004_110544

La Route 23, mais de jour, c'est mieux

 

En fait, j'ai appris bien plus tard que le port était vachement loin, et avec les détours qu'on a fait, on a roulé une 20aine de minutes jusqu'au campus. Le souci, c'est qu'à Tsu, il fait noir. Genre, très noir - impossible de se repérer ou quoi que ce soit, on se demandait où on nous emmenait. Vient alors le sujet qu'on attend tous :

-Il est tard, si vous avez faim (montre vaguement la grande route qu'on aperçoit à travers la vitre devant) il y a une boulangerie...

-cool

-...mais elle est fermée...

-Ah.

-le combini ferme à 22 heures, donc je sais pas trop, sinon y a un McDo... ah, le supermarché est à 40 minutes de marche.

Ouais, en gros ça sent la galère. Et depuis quand un combini ferme à 22 heures ? Ca aussi, on a appris plus tard qu'il parlait du combini du campus, et pas de celui de la rue principale... sauf que ce soir là, on le savait pas, et ce détail a toute son importance, attention.

On nous largue enfin devant un bâtiment moche et mal éclairé (comme tout le reste de la ville), qui est censé être notre dortoir, sauf que je le reconnais pas. Eh, c'était pas pareil sur les photos, là. Mais c'est pas très grave, parce que je suis complètement anesthésiée de fatigue et je veux juste manger et dormir. D'ailleurs, avec ma camarade, on se disait qu'on aurait peut-être un pot d'accueil, ou au moins un peu de bouffe offerte...

Ben nan. Penses-tu.

La collègue de K-san nous fait monter les escaliers jusqu'à notre chambre avec nos valises de 25kg (sans faire mine de nous aider, bien sûr <3 heureusement un élève qui passait nous a filé un coup de main, je sais pu qui t'étais mais merci vieux). C'est sombre, c'est crade, et surtout, c'est complètement ouvert sur l'extérieur (soit un gouffre noir béant contrastant avec la lumière blanchâtre dégueulasse du ''couloir''). La jeune madame nous file alors les clés de nos chambres.

IMG_20160204_142411

De jour, ça ressemble à ça, c'est autrement plus sympa. Malheureusement, là, il faisait bien, bien nuit...

 

Je sais plus trop ce qu'il s'est dit à ce moment-là. Par contre, je me souviens qu'on espérait qu'elle nous aide un peu pour nous ravitailler, et que tout ce qu'elle a trouvé à dire, c'était...

-Ah oui, il fait noir à cette heure-ci, et vous êtes mignonnes alors faites attention !

Mais... et la bouffe... plize ? Avant qu'elle nous abandonne complètement à notre sort, on lui demande au moins où trouver à manger dans un endroit proche qui soit, de préférence, OUVERT. ''Ah, il y a le combini.''

Puis elle est partie. Avec l'obscurité totale de l'extérieur, c'était comme de voir quelqu'un disparaître dans les ténèbres dans les films, je vous jure. Glauque.

Alors on sort... avec notre carte. Et on part complètement dans le mauvais sens. C'était à prévoir... en fait, on avançait tellement dans le noir total (je crois que des lampadaires avaient dû rendre l'âme ce soir-là ?) qu'on s'est retrouvées entourées de champs sans comprendre comment on s'était retrouvées là, hahaha. Haha... demi-tour toute. Etrangement, je me sentais pas trop mal, je faisais même des blagues parce que les vieilles maisons traditionnelles dans le noir et les cigales donnaient un côté ''anime glauque''... comment ça, ce n'est pas rassurant ? On s'amuse comme on peut...

20151004_105718

C'est incroyable de penser que de nuit, on distingue absolument rien, haha

Moult péripéties plus tard on arrive enfin à l'énorme route nationale aperçue du van, bordée de restos et de chaînes/magasins - on a appris plus tard qu'il s'agissait de la Route 23 (oui, elle s'appelle vraiment comme ça) qui traverse Tsu de part en part et relie Nagoya à Ise. The more you know ! Et on part dans le mauvais sens, ce qui nous fait perdre encore une dizaine de minutes, car les passages piétons sont rares et recherchés. On arrive au combini, il est 21h30, juste avant la ''fermeture'' ! Wouah !

...en fait, celui-là était ouvert 24/24, contrairement à l'autre, sur le campus. Mais ça, on le savait pas. Tant de panique pour rien. On aura tout de même mis à peu près 45 minutes pour aller du dortoir au combini, ce qui est un record vu que c'est en réalité, à côté...

On grignote donc et on rentre, un peu perdues, excitées et énervées à la fois, sans savoir que le pire (et le meilleur, mais dans l'immédiat LE PIRE) était à venir.

Et je vous dis à bientôt dans un autre post pour découvrir la suite de nos grandes (?) (més)aventures. <3

Posté par A-Key à 01:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

26 août 2017

Roman : Yuurei Tantei Haru

Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour vous parler d'une série de romans jeunesse en ce moment en cours de parution au Pays du Soleil-Levant : j'ai nommé Yuurei Tantei Haru (幽霊探偵ハル), ou, en français, "Haru le détective fantôme".

1511a-01

Cette série, écrite par Tomoko Tanabe et illustrée par Hinoki Kino, a commencé sa publication au sein de Tsubasa Bunko en 2015 ; elle compte aujourd'hui trois tomes, uniquement disponibles en version originale pour le moment. On y suit donc les aventures de trois enfants... ou presque : deux le sont, le troisième pas vraiment !

