Ake-e-Ake-Ake

20 février 2017

Ici chez Toi, depuis le départ

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Ça fait un moment qu'il n'y a pas eu d'update de Ici chez toi  (il faut dire que mon épisode de main droite cassée m'a *légèrement *coupé dans mon élan ). Et ce n'en est pas une non plus ici  (déjà, on est sur le mauvais blog pour ça ) mais c'est en cette 5e année d'existence  (!?!?!?) de ce webcomic à main très levée que je réalise que j'aimerais revenir un peu sur sa naissance et son évolution quelques peu chaotiques.

D'abord, ICT, c'est avant tout mon moi ado de 16, 17 ans. Je vais pas vous faire un dessin (lol) mais c'est d'un certain désir de coucher sur papier les impressions que me laissaient "les autres " (les lycéens, dans ce contexte ), de la façon la plus cynique et désagréable dont j'étais capable. Bien sûr, c'est vite devenu un semblant d'histoire- ou plutôt, j'avais mon personnage principal, un être d'un autre monde qui raconterait le monde humain de son propre point de vue. Il était déjà certain qu'il partait déjà bien frustré par sa propre apparence ainsi que le fait de se retrouver dans un monde qu'il déteste. Je suis alors partie sur une idée de one shot en milieu scolaire qui reprenait des éléments d'une autre histoire que j'avais écrite peu de temps avant... histoire dans laquelle on pouvait déjà trouver une certaine Eleo (toussote) qui n'avait pas grand  chose à voir avec celle que l'on connaît, physiquement. Je dois dire que cette Eleo polyvalente de 2009 est un mystère pour moi aussi  (rires), j'essayais de la caser partout. 

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Eleo dans la toute première histoire encore avant. Keskecékssa

Dans cette ébauche donc... notre héros, Nael/Karnast (lui non plus, son nom n'a pas changé depuis) se retrouvait sur Terre avec une identité et dans une famille créées de toutes pièces pour capturer un dangereux criminel de leur monde qui voulait mettre le dawa dans le monde des humains, ce qui affecterait le leur en même temps. Bien sûr, Karnast s'était vu confier cette mission contre son gré, le but étant de lui mettre un peu de plomb dans la cervelle, étant l'un des rares êtres de leur monde à haïr l'espèce humaine et à ne pas comprendre leur rôle de "gardiens" des Hommes. Il devait retrouver une certaine Eleo qui (d'une manière que j'ignore mais je savais sûrement à l'époque ) n'était autre que la clé de la destruction ou au contraire de la salvation des deux mondes. Rien que ça.

Ne rigole pas, toi, là - je sais que c'était très très bof. En plus, l'autre type avait pris une apparence bien plus avantageuse que notre héros pour faire tomber Eleo dans ses filets. C'est d'autant plus cocasse que j'ai repris cette "rivalité physique" pour Alexander bien plus tard. Il en sera tout de même resté quelque chose... 

Plus tard, j'ai fait une seconde version. Cette version a vu naître un nouveau personnage...   Lucas.

Le voilà.

Lucas, dans cette version, était horrible - dans le sens où c'était l'ado boutonneux chiant typique, le cliché sur pattes, qui de toute façon n'avait d'autre but que de coller aux basques de notre héros. J'ai assez peu de souvenirs ... il faut dire qu'il tenait /vraiment/le mauvais rôle, et c'était voulu. 

Et puis c'est devenu un pote à Eleo. C'est la que les choses ont commencé à pas mal bouger vers la version  que nous connaissons aujourd'hui. Il était toujours aussi relou mais il connaissait Eleo (rires). Et puis je me suis rendu compte que ce one shot ne rimait décidément à rien, et qu'il vaudrait mieux en faire une série. Je suis alors partie sur un format Light novel (lequel s'est vite avéré foireux, après trois chapitres entièrement rédigés.)

Dans cette nouvelle version, exit la mission confiée à Karnast, retournement total de situation : le criminel, c'est lui. Et il est étroitement surveillé par... Alexander,le vrai ! A ce stade du développement de l'histoire, Karnast (sous son nom d'emprunt Nael, toujours ) habite avec Alexander et doit rester sur Terre tout simplement jusqu'à ce qu'il change d'avis sur l'espèce humaine. Comme vous pouvez vous en douter : un pur slice of life. 

Les personnages atteignent alors leurs caractères et apparences définitifs, surtout pour la relation  entre Lucas et Eleo. Nael aussi avait enfin son  allure définitive,juste moins maladive (mais c'est à ce stade que j'avais commencé à introduire ses "dons" télékinésiques ainsi que ses réactions face aux ondes négatives des personnes qui l'entourent). La différence majeure tenait du fait qu'en tant que narrateur, il était bien plus bavard et moins torturé qu'aujourd'hui  (rires). J'étais toujours sur le concept de base de montrer toutes ses impressions par rapport aux humains, avant de me rendre compte que, en fait, c'était très agaçant et ça  ne rimait pas à grand chose. Concrètement. 

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(ce sont des dessins retrouvés sur DA et je n'en ai pas de Lucas, malheureusement)

Si sa relation avec Eleo était similaire à la version finale, Lucas avait un caractère beaucoup plus ouvert et collant à l'époque. Il gardait ses restes de lourdingue tout en étant beaucoup plus appréciable. Eh oui, c'était le voisin de classe de Nael... qui trouvait ça trop fascinant et baleze que son nouveau pote ait des pouvoirs chelou. Bref - tout  ce qu'on  attendrait pas du Lucas actuel. C'est également vers cette période que la question  s'est posée d'avoir Lucas en narrateur principal ,ce qui fait qu'il a subi un développement digne de perso principal.

Vous voyez comment on avance, là?! Eh oui, on arrive enfin  à l'avant dernière version (rires).

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Dépitée, j'ai donc mis le projet en pause quelques temps, et ai mis de coté les chapitres ainsi qu'une ébauche de version roman long où Lucas se rapproche de plus en plus de son  côté hargneux actuel. Cette version roman s'avère très importante par la suite car elle finalise les caractères des persos, bien que le plot tienne toujours du slice of life. A vrai dire, j'ai perdu le fichier - mais certaines scènes sont toujours dans un coin de ma tête, prêtes à être réutilisées. 

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On est en  2012, je crois, peut être 2013, dernière année de licence. Motivée par....quelque chose que j'ai oublié, je veux écrire un one shot  (encore). Je re déterre aloès ce projet Karnast  (qui n'avait pas de nom à l'époque ) mais en optant pour un angle qui n'a absolument rien à voir avec le concept de toutes les versions précédentes. Fini Nael narrateur, c'est Eleo qui prend les rênes. Je ne sais pas trop comment j'en suis arrivée à modifier le coeur même de l'histoire à ce point, à vrai dire ! Le but devient alors d'éveiller la curiosité du lecteur face à cet étrange garçon dans un état pitoyable qu'Eleo recueille chez elle. Pas de Lucas ni d'Alexander cette fois ; juste eux deux, apprenant l'un de l'autre. Mais encore une fois, ça capote vite ; je n'étais pas fichue de finir de manière convaincante... le projet se retrouve une nouvelle fois au placard, non sans regrets. Pour être honnête, je doutais vraiment de pouvoir en faire quoi que ce soit un jour, après autant d'essais foireux.

Et puis un jour, j'en ai eu assez. Quitte a ne rien en faire de concret, je voulais que les gens connaissent ces personnages. Alors j'ai respiré une grand coup et j'ai dessiné un strip d'introduction de 3 pages, et ai serré fort les fesses  (rires). Ce n'était pas évident de montrer enfin ces personnages qui étaient l'une de mes plus grandes sources de doute. 

Et en fait,  ça a marché.

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Du coup. ..j'ai rassemblé des éléments du dernier one shot avorté (l'ambiance notamment, plus lugubre que ses précédesseurs), et les ai recollés comme je pouvais avec les restes de la version roman, en me suis rendu compte que c'était jouable, avec quelques modifications (j'ai tâtonné jusqu'au chapitre 3 à peu près, où la série prend son atmosphère définitive). Impression qui s'est confirmée à chaque nouveau chapitre, qui me fait l'effet d'un grand pas et  avant a chaque fois. La série existe ! Des gens la  lisent ! Il y a même des gens que je connais pas qui attendent la suite, et ça, c'est quelque chose de vraiment incroyable pour un projet aussi personnel que Ici chez Toi. J'ai la suite et la fin ; maintenant, c'est à moi de gérer jusqu'au bout. Mais ça reste grâce à ceux qui lisent la série, qui me donnent l'élan nécessaire pour vouloir faire toujours mieux que le chapitre précédent.