Shun Onoda, un garçon de 11 ans comme les autres qui comptait profiter de ses vacances de printemps avant la tant redoutée rentrée scolaire, est quelque peu obligé de changer ses plans ; son amie de petite enfance, Kotone Torii, emménage du jour au lendemain dans la même rue que notre paresseux... et le houspille très vite pour qu'il lui fasse visiter les environs avant la reprise des cours. Cela inclut la bibliothèque Shigurezaka, où les deux amis découvrent par hasard une pièce secrète... avec un garçon de leur âge à l'intérieur !

Il s'agit de Haru, un enfant aux airs hautains (ce qui ne manque pas de faire sortir Shun de ses gonds) qui prétend être détective. Quelque chose semble le retenir à l'intérieur de la petite salle... ce qui fait qu'il ne voit et communique avec l'extérieur qu'à l'aide de son ordinateur portable, et de M. Kusaka, le directeur de la bibliothèque qui se comporte avec lui comme le ferait un majordome. En réalité, Haru enquête sur l'incendie criminel perpétré il y a plus de 80 ans, dans lequel il y a laissé la vie... pourra-t-il accéder à l'au-delà une fois l'affaire résolue ? Shun et Kotone deviennent alors ses yeux et oreilles, et malgré quelques problèmes d'entente - eh bien - générationnelle, parviennent à faire avancer quelque peu les choses !

Mais un autre mystère plane... pourquoi Haru a-t-il exactement la même clé que celle que possède Shun, léguée par sa grand-mère ? Se pourrait-il qu'ils soient liés par le sang... ?

20170826_144505

Haru demeure à ce jour l'une de mes séries préférées en matière de roman jeunesse japonais ; les personnages sont attachants et les enquêtes prenantes, sans compter la trame principale qui se montre petit à petit au fil des tomes ! Les illustrations, au nombre bien dosé, sont claires et adorables, et le style d'écriture limpide est des plus faciles à suivre pour un lecteur étranger, tout en étant un minimum fourni. Je suis vraiment très heureuse d'avoir découvert ce titre peu après sa sortie initiale, fin 2015, et je souhaite aux auteures quil obtienne le succès qu'il mérite !

2

 

Voici deux courts passages extraits des quelques pages que j'avais traduites pour m'entraîner, peu après la sorti du tome 1 :

 

Haru et M. Kusaka - extrait du prologue 

[...] Rassuré d'entendre le timbre de cette voix qui lui était si familière, le directeur lui rendit son sourire, tout en s'inclinant légèrement vers l'avant.

-Bien le bonjour, Monsieur Haru. Les cerisiers du jardin Shigurazaka ont commencé à fleurir juste hier.

-Oh, nous en sommes donc déjà à cette période de l'année...

Le jeune garçon, ou plutôt Haru, contourna prestement le bureau pour se rapprocher de M. Kusaka. Si le directeur n'était pas très grand pour son âge avancé, Haru devait faire une bonne vingtaine de centimètres de moins encore. Ses yeux, immenses et bordés de longs cils qui semblaient caresser sa peau blanche, brillaient d'un intense éclat de jade. La pureté qui en émanait émut le vieil homme.

-J'ai oublié quand je les ai vus fleurir pour la dernière fois...

Fronçant légèrement ses sourcils bien dessinés, il leva les yeux vers Kusaka.

-Enfin, il y a d'autres choses que je n'ai pu voir depuis une éternité...

-Bien malheureusement...

Malgré tout ce temps passé avec le jeune garçon, la mine assombrie de Haru était, pour M. Kusaka, une vision toujours aussi insoutenable.

Pour masquer un soupir, il déclara en souriant :

-Mais les choses se mettent à avancer, certes doucement, mais sûrement. Je pense que le jour où vous pourrez de nouveau admirer les cerisiers en fleur ne se trouve plus très loin désormais.

Haru émit un petit rire clair en retour.

-J'aime votre façon de penser, M. Kusaka. Mais je dois vous avouer que j'ai cessé de m'attendre à quoi que ce soit. A moins d'un miracle...

M. Kusaka eut un sourire amer.

-Où avais-je donc la tête. Ce n'est pas une risible tentative d'optimisme de la sorte qui vous trompera, Monsieur Haru... [...]

____

Shun et Kotoné, dans le chapitre 1 ; Kotoné vient de débarquer chez Shun pour le tirer du lit...

 

[...]-Et donc ? marmonna-t-il. Je peux savoir ce qui t'amène chez moi, comme ça, en pleine matinée ?

-En mission pour ta maman, que j'ai croisée ce matin alors qu'elle partait au travail. Elle m'a dit d'aller m'assurer que tu te lèves à une heure potable, en ajoutant que si on te laissait faire, on allait te retrouver encore au lit en rentrant ce soir. La preuve, regarde : j'ai la clef.

Joignant le geste à la parole, Kotoné posa le trousseau, auquel pendait un porte-clé en forme de panda, sur le bureau en désordre de Shun.

Ah, les parents, ils ne le laisseraient donc jamais tranquille !

-Mais il n'y a pas que ça ; j'avais aussi un service à te demander, Shun.

Le garçon fourra son menton dans son doudou.

-Désolé madame, très peu pour moi. Ça me gave d'avance.

-Toujours aussi serviable, à ce que je vois...

Kotoné s'accroupit devant lui, et se mit à le fixer droit dans les yeux avec insistance.

-C'est dur de changer d'école en CM2, tu sais ? Les groupes sont déjà formés, tout le monde a déjà ses amis...du coup, ça demande encore plus d'efforts pour s'intégrer. Il n'y a personne de mon ancienne ville non plus... en plus, j'ai entendu que beaucoup passaient l'examen d'entrée au collège, et moi, j'arrive même trop tard pour ça ! C'est triste quand même, non ?

Et alors, qu'est-ce que ça peut me faire ! Elle est gonflée... pensa Shun.

[...]

 

PS:  Je case l'article dans "BD/Manga" faute de mieux, il faudra que je créée une catégorie romans... :)

Posté par A-Key à 14:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

13 février 2017

Brève 2

On m'a enfin retiré les broches de la main droite - un mois et demi de galère qui s'achève ! Mais comment je m'étais fait ça ? Hein ? Eh bien... ne vous énervez pas sur les jeux vidéos, les enfants, vous pourriez le regretter très fort.

Aussi, nouvelle tentative de rangeage de chambre. C'est désespérant; j'ai beau ranger, trier, classer, il y en a toujours plus. Dans ce genre de moments, on se dit qu'on garde beaucoup trop de choses inutiles qu'on a un jour cru utiles. C'est marrant de voir comment certaines choses qui paraissaient incroyablement importantes ne valent plus rien quelques temps plus tard. Et tous ces livres qu'on ne lit jamais, ou qu'on ne /re/lira jamais, mais, "dans le doute", "dans le doute", on garde, on amasse, on empile - et on ne peut plus rentrer chez soi.

Je pourrais revendre tous ces livres ! Mais non ! Jamais ! "Parce que c'est mon enfance" "parce que je me souviens, ce jour-là..." "parce que machin me l'a offert" "parce que si je balance la version française, je ne pourrai plus m'en servir pour comparer avec la VO"... Non, il n'y a jamais trop de livres, juste pas assez de place où les ranger... On attend toujours le mec qui doit me poser 3 ou 4 étagères depuis Octobre, pour information.

Oh, Ake du passé, pourquoi as-tu jugé utile d'envoyer colis sur colis, vingtaine par vingtaine de livres lorsque tu étais au Japon ? Parce que ça l'était...non, il en allait de ta vie !

Et c'est pourquoi je ne retiendrai jamais la leçon. ¯\_(ツ)_/¯ 

Posté par A-Key à 16:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


Manga : Le Jardin du Grimoire

C4anLtaXUAAhGVz

グリモワールの庭Grimoire no niwa, que je me permets de traduire Le Jardin du Grimoire dans la langue de Molière, est ma dernière découverte en provenance du Japon - directement, puisque j'ai reçu le colis juste avant-hier. Et c'est bien, mon dieu, c'est très bien, et c'est pourquoi j'écris un article dessus, oh-là-là ! Accrochez-vous, on va parler de garçons en bermuda et d'hommes en uniformes.

CneaCiZUIAAlG_W

Donc, reprenons : Grimoire no niwa, c'est un manga de Haru Sakurana, en cours de publication (le second tome est paru en Octobre 2016) dans le magazine Shonen Magazine Edge, dont nombre d'oeuvres publiées visent un large public féminin. Une tendance qui me plaît beaucoup vu que la plupart des séries que je lis ces dernières années sont à mi-chemin entre le shonen et le josei. Un genre aux frontières tellement floues qu'il leur faudrait une toute nouvelle catégorie à eux seuls, selon moi.

Et donc, de quoi ça parle ? Nous y voilà ; Atley(アトリatori, je suppose que c'est Atley, mais pas sûre), étudiant dans une école de magie, découvre par hasard un grimoire... qui s'avère être ce qu'on appelle un grimoire interdit ; quiconque l'utilise est destiné à finir brûlé vif comme une sorcière au Moyen-Age ! Atley veut alors profiter d'une sortie scolaire dans une forêt peu rassurante pour le jeter quelque part. Il se retrouve en groupe avec Leon, un autre élève qu'il ne peut pas voir en peinture, avec qui il se dispute souvent en classe (pour des raisons familiales, notamment).

gri

Mais là, surprise ; ils se font attaquer par un cavalier sans tête ( ! ), et c'est le drame : tentant de protéger Atley, Leon y laisse la vie, éventré par l'espèce de... fantôme. Atley n'écoute alors que son instinct et le ressuscite à l'aide du grimoire...

Pire, il le rend immortel !

Liés par ce secret qui pourrait coûter la vie à Atley, ils se retrouvent alors à devoir jouer des coudes (et, en même temps, à mieux se connaître l'un l'autre) pour ne pas se faire découvrir par le personnel de l'école, ni par la police de la magie...

nn

C'est drôle, c'est beau, c'est émouvant, c'est parfois très (très) triste, c'est plein de beaux garçons (en fait il n'y a que ça) et les situations tendues s'enchaînent les unes après les autres ; après un premier chapitre un peu lent, on s'attache très vite à nos héros qui ont chacun leurs petits secrets et leurs expériences de vie très différentes, Atley étant fils d'un chef d'entreprise sans pitié prêt à tout pour utiliser les autres, et la famille de Leon étant l'une des victimes des agissements de ce dernier. Le mystère autour du grimoire, mais aussi d'autres évènements tragiques qui se seraient déroulés dans l'école auparavant s'épaississent également au fil des chapitres, et nos deux amis ne savent plus à qui se fier...