Merci beaucoup  <3

Et n'oubliez pas, même si un projet semble mal parti, il y a toujours moyen de le retourner un peu. ..ou beaucoup !

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*

Petite trivia : 

- Lucas est assez largement inspiré de Mark Dimond dans Bobby Pendragon. Ce qui est amusant, c'est que j'ai remodelé son apparence des dizaines de fois et qu'elle a fini par ressembler, de façon arbitraire, a un dessin de Mark que quelqu'un a fait sur DA et que j'avais complètement oublié. "Ah, la boucle est bouclée...". Mais sa version finale tient également beaucoup de la vision que j'avais de Gus Bellanger dans Oksa Pollock. Ses antennes longues et fines font très. ..gros insecte.

- Eleo a énormément changé d'apparence aussi. Son problème majeur était un manque de "détail reconnaissable" permettant de l'identifier du premier coup d'oeil. Je lui ai donc ajouté des "antennes", qui sont d'ailleurs de plus en plus grandes (rires). J'en ai ensuite rajouté à Lucas, mais d'une forme différente. Elles font partie intégrante du style graphique que j'ai adopté pour la série désormais. Et ses cheveux gagnent en  épaisseur au fil des chapitres aussi. ..

- L'idée de base pour le design de Nael était qu'il devait avoir l'air le plus banal possible. C'est sa "nouvelle histoire" qui a influé sur ses traits par la suite, lui ajoutant les cernes et les os saillants. Quant au vert brillant dans les yeux, ça s'est fait seulement quand j'ai commencé à dessiner la version BD. On doit comprendre que c'est à cette lumière qu'on s'adresse lorsqu'on lui parle - c'est cette lumière le véritable personnage de l'histoire. Ça attire l'attention sur le fait que son corps n'est qu'une simple enveloppe qui ne fait que 'suivre' ses émotions. 

Source: Externe

-J'ai toujours peur que Eleo fasse trop vieille pour son âge. En fait, on m'a toujours dit qu'elle faisait clairement pas ses 15 ans... ça fait que j'essaye d'agrandir ses yeux, ou de lui donner des expressions plus juvéniles. Mais je pense que c'est son  allure générale ainsi que les responsabilités qu'elle s'inflige qui lui donnent cet air de petite maman. 

-Dans la toute première ébauche, avant même que je commence à élaborer un scénario, j'avais envisagé que Karnast se retrouve dans un corps de fille. Et puis je m'étais dit était déjà assez vénère comme ça (rires). J'ai compensé avec la thématique du "mauvais corps" dans la version finale, même si la notion de genre n'est pas présente.

-Bouger un corps, c'est très bizarre, concrètement : c'est comme piloter de grosses machines pleines de trucs. On sait pas trop ce qu'on fait la dedans, mais on y est. Alors pour quelqu'un qui n'en aurait pas à la base? J'avais déjà des idées de ce genre quand j'étais enfant, mais j'ai vraiment voulu développer un peu plus le concept après avoir lu La Trilogie de Bartimaeus, comme cité dans le chapitre 2.

- Une scène qui me tenait à coeur dans les anciennes versions de l'histoire : Nael qui voit des illuminations de Noël pour la première fois, lors d'une sortie avec Eleo et Lucas, et qui ne peut s'empêcher de trouver ça beau malgré tout. J'ai renoncé  (à regret ) à cette idée en plaçant l'histoire en Javier, justement pour ne pas montrer Eleo qui passe Noël sans ses parents. A posteriori, je pense que c'est mieux de ne pas faire intervenir de fêtes culturelles dans la série. J'ai remplacé ce passage par le chapitre de la première neige, où il est tout étonné par les flocons.

Il y a bien d'autres choses que je voudrais dire, mais nous ne sommes pas encore assez loin  dans la série pour que je me le permette  (rires). 

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13 février 2017

Brève 2

On m'a enfin retiré les broches de la main droite - un mois et demie de galère qui s'achève ! Mais comment je m'étais fait ça ? Hein ? Eh bien... ne vous énervez pas sur les jeux vidéos, les enfants, vous pourriez le regretter très fort.

Aussi, nouvelle tentative de rangeage de chambre. C'est désespérant; j'ai beau ranger, trier, classer, il y en a toujours plus. Dans ce genre de moments, on se dit qu'on garde beaucoup trop de choses inutiles qu'on a un jour cru utiles. C'est marrant de voir comment certaines choses qui paraissaient incroyablement importantes ne valent plus rien quelques temps plus tard. Et tous ces livres qu'on ne lit jamais, ou qu'on ne /re/lira jamais, mais, "dans le doute", "dans le doute", on garde, on amasse, on empile - et on ne peut plus rentrer chez soi.

Je pourrais revendre tous ces livres ! Mais non ! Jamais ! "Parce que c'est mon enfance" "parce que je me souviens, ce jour-là..." "parce que machin me l'a offert" "parce que si je balance la version française, je ne pourrai plus m'en servir pour comparer avec la VO"... Non, il n'y a jamais trop de livres, juste pas assez de place où les ranger... On attend toujours le mec qui doit me poser 3 ou 4 étagères depuis Octobre, pour information.

Oh, Ake du passé, pourquoi as-tu jugé utile d'envoyer colis sur colis, vingtaine par vingtaine de livres lorsque tu étais au Japon ? Parce que ça l'était...non, il en allait de ta vie !

Et c'est pourquoi je ne retiendrai jamais la leçon. ¯\_(ツ)_/¯ 

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Manga : Le Jardin des Grimoires

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グリモワールの庭Grimoire no niwa, que je me permets de traduire Le Jardin des Grimoires dans la langue de Molière, est ma dernière découverte en provenance du Japon - directement, puisque j'ai reçu le colis juste avant-hier. Et c'est bien, mon dieu, c'est très bien, et c'est pourquoi j'écris un article dessus, oh-là-là ! Accrochez-vous, on va parler de garçons en bermuda et d'hommes en uniformes.

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Donc, reprenons : Grimoire no niwa, c'est un manga de Haru Sakurana, en cours de publication (le second tome est paru en Octobre 2016) dans le magazine Shonen Magazine Edge, dont nombre d'oeuvres publiées visent un large public féminin. Une tendance qui me plaît beaucoup vu que la plupart des séries que je lis ces dernières années sont à mi-chemin entre le shonen et le josei. Un genre aux frontières tellement floues qu'il leur faudrait une toute nouvelle catégorie à eux seuls, selon moi.

Et donc, de quoi ça parle ? Nous y voilà ; Atley(アトリatori, je suppose que c'est Atley, mais pas sûre), étudiant dans une école de magie, découvre par hasard un grimoire... qui s'avère être ce qu'on appelle un grimoire interdit ; quiconque l'utilise est destiné à finir brûlé vif comme une sorcière au Moyen-Age ! Atley veut alors profiter d'une sortie scolaire dans une forêt peu rassurante pour le jeter quelque part. Il se retrouve en groupe avec Leon, un autre élève qu'il ne peut pas voir en peinture, avec qui il se dispute souvent en classe (pour des raisons familiales, notamment).

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Mais là, surprise ; ils se font attaquer par un cavalier sans tête ( ! ), et c'est le drame : tentant de protéger Atley, Leon y laisse la vie, éventré par l'espèce de... fantôme. Atley n'écoute alors que son instinct et le ressuscite à l'aide du grimoire...

Pire, il le rend immortel !

Liés par ce secret qui pourrait coûter la vie à Atley, ils se retrouvent alors à devoir jouer des coudes (et, en même temps, à mieux se connaître l'un l'autre) pour ne pas se faire découvrir par le personnel de l'école, ni par la police de la magie...