En bref, une série qui arrive à mêler beaux garçons en pagaille (j'insiste) (l'auteure dessine du Touken Ranbu, après tout) avec des dessins de qualité, un univers accrocheur Harry Potteresque tout en ayant ses côtés originaux ainsi qu'un un scénario bien rythmé ; je dis oui, et j'en redemande, en espérant une possible sortie chez nous !

Posté par A-Key à 01:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Brève 1

Quand j'étais au lycée, mon professeur d'histoire nous engueulait - nous, sa terminale L tant détestée, la seule de l'établissement - parce que le monde, la réalité, on n'en avait rien à foutre. Et il attendait toujours que l'un de nous daigne lever le nez de nos bouquins du XVIIIe, et qu'on dise quelque chose d'intéressant sur l'actualité, la politique... bien sûr, ça n'arrivait jamais.

Bien sûr, j'ai fini par m'y intéresser malgré moi. Ou plutôt, les réseaux sociaux me l'ont faite bouffer, l'actualité, avec des tonnes et des tonnes en plus, et chacun qui y met son petit grain de sel, et je me sens davantage comme une oie gavée qu'un être humain à présent.

Je ne sais pas si le cerveau humain est capable d'encaisser tous les maux et injustices du monde tout seul, et de s'indigner chaque jour, chaque heure, chaque instant.

Ou peut-être que le mien est cassé. Il ne pense qu'à sa survie.

 

 

Les livres du XVIIIe, c'était sympa.

 

 

Posté par A-Key à 00:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

13 novembre 2016

"Bof".

Si on me demandait comment je me sens, quelles sont mes perspectives d'avenir actuellement ou à quoi ressemble ma vie ces jours-ci, je n'aurais qu'une chose à répondre : "bof".

Je suis rentrée du Japon mi-Août dernier, le 17 pour être précise. Au début, je n'avais absolument aucune "nostalgie déchirante" qui pollue la vie de beaucoup d'ex-expats lorsque je pensais au Japon. Limite, j'avais l'impression que cette année à Tsu n'avait été qu'un très long rêve, un rêve toujours dans un coin de ma tête, certes, mais que je ne cherche pas partculièrement à rattraper, à reconstruire morceau par morceau.

Il faut dire que le départ avait été des plus catastrophiques. Laissez-moi vous raconter, ça va prendre un moment. Avec quelques photos de Tsu qui n'ont rien à voir.

DSC03300

Les derniers jours s'étaient plutôt bien passés. Mes camarades de classe françaises étaient rentrées au pays au tout début du mois, et il me restait deux semaines avec le reste (assez peu) des étudiants étrangers et les japonais. Cela m'a permis, d'ailleurs, de me lier davantage avec certaines personnes qui ont rendu mon mois d'Août beaucoup moins morose que je ne le voyais à l'origine. Ca me permettait également de ne pas me triturer l'esprit 24/24 sur la potentielle présence d'araignées tropicales et autres monstres estivaux dans le couloir ouvert à tous les vents.

C'est la veille du départ que les choses se sont gâtées. Déjà, je me suis pris le premier orage de l'année (le dernier jour !) en rentrant du CocoIchi de Tsu. Un peu en flippe et trempée comme une serpillière (j'avais laissé tout mon matos branché et l'orage se faisait dangereusement proche des résidences), je me suis précipitée à la résidence...

Et là, c'est le drame. Ma clef ne passe pas. Pire : ma clef reste tout bonnement coincée dans la serrure. On est la veille du jour du départ ; c'est Bagdad dans ma chambre, je dois peser ma valise de toute urgence, il me reste que quelques heures pour tout remballer, ET MA CLEF EST COINCEE DANS LA PORTE. Peut pas la tourner, peut pas la sortir. J'ai alors fait ce que ferait toute personne avec zéro sang-froid, j'ai paniqué, donnant des coups dans la porte (futile, oui), tirant sur la clé à deux mains de toutes mes forces tout en pleurant comme un bébé (ça m'a valu de casser mon trousseau de clés et m'arracher la peau de la phalange net avec le métal, on applaudit. Ah, je suis tombée sur les fesses en tirant, aussi).

DSC06504

C'est justement lorsque je suis tombée par terre qu'une étudiante vietnamienne qui montait les escaliers m'a vue et m'a demandé ce qui n'allait pas. J'ai donc expliqué (?) le problème (comprendre : CLEF, COINCEE, MOI FOUTUE, PANIQUE, MOURIR) comme j'ai pu, et elle m'a emmenée chez une de ses amies de l'étage le temps que je me sèche et que je me remette de mes émotions (parce que j'étais toujours une serpillière dégoulinante, et qu'il faisait chaud et moite et dégueulasse). On tourne en rond un moment, on essaye de contacter le tuteur de l'étage, pas de pot, il est à  Nagoya. Faudra peut-être appeler un serrurier; j'ai grave pas le temps... j'imaginais déjà les heures de panique qui allaient suivre.

Le fin mot de l'histoire : j'ai eu beaucoup de chance dans mon malheur. En effet, la clé était coincée à cause de l'humidité, et environ 1 heure plus tard la serrure (ou la clef) dégonflait. On a pu la sortir. Meilleur moment de ma vie. Toujours honte de m'être montrée sous ce jour, ceci dit.

Voilà, ça, c'était pour l'avant-goût de l'enfer qu'allait être le lendemain.

*

Je me lève à 6h du matin, et finis de ranger ma chambre. Le "room-check" est censé être à 10h. Dans le petit programme minutieusement calculé dans ma tête, je partais de l'appart vers 10h30-11h, allais voir des copains pour dire au revoir et me dirigeais vers la gare. J'ai aussi un petit souci avec une ampoule qui ne fonctionne plus, et j'espère ne pas avoir à la payer trop cher parce que (autre problème), je n'ai : plus de sous. C'était le week-end du 15 Août, sous-entendu le virement de mes parents fait l'avant-veille...n'arriverait pas avant, au mieux, le soir-même, au pire, le lendemain midi lorsque je serais déjà dans l'avion. Ca, c'était pour la petite angoisse supplémentaire, parce que je n'étais pas sûre de pouvoir payer l'hôtel à Osaka le soir-même. Fun times.

DSC06795

Bref je finis de ranger ma chambre, à comprendre : balancer tout ce dont j'ai pas besoin dans un sac poubelle (ils ont dû me haïr, ils ont dû me haïr, ils ont dû me haïr, tant ils sont maniaques du tri, et j'ai fait le plus gros barda de tous-les-temps) et fourrer ce que je peux dans la valise. D'ailleurs ça passe pas, donc je finis par prendre mon sac de voyage acheté sur place en plus de la valise, en y casant quelques fringues trop épaisses et des bouquins (toujours des bouquins). Poids estimé : 5kg. Valise : 22,5kg (max : 23kg). Avec ça, mon sac à dos de 10kg avec mon PC 17", ma Cintiq 13HD, encore des bouquins et je sais plus. Je ne veux plus jamais rien porter de lourd de ma vie.

Avant de finir, vers 9h30, le type censé relever le compteur d'eau/électricité passe. Je paye la facture, il me fait ok ça roule je repasse "plus tard" pour couper l'électricité et l'eau. Il me donne un justificatif comme quoi il est passé et que j'ai payé. Je vais être amenée à parler de ce justificatif pas mal de fois dans ce récit...

10 heures. J'ai fini. Ma chambre est vide, à peu près propre, après avoir ramassé chaque cheveu traînant dans la salle de bains. Tuteur d'étage n'arrivant pas, je vais toquer à sa porte (c'est mon voisin), il me dit : ey alors en fait je dois attendre la concierge. Ouais sauf que moi, au secrétariat la semaine passée on m'avait dit "le tuteur viendra faire le room-check", pas "la concierge", mais soit. J'attends. En passant, il me demande pour l'électricité, je lui dis que le gars est venu et que j'ai payé, et qu'il reviendra "plus tard". ""Plus tard", comment ça plus tard?" "Je sais pas moi. Il a dit plus tard." "Huu. C'est bizarre." Ah.

DSC04211

30 minutes après, toujours pas de concierge. Elle répond pas non plus au téléphone. Je perds patience (et je crève de chaud, il y a un climat tropical, tout est ouvert et je peux pas me servir de l'air conditionné). Tuteur me dit, écoute, je vais faire le room-check moi-même, et après tu iras payer ta facture de logement au CIER (c'est les gens qui s'occupent des étrangers, à l'université), parle-leur de l'ampoule aussi.

Je pédale jusqu'au secrétariat, là, je perds un temps fou parce qu'ils ne savent pas quoi faire de l'ampoule. Au final ils me disent que ça va, qu'ils me la feront pas payer. Mais que cette histoire de type-de-l'électricité-qui-revient-pas était plutôt bizarre, qu'ils allaient essayer de le contacter... j'étais pas prête de partir. On me dit de repasser dans 20 minutes. Ca tombe bien quand même, parce que je dois renvoyer ma box internet à Sun-Net. Sur le papier de la box, c'était écrit qu'on pouvait le faire renvoyer au combini. Donc, n'ayant pas envie de m'emmerder avec les services postaux, je vais direct au combini le plus proche...

Et là, le vendeur me regarde avec des yeux de merlan frit :

-Mais non on peut pas

-Comment ça on peut pas

-Mais on peut pas

...

Je m'énerve, j'essaye de m'expliquer en affichant mon agacement, le pauvre ne sait pas quoi faire, et au moment où j'allais partir (furax), je croise un pote à moi gaijin qui espérait justement me croiser au combini avant mon départ... J'ai pleuré comme un bébé (encore). Après un très long câlin et quelques mots sans queue ni tête plus tard, il me dit de ne pas m'inquiéter car il postera la box pour moi, qu'on se tiendrait au courant en ligne. Mon ange gardien existe, il s'appelle A----. J'en aurais encore plus pleuré (rires). Bref, ce problème miraculeusement réglé, retour au CIER. Bah oui, on attend toujours des nouvelles de notre cher monsieur de l'électricité.

Et il est passé ! Allélouia...