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C'est drôle, c'est beau, c'est émouvant, c'est parfois très (très) triste, c'est plein de beaux garçons (en fait il n'y a que ça) et les situations tendues s'enchaînent les unes après les autres ; après un premier chapitre un peu lent, on s'attache très vite à nos héros qui ont chacun leurs petits secrets et leurs expériences de vie très différentes, Atley étant fils d'un chef d'entreprise sans pitié prêt à tout pour utiliser les autres, et la famille de Leon étant l'une des victimes des agissements de ce dernier. Le mystère autour du grimoire, mais aussi d'autres évènements tragiques qui se seraient déroulés dans l'école auparavant s'épaississent également au fil des chapitres, et nos deux amis ne savent plus à qui se fier...

En bref, une série qui arrive à mêler beaux garçons en pagaille (j'insiste) (l'auteure dessine du Touken Ranbu, après tout) avec des dessins de qualité, un univers accrocheur Harry Potteresque tout en ayant ses côtés originaux ainsi qu'un un scénario bien rythmé ; je dis oui, et j'en redemande, en espérant une possible sortie chez nous !

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Brève 1

Quand j'étais au lycée, mon professeur d'histoire nous engueulait - nous, sa terminale L tant détestée, la seule de l'établissement - parce que le monde, la réalité, on n'en avait rien à foutre. Et il attendait toujours que l'un de nous daigne lever le nez de nos bouquins du XVIIIe, et qu'on dise quelque chose d'intéressant sur l'actualité, la politique... bien sûr, ça n'arrivait jamais.

Bien sûr, j'ai fini par m'y intéresser malgré moi. Ou plutôt, les réseaux sociaux me l'ont faite bouffer, l'actualité, avec des tonnes et des tonnes en plus, et chacun qui y met son petit grain de sel, et je me sens davantage comme une oie gavée qu'un être humain à présent.

Je ne sais pas si le cerveau humain est capable d'encaisser tous les maux et injustices du monde tout seul, et de s'indigner chaque jour, chaque heure, chaque instant.

Ou peut-être que le mien est cassé. Il ne pense qu'à sa survie.

 

 

Les livres du XVIIIe, c'était sympa.

 

 

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13 novembre 2016

"Bof".

Si on me demandait comment je me sens, quelles sont mes perspectives d'avenir actuellement ou à quoi ressemble ma vie ces jours-ci, je n'aurais qu'une chose à répondre : "bof".

Je suis rentrée du Japon mi-Août dernier, le 17 pour être précise. Au début, je n'avais absolument aucune "nostalgie déchirante" qui pollue la vie de beaucoup d'ex-expats lorsque je pensais au Japon. Limite, j'avais l'impression que cette année à Tsu n'avait été qu'un très long rêve, un rêve toujours dans un coin de ma tête, certes, mais que je ne cherche pas partculièrement à rattraper, à reconstruire morceau par morceau.

Il faut dire que le départ avait été des plus catastrophiques. Laissez-moi vous raconter, ça va prendre un moment. Avec quelques photos de Tsu qui n'ont rien à voir.

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Les derniers jours s'étaient plutôt bien passés. Mes camarades de classe françaises étaient rentrées au pays au tout début du mois, et il me restait deux semaines avec le reste (assez peu) des étudiants étrangers et les japonais. Cela m'a permis, d'ailleurs, de me lier davantage avec certaines personnes qui ont rendu mon mois d'Août beaucoup moins morose que je ne le voyais à l'origine. Ca me permettait également de ne pas me triturer l'esprit 24/24 sur la potentielle présence d'araignées tropicales et autres monstres estivaux dans le couloir ouvert à tous les vents.

C'est la veille du départ que les choses se sont gâtées. Déjà, je me suis pris le premier orage de l'année (le dernier jour !) en rentrant du CocoIchi de Tsu. Un peu en flippe et trempée comme une serpillière (j'avais laissé tout mon matos branché et l'orage se faisait dangereusement proche des résidences), je me suis précipitée à la résidence...

Et là, c'est le drame. Ma clef ne passe pas. Pire : ma clef reste tout bonnement coincée dans la serrure. On est la veille du jour du départ ; c'est Bagdad dans ma chambre, je dois peser ma valise de toute urgence, il me reste que quelques heures pour tout remballer, ET MA CLEF EST COINCEE DANS LA PORTE. Peut pas la tourner, peut pas la sortir. J'ai alors fait ce que ferait toute personne avec zéro sang-froid, j'ai paniqué, donnant des coups dans la porte (futile, oui), tirant sur la clé à deux mains de toutes mes forces tout en pleurant comme un bébé (ça m'a valu de casser mon trousseau de clés et m'arracher la peau de la phalange net avec le métal, on applaudit. Ah, je suis tombée sur les fesses en tirant, aussi).

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C'est justement lorsque je suis tombée par terre qu'une étudiante vietnamienne qui montait les escaliers m'a vue et m'a demandé ce qui n'allait pas. J'ai donc expliqué (?) le problème (comprendre : CLEF, COINCEE, MOI FOUTUE, PANIQUE, MOURIR) comme j'ai pu, et elle m'a emmenée chez une de ses amies de l'étage le temps que je me sèche et que je me remette de mes émotions (parce que j'étais toujours une serpillière dégoulinante, et qu'il faisait chaud et moite et dégueulasse). On tourne en rond un moment, on essaye de contacter le tuteur de l'étage, pas de pot, il est à  Nagoya. Faudra peut-être appeler un serrurier; j'ai grave pas le temps... j'imaginais déjà les heures de panique qui allaient suivre.

Le fin mot de l'histoire : j'ai eu beaucoup de chance dans mon malheur. En effet, la clé était coincée à cause de l'humidité, et environ 1 heure plus tard la serrure (ou la clef) dégonflait. On a pu la sortir. Meilleur moment de ma vie. Toujours honte de m'être montrée sous ce jour, ceci dit.

Voilà, ça, c'était pour l'avant-goût de l'enfer qu'allait être le lendemain.

*

Je me lève à 6h du matin, et finis de ranger ma chambre. Le "room-check" est censé être à 10h. Dans le petit programme minutieusement calculé dans ma tête, je partais de l'appart vers 10h30-11h, allais voir des copains pour dire au revoir et me dirigeais vers la gare. J'ai aussi un petit souci avec une ampoule qui ne fonctionne plus, et j'espère ne pas avoir à la payer trop cher parce que (autre problème), je n'ai : plus de sous. C'était le week-end du 15 Août, sous-entendu le virement de mes parents fait l'avant-veille...n'arriverait pas avant, au mieux, le soir-même, au pire, le lendemain midi lorsque je serais déjà dans l'avion. Ca, c'était pour la petite angoisse supplémentaire, parce que je n'étais pas sûre de pouvoir payer l'hôtel à Osaka le soir-même. Fun times.

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Bref je finis de ranger ma chambre, à comprendre : balancer tout ce dont j'ai pas besoin dans un sac poubelle (ils ont dû me haïr, ils ont dû me haïr, ils ont dû me haïr, tant ils sont maniaques du tri, et j'ai fait le plus gros barda de tous-les-temps) et fourrer ce que je peux dans la valise. D'ailleurs ça passe pas, donc je finis par prendre mon sac de voyage acheté sur place en plus de la valise, en y casant quelques fringues trop épaisses et des bouquins (toujours des bouquins). Poids estimé : 5kg. Valise : 22,5kg (max : 23kg). Avec ça, mon sac à dos de 10kg avec mon PC 17", ma Cintiq 13HD, encore des bouquins et je sais plus. Je ne veux plus jamais rien porter de lourd de ma vie.

Avant de finir, vers 9h30, le type censé relever le compteur d'eau/électricité passe. Je paye la facture, il me fait ok ça roule je repasse "plus tard" pour couper l'électricité et l'eau. Il me donne un justificatif comme quoi il est passé et que j'ai payé. Je vais être amenée à parler de ce justificatif pas mal de fois dans ce récit...

10 heures. J'ai fini. Ma chambre est vide, à peu près propre, après avoir ramassé chaque cheveu traînant dans la salle de bains. Tuteur d'étage n'arrivant pas, je vais toquer à sa porte (c'est mon voisin), il me dit : ey alors en fait je dois attendre la concierge. Ouais sauf que moi, au secrétariat la semaine passée on m'avait dit "le tuteur viendra faire le room-check", pas "la concierge", mais soit. J'attends. En passant, il me demande pour l'électricité, je lui dis que le gars est venu et que j'ai payé, et qu'il reviendra "plus tard". ""Plus tard", comment ça plus tard?" "Je sais pas moi. Il a dit plus tard." "Huu. C'est bizarre." Ah.