DSC06883

Je rentre, ça y est, je vais pouvoir prendre mes cliques et mes claques au sens propre du terme et fuir cet asile de fous (c'est exactement la façon dont je voyais la ville à ce moment-là). Vous me direz, c'est triste de finir là-dessus...oui, ça l'est.

J'envoie des messages à mes potes, sur le groupe tchat Facebook sur lequel on communique ; ohé, c'est bon, je pars de la résidence, je vais à la gare.

Vus, vus, vus, vus...mais aucune réponse. Je me sens mal. J'espère voir au moins une ou deux personnes avant de partir. Heureusement, je ne suis pas pressée par le temps, malgré mon programme complètement chamboulé. Avec l'aide du tuteur, je traîne mes valises devant la résidence. J'attends un peu quand même, peut-être que quelqu'un... non. Y a personne. Cinq minutes passent, j'attends pas vraiment non plus, je me doute qu'on se retrouvera directement à la gare. C'était un moment assez bizarre, c'était très silencieux. Le tuteur me demande, l'air inquiet, s'il n'y a personne pour venir me chercher / m'aider à porter mes bagages à la gare. Il fait 32+°C, le soleil tape à mort (même si j'ai mon fidèle chapeau de paille d'Okinawa), mais étrangement, je me dis que ça va aller.

"Non, y a personne, apparemment".

Le petit malaise se prolonge, puis il fait "attends une minute", et rentre dans la résidence en courant. Il en ressort un instant plus tard avec des clés à la mains, en m'annonçant qu'il m'emmène en voiture !

DSC06450

Y a pas, c'est bien un Mardi : la poisse se mêle à des Deus Ex Machina à la pelle. C'est sur la route que je me suis rendue compte qu'en effet, je n'aurais probablement jamais pu marcher jusqu'à la gare dans la chaleur avec mon sac à dos de 10kg, mon sac de voyage de 5kg et ma valise de 22. Ou alors je serais arrivée déshydratée et pleine de courbatures. Heureuse d'y avoir échappé.

Une fois à la gare, après un court moment de stress, les quelques personnes qui ont vu mes messages commencent à venir. Je pensais pleurer, ayant toujours eu cette idée que la séparation serait déchirante, mais en fait j'étais juste trop excitée à l'idée de partir (rires), je n'avais absolument aucun regret. Voilà, ça y est. C'est le moment de quitter la petite Tsu, sa rivière, sa plage à feux de camps, et sa route éternellement droite qui la traverse, toujours tout droit vers l'infini (vers Ise ou Nagoya, en fait). 

En fait, j'ai eu encore d'autres problèmes après ça. Le guichet auquel je comptais prendre le ticket de TGV pour Osaka est fermé, je ne peux pas payer par carte, j'arrive à payer tout juste avec toute la monnaie qu'il me reste, me trompe en réalité de ticket, fais changer le ticket, dois monter dans un autre train sans place réservée du coup, en stressant qu'on me vire de mon siège avec tous mes bagages (oups), une fois là-bas je me perds en cherchant la ligne Nankai, sens monter la crise d'angoisse, avance péniblement en donnant des coups de pieds pour aider ma baleine de valise qui se coince dans tout ce qui dépasse du sol... me perds en cherchant l'hôtel, tombe par terre à cause de mon sac de 10kg qui me passe par-dessus le cou (je crois qu'il ne s'en est jamais remis et il me faudrait voir un ostéo un de ces quatre).

DSC06530

Heureusement, comme je disais à mes parents, je pleure beaucoup mais j'arrive toujours à m'en sortir à la fin. Je ne sais pas par quel miracle. Notons également que le virement de mes parents est tombé peu avant mon arrivée à l'hôtel, et que j'ai pu retourner sur Osaka Namba le soir profiter d'un dernier okonomiyaki à Fugetsu, tranquille, calmement, en solo. Ca y est, au revoir Japon ! Il est temps de retrouver Papa, Maman et les copains !

*

Et voilà, quelques heures plus tard, j'étais en France.

Le soir même, ça ne m'a pas fait très bizarre. Je devais être encore trop épuisée pour me rendre compte ; j'avais l'impression d'avoir quitté ma famille la veille. Par contre, la semaine qui a suivi a été très difficile...

Non, pas par nostalgie, ou mal du pays inversé. J'ai tout simplement été dans un état absolument naze pendant environ une semaine et des brouettes : douleurs partout, cou qui craque, crises de migraine tous les deux jours, vertiges, (probablement) baisses de tension, et sensation d'être "à côté" de tout. Je ne sais pas vraiment comment expliquer cette sensation, mais j'avais l'impression physique de ne pas être là. Quand je voyais quelque chose, quand j'allais dans la rue, j'avais l'impression de le voir à travers une vitre, un écran ? A côté de la plaque, c'est la seule expression qui me vient lorsque je dois décrire cette impression.

DSC06520

Mais je n'étais pas triste d'être là, au contraire. Le voyage avait touché à sa fin, et je me remettais simplement dans les rails, le plus naturellement du monde. Il m'a fallu un ou deux mois avant de ressentir à nouveau fortement l'envie d'y retourner ; avant ça, c'était juste un peu comme un rêve, comme si cette année ne s'était pas réellement passée, avec juste des restes un peu distants qui me revenaient...

Là, je fais mon Master 2. Sans grande conviction. Je suis là, mais pas vraiment, je ne sais même pas si je vais le finir et je dois dire que je suis à un tournant dans ma vie, un tournant où malheureusement je ne sais pas quoi faire. L'avenir m'angoisse, comme à chaque fin de cursus. Je suis à un carrefour où beaucoup de possibilités s'offrent à moi...trop, en fait, je n'arrive pas à peser le pour et le contre ou à me mettre des priorités.

Et en ce moment de doute, j'ai très, très envie de revoir Tsu.

Ce qui se fera prochainement, car si tout se passe comme prévu, je serai présente au festival de l'université en Novembre l'année prochaine !

Ceci clot probablement mes articles sur ma vie au Japon. Du moins "en temps réel", peut-être aurai-je d'autres anecdotes à raconter à l'avenir, à l'occasion... J'ai hâte d'écrire à nouveau sur ce blog.

A bientôt !

 

Posté par A-Key à 21:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

18 novembre 2015

Bakuman, le film

Je viens de me réveiller, il pleut, et j'ai la tête où vous savez; mais hier, j'ai été voir le film de Bakuman au cinéma, adapté de l'oeuvre de Tsugumi OHBA et de Takeshi OBATA, et ce serait un sacrilège de ne pas écrire ma réaction à chaud (bien qu'elle l'était encore plus hier en rentrant mais j'avais d'autres occupations (rires)).

bakuman

Tout d'abord, vous connaissez probablement l'histoire; Mashiro(Saikou), 14 ans, bon dessinateur pour son âge amoureux transi de la jolie Miho Azuki, accepte de former un duo avec Takagi(Shuujin), scénariste, pour dessiner un manga dans le Shounen Jump. L'enjeu: le mariage avec Azuki, qui se fera à la condition que leur oeuvre devienne un anime et que la jeune fille puisse en doubler l'héroïne.

tumblr_nwttutn5t21s68ogmo7_1280

Première chose qui m'a plu: la façon de filmer, le jeu des acteurs, tout est très naturel et sans chichis. S'agissant d'une adaptation, j'avais un peu peur des scènes tournées de façon assez ridicule pour "forcer" l'aspect manga/anime, mais il n'en est rien (le contexte réaliste aide aussi, d'ailleurs voir les éditeurs dans leur bureau, c'est vraiment très cool en film). On retrouve toute la hargne de Mashiro et Shuujin, le stress du classement, les longs moments d'angoisse lorsque l'éditeur regarde les nemus, les grands cris de Fukuda, le pessimisme de Hiramaru...le film a beau ne couvrir qu'une petite partie du manga (il ne couvre que "l'arc" Ce monde est régi par l'argent et le savoir, qui d'ailleurs bénéficie d'un réel approfondissement), il représente bien les émotions que l'on ressent lorsqu'on lit un tome de Bakuman.
Et c'est ce qu'on veut, même si c'est très abrégé. Un de mes rares regrets est le manque de développement des personnages secondaires (le clan Fukuda, Hiramaru, etc) mais c'était évident compte tenu de l'arc adapté, où ils n'ont pas encore eu vraiment l'occasion de briller.

tumblr_ncamjfzkUx1s2asaho1_500

Le film n'attache pas beaucoup d'importance à Azuki (qu'on ne voit de toute façon que très peu dans cette partie du manga); par ailleurs, on ne parle pas du tout de l'amour de l'oncle de Mashiro pour la maman de cette dernière des années auparavant. Cela dit, cette anecdote de l'histoire à part, il se centre beaucoup sur l'oncle - mais pour son travail, l'admiration de Mashiro envers lui, et l'impact et les conséquences émotionnelles que laisse sa mort sur notre héros ainsi que les autres personnages. Le plan émotionnel du film se base surtout là-dessus, en fin de compte.

Maintenant, côté technique: comme je disais, c'est très naturel, et voir les bureaux en effervescence et les ateliers en "vrai", c'est vraiment très cool, avec l'esprit parfaitement respecté. Le film foisonne de références à d'autres manga du Jump, avec des plans qui passent sur des tonnes de magazines. On salue le travail énorme de Takeshi OBATA qui a dû dessiner lui-même toutes les planches des héros montrées à l'écran...mais aussi les croquis, les designs griffonnés à l'arrache sur les feuilles (où les acteurs dessinent par dessus, je trouvais ça assez rigolo), les nemus, tout! Dessins qu'on peut d'ailleurs retrouver en intégralité dans le guide du film.

DSC02934

Les scènes à effets spéciaux sont très cool et le réalisateur a fait preuve d'une créativité toute particulière pour les passages symbolisant la bataille que se livrent les jeunes mangaka - dans le but d'abréger les jours et les mois qui passent qui ne sont tout simplement pas montrables à l'écran en deux heures.

maxresdefault

S'il peut laisser un peu sur sa faim pour certaines choses (quand on sait tout ce qu'il se passe après, ça paraît un peu "ah, il n'y a que ça" (rires)), le film ne remplit pas moins son rôle, donner une représentation cinématographique de la série, avec brio. Accessoirement, Shuujin en plein élan créatif est la chose la plus adorable du monde.

Je le conseille donc vivement à tous amateurs de la série...et même de manga, s'il sort en DVD/bluray dans nos contrées, ce dont je ne doute pas une seconde.