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30 minutes après, toujours pas de concierge. Elle répond pas non plus au téléphone. Je perds patience (et je crève de chaud, il y a un climat tropical, tout est ouvert et je peux pas me servir de l'air conditionné). Tuteur me dit, écoute, je vais faire le room-check moi-même, et après tu iras payer ta facture de logement au CIER (c'est les gens qui s'occupent des étrangers, à l'université), parle-leur de l'ampoule aussi.

Je pédale jusqu'au secrétariat, là, je perds un temps fou parce qu'ils ne savent pas quoi faire de l'ampoule. Au final ils me disent que ça va, qu'ils me la feront pas payer. Mais que cette histoire de type-de-l'électricité-qui-revient-pas était plutôt bizarre, qu'ils allaient essayer de le contacter... j'étais pas prête de partir. On me dit de repasser dans 20 minutes. Ca tombe bien quand même, parce que je dois renvoyer ma box internet à Sun-Net. Sur le papier de la box, c'était écrit qu'on pouvait le faire renvoyer au combini. Donc, n'ayant pas envie de m'emmerder avec les services postaux, je vais direct au combini le plus proche...

Et là, le vendeur me regarde avec des yeux de merlan frit :

-Mais non on peut pas

-Comment ça on peut pas

-Mais on peut pas

...

Je m'énerve, j'essaye de m'expliquer en affichant mon agacement, le pauvre ne sait pas quoi faire, et au moment où j'allais partir (furax), je croise un pote à moi gaijin qui espérait justement me croiser au combini avant mon départ... J'ai pleuré comme un bébé (encore). Après un très long câlin et quelques mots sans queue ni tête plus tard, il me dit de ne pas m'inquiéter car il postera la box pour moi, qu'on se tiendrait au courant en ligne. Mon ange gardien existe, il s'appelle A----. J'en aurais encore plus pleuré (rires). Bref, ce problème miraculeusement réglé, retour au CIER. Bah oui, on attend toujours des nouvelles de notre cher monsieur de l'électricité.

Et il est passé ! Allélouia...

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Je rentre, ça y est, je vais pouvoir prendre mes cliques et mes claques au sens propre du terme et fuir cet asile de fous (c'est exactement la façon dont je voyais la ville à ce moment-là). Vous me direz, c'est triste de finir là-dessus...oui, ça l'est.

J'envoie des messages à mes potes, sur le groupe tchat Facebook sur lequel on communique ; ohé, c'est bon, je pars de la résidence, je vais à la gare.

Vus, vus, vus, vus...mais aucune réponse. Je me sens mal. J'espère voir au moins une ou deux personnes avant de partir. Heureusement, je ne suis pas pressée par le temps, malgré mon programme complètement chamboulé. Avec l'aide du tuteur, je traîne mes valises devant la résidence. J'attends un peu quand même, peut-être que quelqu'un... non. Y a personne. Cinq minutes passent, j'attends pas vraiment non plus, je me doute qu'on se retrouvera directement à la gare. C'était un moment assez bizarre, c'était très silencieux. Le tuteur me demande, l'air inquiet, s'il n'y a personne pour venir me chercher / m'aider à porter mes bagages à la gare. Il fait 32+°C, le soleil tape à mort (même si j'ai mon fidèle chapeau de paille d'Okinawa), mais étrangement, je me dis que ça va aller.

"Non, y a personne, apparemment".

Le petit malaise se prolonge, puis il fait "attends une minute", et rentre dans la résidence en courant. Il en ressort un instant plus tard avec des clés à la mains, en m'annonçant qu'il m'emmène en voiture !

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Y a pas, c'est bien un Mardi : la poisse se mêle à des Deus Ex Machina à la pelle. C'est sur la route que je me suis rendue compte qu'en effet, je n'aurais probablement jamais pu marcher jusqu'à la gare dans la chaleur avec mon sac à dos de 10kg, mon sac de voyage de 5kg et ma valise de 22. Ou alors je serais arrivée déshydratée et pleine de courbatures. Heureuse d'y avoir échappé.

Une fois à la gare, après un court moment de stress, les quelques personnes qui ont vu mes messages commencent à venir. Je pensais pleurer, ayant toujours eu cette idée que la séparation serait déchirante, mais en fait j'étais juste trop excitée à l'idée de partir (rires), je n'avais absolument aucun regret. Voilà, ça y est. C'est le moment de quitter la petite Tsu, sa rivière, sa plage à feux de camps, et sa route éternellement droite qui la traverse, toujours tout droit vers l'infini (vers Ise ou Nagoya, en fait). 

En fait, j'ai eu encore d'autres problèmes après ça. Le guichet auquel je comptais prendre le ticket de TGV pour Osaka est fermé, je ne peux pas payer par carte, j'arrive à payer tout juste avec toute la monnaie qu'il me reste, me trompe en réalité de ticket, fais changer le ticket, dois monter dans un autre train sans place réservée du coup, en stressant qu'on me vire de mon siège avec tous mes bagages (oups), une fois là-bas je me perds en cherchant la ligne Nankai, sens monter la crise d'angoisse, avance péniblement en donnant des coups de pieds pour aider ma baleine de valise qui se coince dans tout ce qui dépasse du sol... me perds en cherchant l'hôtel, tombe par terre à cause de mon sac de 10kg qui me passe par-dessus le cou (je crois qu'il ne s'en est jamais remis et il me faudrait voir un ostéo un de ces quatre).

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Heureusement, comme je disais à mes parents, je pleure beaucoup mais j'arrive toujours à m'en sortir à la fin. Je ne sais pas par quel miracle. Notons également que le virement de mes parents est tombé peu avant mon arrivée à l'hôtel, et que j'ai pu retourner sur Osaka Namba le soir profiter d'un dernier okonomiyaki à Fugetsu, tranquille, calmement, en solo. Ca y est, au revoir Japon ! Il est temps de retrouver Papa, Maman et les copains !

*

Et voilà, quelques heures plus tard, j'étais en France.

Le soir même, ça ne m'a pas fait très bizarre. Je devais être encore trop épuisée pour me rendre compte ; j'avais l'impression d'avoir quitté ma famille la veille. Par contre, la semaine qui a suivi a été très difficile...

Non, pas par nostalgie, ou mal du pays inversé. J'ai tout simplement été dans un état absolument naze pendant environ une semaine et des brouettes : douleurs partout, cou qui craque, crises de migraine tous les deux jours, vertiges, (probablement) baisses de tension, et sensation d'être "à côté" de tout. Je ne sais pas vraiment comment expliquer cette sensation, mais j'avais l'impression physique de ne pas être là. Quand je voyais quelque chose, quand j'allais dans la rue, j'avais l'impression de le voir à travers une vitre, un écran ? A côté de la plaque, c'est la seule expression qui me vient lorsque je dois décrire cette impression.

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Mais je n'étais pas triste d'être là, au contraire. Le voyage avait touché à sa fin, et je me remettais simplement dans les rails, le plus naturellement du monde. Il m'a fallu un ou deux mois avant de ressentir à nouveau fortement l'envie d'y retourner ; avant ça, c'était juste un peu comme un rêve, comme si cette année ne s'était pas réellement passée, avec juste des restes un peu distants qui me revenaient...

Là, je fais mon Master 2. Sans grande conviction. Je suis là, mais pas vraiment, je ne sais même pas si je vais le finir et je dois dire que je suis à un tournant dans ma vie, un tournant où malheureusement je ne sais pas quoi faire. L'avenir m'angoisse, comme à chaque fin de cursus. Je suis à un carrefour où beaucoup de possibilités s'offrent à moi...trop, en fait, je n'arrive pas à peser le pour et le contre ou à me mettre des priorités.

Et en ce moment de doute, j'ai très, très envie de revoir Tsu.

Ce qui se fera prochainement, car si tout se passe comme prévu, je serai présente au festival de l'université en Novembre l'année prochaine !