Le trailer

Le site officiel

Posté par A-Key à 06:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

16 septembre 2015

FAQ

Il y a quelques temps, j'avais fait une FAQ audio. Mais certaines choses ont changé depuis, et puis audio c'est pas super pratique, autant avoir quelque chose de bien posé à l'écrit quelque part - genre, sur ce blog par exemple.

Je vais donc reprendre les questions les plus fréquemment posées par les gens, ou ce qu'il y a à savoir tout simplement.

Qui es-tu, pour commencer?

On m'appelle Ake (mon pseudo "officiel" est A-Key), je suis d'octobre 1992 (23 ans bientôt au moment où j'écris), j'aime les langues, la littérature, les BDs, l'animation, le Japon (incroyable). Je suis du Pas-de-Calais avec un peu d'origines italiennes.

Tu fais quoi dans la vie?

Je suis à Lille3 depuis 2010, où j'ai fait une LLCE japonais. Cette année je commence mon Master 2 en études japonaises, dont je fais la première année à l'Université de Mie (Japon) l'année universitaire 2015-2016.

Quelle est la place du dessin dans ta vie?

C'est très important, mais pas à un niveau professionel ou scolaire. J'ai toujours dessiné et je dessinerai toujours, mais je n'ai pas l'intention (jusqu'à preuve du contraire) de m'engager dans un projet professionel qui m'occuperait à 100% en rapport avec le dessin. Pour le moment. Ca reste principalement une source de détente.

 

Tu veux faire quoi plus tard?

De la traduction, sans doute de manga, ou alors en sous-titrage (simulcast, etc). Je m'intéresse aussi au monde de l'édition. Je compte travailler en France.

Tu parles quelles langues?

On peut me parler en français, anglais et japonais, j'ai aussi des notions d'espagnol pour survivre un minimum (des restes du collège/lycée). Le néerlandais, lui, est enterré, et je peux un tout petit peu lire en italien depuis que j'ai commencé les bases de la grammaire et conjugaison (bien que ça s'apparente plus à "deviner" que vraiment lire). 

Tu ne fais que dessiner?

J'écris aussi, je scénarise mes projets. J'ai toujours fait mes histoires en solo, sans co-auteur.

Qu'est-ce que tu as fait jusqu'à maintenant?

Je travaille le plus activement sur un light novel en ligne qui s'appelle Le Chasseur de Temps (même si y a pas grand chose qui sort). Viennent ensuite Ici Chez Toi (strips), La Taverne des Farfalles (multi-support), Zetsudai (strips), et Vol-au-Vent (roman jeunesse). 

Tu comptes publier?

J'aimerais bien en autoédition, quand je finirai quelque chose. Niveau amateur, j'ai déjà imprimé deux fanbooks (Inazuma Eleven et Dark Chronicle). 

En dessin, tu travailles avec quoi?

Je fais tout au digital. Je me sers d'une Cintiq13HD et de Paint Tool SAI. 

Tu aimes dessiner des BD?

Alors en fait pas du tout, je préfère largement rédiger les scènes, c'est pourquoi je préfère le support écrit accompagné d'illustrations. Au mieux, des strips. Je suis beaucoup plus storyboards, le panelling en BD me tue. J'ai d'ailleurs déjà fait l'animatique d'un trailer pour un projet de série(film) et c'était vraiment sympa. J'aime les storyboards pour le fait que le but est vraiment de montrer le mouvement et l'action avant toute chose.

Tes influences?

J'essaye d'avoir un style qui mélange parfaitement mon idée de BD/animation occidentale et de "style japonais". Je pense que parler de manga serait plutôt malvenu parce que je ne cherche pas vraiment à imiter le "manga-papier" et ses techniques d'encrage/tramage, à faire du manga comme on en voit au Japon. Je prends beaucoup aux BDs Disney notamment, surtout les italiennes. Dans une autre vie de dessinateur pro, j'aurais bien aimé faire partie de la presse Disney haha. Je m'inspire aussi de chara designs de jeux vidéos japonais.

BDs occidentales non Disney qui t'ont marquée?

Ekhö Monde Miroir, Astérix (c'est de famille), Mélusine, Johan et Pirlouit, ...j'aime aussi le style de Yoann (les derniers Spirou) même si je connais que ses illustrations. Après, c'est les auteurs Disney; Cavazzano, Celoni, Mastantuono, Freccero, Don Rosa...  je pense que beaucoup de BDs ont des couleurs sublimes.

En manga?

Detective Conan (et Yaiba), Le Violoniste de Hamelin, Black Bard, Kaitou Joker, Pandora Hearts, FMA...

Un "tic de dessin" ?

Les gros noeunoeuds et les foulards...ça me semble pas complet s'il y a rien au cou (rire). 

Combien de temps tu passes sur un dessin?

Environ 15-20 min pour un croquis digital un minimum soigné avec "peinture à l'eau" (moins si c'est un perso dont j'ai l'habitude, on peut compter 5 min pour un croquis 'habituel' de détente). 40min-1 heure à peu près pour un croquis colorisé (tests, etc), et plus de 5 à 10 heures pour un full encré et soigneusement colorisé (dépendant de la difficulté). Je répartis en général sur deux jours pour ceux-là donc c'est dur de donner un compte...à part que je sais que je peux passer 4-5h à encrer/coloriser.

Voilà, je pense que tout y est! J'en rajouterai peut-être si d'autres questions se présentent.

Posté par A-Key à 21:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,