Ceci clot probablement mes articles sur ma vie au Japon. Du moins "en temps réel", peut-être aurai-je d'autres anecdotes à raconter à l'avenir, à l'occasion... J'ai hâte d'écrire à nouveau sur ce blog.

A bientôt !

 

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18 novembre 2015

Bakuman, le film

Je viens de me réveiller, il pleut, et j'ai la tête où vous savez; mais hier, j'ai été voir le film de Bakuman au cinéma, adapté de l'oeuvre de Tsugumi OHBA et de Takeshi OBATA, et ce serait un sacrilège de ne pas écrire ma réaction à chaud (bien qu'elle l'était encore plus hier en rentrant mais j'avais d'autres occupations (rires)).

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Tout d'abord, vous connaissez probablement l'histoire; Mashiro(Saikou), 14 ans, bon dessinateur pour son âge amoureux transi de la jolie Miho Azuki, accepte de former un duo avec Takagi(Shuujin), scénariste, pour dessiner un manga dans le Shounen Jump. L'enjeu: le mariage avec Azuki, qui se fera à la condition que leur oeuvre devienne un anime et que la jeune fille puisse en doubler l'héroïne.

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Première chose qui m'a plu: la façon de filmer, le jeu des acteurs, tout est très naturel et sans chichis. S'agissant d'une adaptation, j'avais un peu peur des scènes tournées de façon assez ridicule pour "forcer" l'aspect manga/anime, mais il n'en est rien (le contexte réaliste aide aussi, d'ailleurs voir les éditeurs dans leur bureau, c'est vraiment très cool en film). On retrouve toute la hargne de Mashiro et Shuujin, le stress du classement, les longs moments d'angoisse lorsque l'éditeur regarde les nemus, les grands cris de Fukuda, le pessimisme de Hiramaru...le film a beau ne couvrir qu'une petite partie du manga (il ne couvre que "l'arc" Ce monde est régi par l'argent et le savoir, qui d'ailleurs bénéficie d'un réel approfondissement), il représente bien les émotions que l'on ressent lorsqu'on lit un tome de Bakuman.
Et c'est ce qu'on veut, même si c'est très abrégé. Un de mes rares regrets est le manque de développement des personnages secondaires (le clan Fukuda, Hiramaru, etc) mais c'était évident compte tenu de l'arc adapté, où ils n'ont pas encore eu vraiment l'occasion de briller.

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Le film n'attache pas beaucoup d'importance à Azuki (qu'on ne voit de toute façon que très peu dans cette partie du manga); par ailleurs, on ne parle pas du tout de l'amour de l'oncle de Mashiro pour la maman de cette dernière des années auparavant. Cela dit, cette anecdote de l'histoire à part, il se centre beaucoup sur l'oncle - mais pour son travail, l'admiration de Mashiro envers lui, et l'impact et les conséquences émotionnelles que laisse sa mort sur notre héros ainsi que les autres personnages. Le plan émotionnel du film se base surtout là-dessus, en fin de compte.

Maintenant, côté technique: comme je disais, c'est très naturel, et voir les bureaux en effervescence et les ateliers en "vrai", c'est vraiment très cool, avec l'esprit parfaitement respecté. Le film foisonne de références à d'autres manga du Jump, avec des plans qui passent sur des tonnes de magazines. On salue le travail énorme de Takeshi OBATA qui a dû dessiner lui-même toutes les planches des héros montrées à l'écran...mais aussi les croquis, les designs griffonnés à l'arrache sur les feuilles (où les acteurs dessinent par dessus, je trouvais ça assez rigolo), les nemus, tout! Dessins qu'on peut d'ailleurs retrouver en intégralité dans le guide du film.

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Les scènes à effets spéciaux sont très cool et le réalisateur a fait preuve d'une créativité toute particulière pour les passages symbolisant la bataille que se livrent les jeunes mangaka - dans le but d'abréger les jours et les mois qui passent qui ne sont tout simplement pas montrables à l'écran en deux heures.

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S'il peut laisser un peu sur sa faim pour certaines choses (quand on sait tout ce qu'il se passe après, ça paraît un peu "ah, il n'y a que ça" (rires)), le film ne remplit pas moins son rôle, donner une représentation cinématographique de la série, avec brio. Accessoirement, Shuujin en plein élan créatif est la chose la plus adorable du monde.

Je le conseille donc vivement à tous amateurs de la série...et même de manga, s'il sort en DVD/bluray dans nos contrées, ce dont je ne doute pas une seconde.

Le trailer

Le site officiel

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16 septembre 2015

FAQ

Il y a quelques temps, j'avais fait une FAQ audio. Mais certaines choses ont changé depuis, et puis audio c'est pas super pratique, autant avoir quelque chose de bien posé à l'écrit quelque part - genre, sur ce blog par exemple.

Je vais donc reprendre les questions les plus fréquemment posées par les gens, ou ce qu'il y a à savoir tout simplement.

Qui es-tu, pour commencer?

On m'appelle Ake (mon pseudo "officiel" est A-Key), je suis d'octobre 1992 (23 ans bientôt au moment où j'écris), j'aime les langues, la littérature, les BDs, l'animation, le Japon (incroyable). Je suis du Pas-de-Calais avec un peu d'origines italiennes.

Tu fais quoi dans la vie?

Je suis à Lille3 depuis 2010, où j'ai fait une LLCE japonais. Cette année je commence mon Master 2 en études japonaises, dont je fais la première année à l'Université de Mie (Japon) l'année universitaire 2015-2016.

Quelle est la place du dessin dans ta vie?

C'est très important, mais pas à un niveau professionel ou scolaire. J'ai toujours dessiné et je dessinerai toujours, mais je n'ai pas l'intention (jusqu'à preuve du contraire) de m'engager dans un projet professionel qui m'occuperait à 100% en rapport avec le dessin. Pour le moment. Ca reste principalement une source de détente.

 

Tu veux faire quoi plus tard?

De la traduction, sans doute de manga, ou alors en sous-titrage (simulcast, etc). Je m'intéresse aussi au monde de l'édition. Je compte travailler en France.

Tu parles quelles langues?

On peut me parler en français, anglais et japonais, j'ai aussi des notions d'espagnol pour survivre un minimum (des restes du collège/lycée). Le néerlandais, lui, est enterré, et je peux un tout petit peu lire en italien depuis que j'ai commencé les bases de la grammaire et conjugaison (bien que ça s'apparente plus à "deviner" que vraiment lire). 

Tu ne fais que dessiner?

J'écris aussi, je scénarise mes projets. J'ai toujours fait mes histoires en solo, sans co-auteur.

Qu'est-ce que tu as fait jusqu'à maintenant?

Je travaille le plus activement sur un light novel en ligne qui s'appelle Le Chasseur de Temps (même si y a pas grand chose qui sort). Viennent ensuite Ici Chez Toi (strips), La Taverne des Farfalles (multi-support), Zetsudai (strips), et Vol-au-Vent (roman jeunesse). 

Tu comptes publier?

J'aimerais bien en autoédition, quand je finirai quelque chose. Niveau amateur, j'ai déjà imprimé deux fanbooks (Inazuma Eleven et Dark Chronicle). 

En dessin, tu travailles avec quoi?

Je fais tout au digital. Je me sers d'une Cintiq13HD et de Paint Tool SAI. 

Tu aimes dessiner des BD?

Alors en fait pas du tout, je préfère largement rédiger les scènes, c'est pourquoi je préfère le support écrit accompagné d'illustrations. Au mieux, des strips. Je suis beaucoup plus storyboards, le panelling en BD me tue. J'ai d'ailleurs déjà fait l'animatique d'un trailer pour un projet de série(film) et c'était vraiment sympa. J'aime les storyboards pour le fait que le but est vraiment de montrer le mouvement et l'action avant toute chose.

Tes influences?

J'essaye d'avoir un style qui mélange parfaitement mon idée de BD/animation occidentale et de "style japonais". Je pense que parler de manga serait plutôt malvenu parce que je ne cherche pas vraiment à imiter le "manga-papier" et ses techniques d'encrage/tramage, à faire du manga comme on en voit au Japon. Je prends beaucoup aux BDs Disney notamment, surtout les italiennes. Dans une autre vie de dessinateur pro, j'aurais bien aimé faire partie de la presse Disney haha. Je m'inspire aussi de chara designs de jeux vidéos japonais.

BDs occidentales non Disney qui t'ont marquée?

Ekhö Monde Miroir, Astérix (c'est de famille), Mélusine, Johan et Pirlouit, ...j'aime aussi le style de Yoann (les derniers Spirou) même si je connais que ses illustrations. Après, c'est les auteurs Disney; Cavazzano, Celoni, Mastantuono, Freccero, Don Rosa...  je pense que beaucoup de BDs ont des couleurs sublimes.

En manga?

Detective Conan (et Yaiba), Le Violoniste de Hamelin, Black Bard, Kaitou Joker, Pandora Hearts, FMA...

Un "tic de dessin" ?

Les gros noeunoeuds et les foulards...ça me semble pas complet s'il y a rien au cou (rire). 

Combien de temps tu passes sur un dessin?

Environ 15-20 min pour un croquis digital un minimum soigné avec "peinture à l'eau" (moins si c'est un perso dont j'ai l'habitude, on peut compter 5 min pour un croquis 'habituel' de détente). 40min-1 heure à peu près pour un croquis colorisé (tests, etc), et plus de 5 à 10 heures pour un full encré et soigneusement colorisé (dépendant de la difficulté). Je répartis en général sur deux jours pour ceux-là donc c'est dur de donner un compte...à part que je sais que je peux passer 4-5h à encrer/coloriser.

Voilà, je pense que tout y est! J'en rajouterai peut-être si d'autres questions se présentent.

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20 juin 2015

Les nouvelles, épisode 4

Tout d'abord, ça y est: j'ai rendu mon mémoire. C'était long et diffcile et j'ai dû corriger pendant deux-trois semaines, mais ça y est, je n'ai plus qu'à attendre la soutenance. J'en ai fait une affaire personnelle et, plus que d'un point de vue scolaire, c'est plutôt moi qui le prendrais mal si je venais à échouer.

Mémoire à part, j'ai pu aller au festival de la BD d'Anzin st Aubin Samedi dernier (c'est le patelin à côté de chez moi, on y est en 10 min en voiture). Si la salle n'a pas changé depuis la première édition il y a 3 ans, il y a de plus en plus de monde - autant au niveau des dessinateurs invités que des visiteurs! Entre autres parmi ceux que je connais, Clarke, Didier Crisse, Fabrizio Petrossi, mais aussi les auteurs de Rahan, Billy the Cat, Natasha...etc. Des éditeurs étaient également présents pour vendre leurs BDs, prints et autres extraits de portfolios. A part ça, des activités étaient proposées, comme par exemple un atelier de dessin pour les enfants (auquel on était trop grands Ju et moi pour participer, hein).

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Cette fois, c'est de Petrossi que j'ai eu une dédicace. Je ne connais pas bien Petrossi, à vrai dire: il dessine surtout des BDs de l'univers de Mickey plus que les canards, et il travaille surtout pour le Journal de Mickey (et était publié avant dans Topolino). Mais j'avais toujours rêvé de rencontrer un dessinateur de BD Disney européenne ayant travaillé pour Topolino (sinon, j'avais rencontré Don Rosa au Lille Comics Festival en 2012) ! Je m'étais donc un peu renseignée au préalable sur internet pour savoir ce qu'il avait fait exactement et ce que j'allais lui faire dédicacer; le souci étant que parmi les oeuvres Disney publiées par Glénat, il n'avait surtout fait que les couvertures (par exemple "La Machine à Voyager dans le Temps") et pas les BDs en elles-mêmes. Je me voyais donc mal lui faire dédicacer un livre dont il n'avait fait que la couverture...j'ai finalement choisi l'adaptation BD de Epic Mickey : Le retour des héros, d'abord parce que l'album était magnifique, et parce que ça faisait un moment que je voulais m'intéresser à l'univers d'Epic Mickey. Par ailleurs, Glénat a mis tout un making-of expliquant les étapes de la réalisation de l'album à la fin, un vraiment très beau livre grand format. D'ailleurs, la personne qui me l'a vendue était une camarade de fac qui travaille comme vendeuse à la boutique de BDs de ma ville, et qui savait pertinemment que je viendrais pour Petrossi (rires).

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Mais voilà: ça m'a aussi permis de voir que les dessinateurs Disney manquaient cruellement de reconnaissance, comme je le pensais, malheureusement. Les personnes qui allaient dédicacer, de ce que j'ai pu voir, étaient surtout des enfants emmenés par leurs parents, sans doute parce que "c'est Disney", sans la dimension de "dessinateur de BD" derrière. J'ai été également assez choquée de voir sur la table, peu avant que je passe, un tome de l'intégrale Don Rosa...je me suis rendu compte plus tard qu'en fait, la "règle" était qu'on pouvait lui faire dédicacer tout produit Disney de chez Glénat, même ceux dont il n'était pas /du tout/ l'auteur. Même si je ne connaissais pas bien Petrossi et que je m'étais surtout renseignée à l'avance, ça m'a rendue un peu triste, cet amalgame "collectif Disney", sur le principe. Imaginez qu'il ait eu le droit de refuser tous les albums auxquels il n'avait pas participé (rires). Du coup en voyant ça, je culpabilisais un peu moins de ne juste pas bien le connaître. A vrai dire, même l'image figurant sur son panneau à sa table n'était pas un album qu'il avait réalisé.

Lorsque je lui ai dit que j'avais beaucoup d'admiration pour les dessinateurs Disney, il a demandé "les films, ou les bandes-dessinées?" - du coup, je me suis demandé si beaucoup de gens parmi ceux qui lui demandaient des dédicaces ne savaient en réalité pas grand-chose des BDs, et pensaient surtout juste à la compagnie et à ce qui touche au domaine de l'animation. Ca m'a d'autant plus convaincue qu'il fallait vraiment beaucoup plus parler du monde de la presse Disney...En tout cas, j'ai été très contente de le rencontrer!

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23 mai 2015

Je collectionne les canards, wo-oh

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Donald, Picsou, Riri, Fifi, Loulou, Géo, Donaldville...on connaît (presque) tous ces noms. Que ce soit un magazine lu une fois en passant, qu'on ait vu La Bande à Picsou à la télé ou qu'on ait été lecteur assidu depuis son plus jeune âge, ce sont des personnages emblématiques de la culture occidentale. A l'école primaire, notre instit nous avait même fait un problème de maths avec Donald qui empruntait de l'argent à Picsou pour nous motiver...

Seulement voilà, la plupart du temps, on s'y intéresse en surface, "comme ça", mais quand on se penche dessus, on se rend compte que l'univers de Donaldville implique beaucoup plus de choses qu'on ne le pense quand on ne fait que survoler les magazines ou les séries télévisées. C'est pourquoi j'aimerais faire de ce post une sorte de "guide" pour s'y retrouver dans la multitude d'auteurs et de séries qui ont construit cette branche du monde Disney. Parce que le truc, c'est qu'on pense que tout le monde connaît, mais du coup, on en parle pas assez!

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Les origines

Si Donald, Daisy, Riri, Fifi, Loulou et Gus (et peut-être d'autres que j'oublie, j'ai pas /tous/ les court-métrages tête) sont bien des personnages originaires des cartoon réalisés par Walt Disney, on doit Donaldville telle qu'on la connaît dans les BDs aujourd'hui à Carl Barks (dont le nom vous sera sans doute familier, avec l'intégrale La Dynastie Donald Duck en ce moment en cours de parution chez Glénat notamment).

Ancien scénariste de chez Disney, il s'est reconverti dans la bande dessinée après avoir démissionné des studios en 1942. On lui compte plus de 700 histoires, avant sa mort en 2000 (99 ans). Picsou? C'est lui qui l'a créé. Et pas que; Géo Trouvetou, Miss Tick, Lagrogne...il avait aussi scénarisé le cartoon Donald's Nephews, ce qui en fait également le père de Riri, Fifi et Loulou. C'est d'ailleurs pourquoi de nombreux fans préfèrent dire "les personnages de Carl Barks" plutôt que "les personnages Disney"(bon perso je dis des canards Disney parce que je parle de Disney comme du "propriétaire", de l'éditeur). Les autres auteurs Disney à travers le monde reprendront ensuite l'univers établi par Carl Barks ainsi que ses personnages, perpétuant les aventures de Donald et des habitants de Donaldville jusqu'à aujourd'hui. 

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Peinture de Carl Barks

 

Mais comment s'y retrouver?

Des auteurs Disney, il y en a eu - et il y en a à la pelle. En particulier en Italie, où les canards Disney sont presque vus comme un trésor national (rires). Il est très facile de confondre les séries, les histoires uniques, les magazines...voici donc quelques repères, bien que la liste soit non-exhaustive.

1- A part les séries suivies définies en tant que telles qui prennent place au sein de l'univers de Picsou, les BD de Picsou en règle générale et en particulier chez Carl Barks, ne sont pas "une série". L'univers "Barksien" peut subir quelques modifications selon l'auteur, comme la forme du coffre de Picsou qui peut changer d'un dessinateur ou d'un pays à un autre, ou la présence de certains personnages spécifiques à un auteur. (Par exemple, dans le monde de Mickey, Michel Souris est un personnage français qui n'est pas représenté à l'étranger).

Ce que je veux dire par là, c'est qu'on peut dire que Powerduck est une série, ou Le Cycle des Magiciens est une série, mais on ne peut pas dire que "les BDs de Donald et Picsou" en général et de manière globale sont une "série". C'est juste un univers très vaste avec une multitude d'aventures reprenant les personnages, sans forcément de liens entre elles.

2- Le bien connu successeur de Barks, Keno Don Rosa, a effectivement écrit/dessiné une série de 12 épisodes (+ les bis) : la célèbre La Jeunesse de Picsou, qui était notamment publiée chez nous dans Picsou Magazine dans les années 2000s. Elle avait reçu le prix de la meilleure histoire suivie, et il va sans dire qu'elle est considérée comme un monument du monde de la presse Disney, écrite aussi bien pour un public adulte que jeunesse. Elle a été publiée dans la collection La Grande Épopée de Picsou (qui est une intégrale des histoires de Don Rosa, en 7 tomes), chez Glénat (tomes 1 et 2, le tome 1 contenant les épisodes, et le 2 étant réservé aux épisodes bis). Un must même si on n'est pas familier avec l'univers des BD Disney.

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Illustration de Don Rosa

3- Si l'Europe en général est très friande de Picsou, ironiquement plus que dans son pays natal les États-Unis, les BDs italiennes sont carrément une branche à part entière dans le monde de Donaldville. Je ne connais pas l'origine des raisons de cet engouement pour les canards anthropomorphes, mais les italiens occupent une part monstrueuse sur le marché de bandes-dessinées Disney européennes, avec plusieurs dizaines d'auteurs très productifs. D'ailleurs, certains personnages plus ou moins récurrents ont été inventés par eux, notamment Fantomiald et Fantomius, Brigitte, Baptiste (majordome de Picsou) ou ceux liés aux séries. 

Car l'Italie, si elle aime aussi les histoires classiques "uniques", aime beaucoup les séries, publiées à un rythme régulier dans les magazines (en particulier Topolino, l'hebdomadaire équivalent de notre Journal de Mickey). Parmi les séries italiennes on compte PowerduckDoubleduckSOS Secret Agency (un dérivé de la série non suivie Donald Junior, italienne également), Le Cycle des Magiciens, Les Chroniques de la Baie, ou, si on s'éloigne des canards, la célèbre Dimension M. Dans le temps il y avait aussi une série d'histoires tournant autour du club des milliardaires de Donaldville, mais je crois qu'elle n'avait pas de nom particulier. La plupart de ces séries sont publiées dans Mickey Parade et Super Picsou Géant.

A noter que les dessinateurs de Topolino sont présents à certaines conventions de BD...dans leur pays, malheureusement (rires).

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Case de SOS: Secret Agency

4- Contrairement aux idées reçues, les BDs de Picsou ne sont pas adaptées de la série tv La Bande à Picsou (Ducktales en VO) mais l'inverse. La Bande à Picsou était une série animée adaptée (plutôt librement) des BDs de Carl Barks; c'est l'une des rares occasions que l'on a de voir les personnages de Donaldville animés. Certains personnages, comme Zaza, Flagada Jones, Arsène (le majordome, bien que son rôle soit similaire au personnage italien de Baptiste), ou Mamie Baba avaient été créés exclusivement pour la série.

5- Cependant, il existe une version BD de la Bande à Picsou (laquelle est bien estampillée La Bande à Picsou pour ne pas prêter confusion), reprenant le style graphique de la série tv ainsi que les personnages qui y sont spécifiques. La série tv Myster Mask, elle, n'est tirée d'aucune oeuvre papier, mais a également bénéficié d'adaptations BD par la suite.

6- L'univers de Donaldville a aussi été décliné en jeux vidéos, notamment le célèbre jeu Ducktales adapté directement de la série tv. Donald Duck : Quack Attack, lui, a été créé en hommage à Carl Barks, et se rapproche davantage des BDs, à part la présence du personnage de Merlock. Enfin, on peut noter que la série italienne PK (Paperinik/Powerduck) a eu une version jeu vidéo sur PS2/Gamecube à l'époque de sa première parution, ce qui est une première pour une série de Topolino. Les italiens ont également sorti des séries de figurines reprenant directement le character design des personnages de leurs BDs.

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Planche d'une histoire de Fantomiald

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Parutions Françaises: 

Heureusement, la presse française Disney est là pour nous faire parvenir, en plus de certaines d'origine francophone, les histoires de canards venant d'ailleurs dans le monde. Bien sûr, concernant les BDs européennes (et surtout italiennes), un petit tri est effectué pour garder celles qui valent vraiment le coup. Il y a donc :

-Mickey Parade (Géant), qui se concentre surtout sur les parutions italiennes mais aussi danoises

-Le Journal de Mickey, mais je dois avouer que je ne sais plus bien quels auteurs sont publiés dedans

-Super Picsou Géant, qui publie un peu de partout (europe comme US) mais où on peut trouver des séries italiennes également (Doubleduck, Powerduck)

-Picsou Magazine, qui se concentre en particulier sur Carl Barks et Don Rosa

-Les Trésors de Picsou, un hors série de Picsou Magazine qui publie les histoires de Barks et Don Rosa triées par thème.

Concernant les volumes reliés, Glénat s'occupe très sérieusement depuis quelques temps de la publication physique des BDs américaines et italiennes, dans des collections ("Fantomiald" "Irrécupérables Rapetou", etc, qui sont des recueils mélangeant plusieurs auteurs différents), des intégrales par auteur (Carl Barks, Don Rosa), des best-of, etc. Ils sont assez coûteux, mais la qualité est bien présente! (En plus, depuis le temps qu'on attendait de pouvoir les avoir en volumes reliés plutôt qu'en magazines...). A noter que l'intégrale Don Rosa comprend des pages d'anecdotes de Don Rosa lui-même très fournies sur chaque histoire. L'intégrale de Carl Barks comprend également des notes très détaillées sur le contexte de chaque histoire et sa vie professionnelle; une bonne occasion de découvrir les auteurs plus en détail. 

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Photo prise au Furet du Nord, Lille

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Voilà, je pense que j'ai dit ce qu'il y avait à dire si on ne veut pas trop rentrer dans les détails. Mais je terminerai sur une liste de sites très intéressants sur le sujet: 

1) Inducks.org : le boss final pour toute information sur les BD Disney. Tout est listé, répertorié, numéroté, daté, à la page près. Genre, tout. Même les différentes parties du Couac (la rubrique humoristique française publiée dans SPG début années 2000s), page par page, c'est dire. (note : toutes BDs Disney confondues, pas seulement Donaldville).

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Tout ça c'est une seule partie d'un numéro de SPG.

2) Le Picsou Wiki : Wiki francophone extrêmement complet sur Donaldville, ses habitants et ses auteurs. Constamment mis à jour. Compte aussi l'agenda des sorties Glénat!

3) La page Facebook de Topolino : idéal pour se tenir au courant au jour le jour des dernières publications italiennes, des conventions, etc.

 

Mais aussi quelques auteurs et dessinateurs

- Corrado Mastantuono, son portfolio en ligne très fourni (Disney et non-Disney). Il a fait notamment Fantomiald contre Mad Docteur.

- Andrea Freccero, son blog, où il met ses travaux, ses WIP (c'est celui qui dessine les 3/4 des couvertures de magazine)

- Stefan Petrucha, scénariste de très bonnes histoires, il est aussi écrivain fantastique/horreur/suspense

- Fabio Celoni, son Facebook (ses posts sont en public). Excellent dessinateur à la patte graphique très reconnaissable, il a récemment posté une vidéo d'encrage d'une illustration de PK. 

- Mirka, une jeune coloriste(et illustratrice) de 25 ans qui fait un travail sublime sur les oeuvres de Celoni. C'est son Deviantart. 

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Case de Bram Topker, dessinée par Fabio Celoni et colorisée par Mirka

 Et c'est là-dessus que je termine ce post. Si ça peut vous aider, ne serait-ce qu'un peu, j'en serais très heureuse!

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16 avril 2015

A quoi s'attendre en entreprenant l'apprentissage de la langue japonaise?

Ah, le Japonais. La "langue du Diable" (je n'invente rien, c'est un missionnaire qui aurait créé ce terme en se rendant compte de la difficulté de la langue japonaise, et qui pensait que c'était le Diable qui l'avait inventée pour l'empêcher de mener à bien sa mission, freiné par la barrière de la langue), la langue qui fascine les foules, la langue qui effraie, la langue qui attire, la...

Langue que vous vous tâtez à apprendre, peut-être, mais vous ne savez pas par quel bout la prendre. La prendre, l'apprendre, ça faisait un calembour nul, t'as vu. Bon en fait, les étudiants non plus ne savent pas. C'est un mystère. Mais c'est ça qui est bien, aussi. 

J'aime le japonais. Je sais pas pourquoi, depuis toute petite, j'ai su que je devais apprendre le japonais. Je crois que ma première expérience de japonais à l'oreille était le générique de Card Captor Sakura (Catch you Catch me) sur une VHS qui gardait les openings VO. Mais je crois que le vrai déclic a été la chanson du générique du Château dans le Ciel à peu près à la même époque, Kimi wo nosete. Mais je crois que je voulais l'apprendre avant même de savoir à quoi ça ressemblait concrètement (rire). Ceci dit, on aime quand même savoir à peu près à quoi s'attendre avant d'entreprendre sérieusement l'apprentissage d'une langue. Et j'ai des camarades japanistes qui étaient curieux de voir ce que j'aurais à dire sur le sujet (parce qu'on est tous dans la même galère), ce qui m'a encouragé à faire ce post.

Voici donc une petite récap :

1- Le plus tordu est probablement la grammaire. Contrairement au chinois, le japonais est pourtant une langue qui détient des similitudes avec les langues européennes par la présence de "grammaire" au sens classique du terme. Le problème, c'est que les constructions de phrases n'ont, forcément, pas grand chose à voir avec les constructions basiques de langues germaniques ou latines comme on a l'habitude de voir. Mais elle reste néanmoins logique et mécanique, et une fois que vous aurez retenu les règles et l'ordre dans lequel mettre les mots, ce n'est plus qu'une suite logique à suivre. Rassurant? 

2- Les conjugaisons ne marchent pas vraiment comme chez nous. Quand on parle de conjugaison ici, on pense aux temps. En japonais, il n'y a que deux temps dans le sens qu'on connaît : le présent et le passé. Mais ils ont, à côté, une foultitude de conjugaisons pour...d'autres choses. Comme par exemple une pour indiquer qu'on /peut/ faire quelque chose. Une pour indiquer qu'on a fait faire quelque chose à quelqu'un. Une pour indiquer qu'on s'est fait faire quelque chose par quelqu'un (ça devient chaud là-). Une pour...bref - mais le truc bien, c'est que ça ne change pas selon la personne, et qu'il s'agit d'une suite logique de petits morceaux à rajouter les uns après les autres. Le tout étant de ne pas en oublier. 

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ok là c'est un peu extrême je sais même pas par quel bout le prendre 

 

3- Germanistes et latinistes désespérés, n'ayez crainte : il n'y a pas de déclinaisons. Pas. Aucune. Merveilleux. J'ai été latiniste.

4- Pas de souci d'accord en genre et en nombre non plus. En même temps, les langues latines sont les mieux placées pour nous pourrir à ce niveau-là.

5- La prononciation est bidon. Merci au système syllabaire, c'est probablement une des langues les plus faciles à prononcer pour un francophone. a c'est a, be cest bé, ka c'est ka, ku c'est ku (les -u ont juste tendance à pencher sur le -eu très légèrement), chi c'est t'chi, so c'est so...bon, hein. Voilà. Les R se prononcent L cependant, c'est bien la seule "bizarrerie" notoire (et encore la plupart des gens le savent de base), on est pas en néerlandais où les G se prononcent RRHHH. Bien sûr, après, il faut travailler son accent pour que ce soit joli, faut pas déconner.

6- Le vocabulaire...okay c'est mon boss final. Le vocabulaire. Il en finit pas. Y en a partout. 36 000 façons de dire la même chose. Je suis obligée de le dire. Des mots des mots des mots des mots, qui, en plus, se ressemblent un peu tous, à cause du nombre limité de syllabes. C'est là qu'il est utile de savoir lire les kanji, car si deux mots se disent pareil, leur kanji peut être totalement différent. J'ai beaucoup de mal à deviner les mots dans un texte en hiragana, ça me paraît être un tas de syllabes empilées. Bon, soyons honnêtes : le japonais est un tas de syllabes empilées les unes sur les autres.

sigh

kai, kaikai, kaikan, kaisatsu, kaisan, kaisuiyoku, kaisuu, kaisuuken, kaisei, kaisei, kaisetsu, les listes du JLPT me rendent triste.

7- L'écriture. Bon. Les syllabaires, ça va. Non, vraiment, ils sont pas si lourds que ça à retenir, pour le peu qu'on s'entraîne un peu à écrire des mots avec et à les lire. Si vous avez fait du grec, vous devriez connaître le principe. Les kanji...eh bien, le problème des kanji, c'est que si t'en prends un tout seul, il va se lire d'une telle façon. T'en prends un 2e tout seul, il va se lire de telle façon. ET QUAND TU LES METS ENSEMBLE, CA FAIT UN TRUC COMPLETEMENT PAS PAREIL. Et ça me rend triste, parce que ça fait 36 lectures par kanji à retenir, et au final tu te dis eh, je vais juste apprendre les mots par coeur tiens, mais ça va pas très vite, alors tu te dis peut-être que je devrais changer de méthode, et...et. Voilà. Mais d'un autre côté, c'est fascinant, du moment qu'on prend le côté rigolo de la chose et qu'on est pas pressé. J'aime bien remarquer qu'un mot s'écrit avec le kanji de (x) mot et le kanji de (x) mot, par exemple - c'est un peu comme de l'éthymologie sans passer par le latin. Enfin je me comprends, parce qu'il est pas question de latin ici. Bref.

8- Les trouzemille façons de parler. Ce n'est pas vraiment le souci des débutants, mais il existe à peu près autant de façons de parler qu'il existe de catégories d'individus. C'est pourquoi il faut faire attention lorsqu'on réutilise une phrase entendue quelque part en se disant "ça se dit comme ça", il ne faudrait pas que vous le disiez à la façon d'un général d'armée masculin quand vous êtes une jeune lycéenne de 16 ans. Je n'ai pas vraiment le temps de m'attarder en détail car ce serait beaucoup trop long, mais c'est l'idée. Chose importante à savoir très vite cependant, "je", "tu", "nous", "vous" changent également selon le degré de politesse et le genre de la personne qui parle.

En ce moment en cours de linguistique, on étudie les façons de parler attribuées aux personnages de films/romans étrangers lors de la traduction de leurs répliques en japonais, lesquelles tiennent souvent de l'exagération - donc, des façons de parler même pas utilisées "en vrai" entre vraies personnes. Pourquoi faire simple.

9- Un peu lié aux trouzemille façons de parler, il y a les dialectes. Si, en France, la plupart des dialectes ont disparu (ne pas confondre dialecte et accent, je viens du nord et on se parle pas dans la rue en ch'ti), ils restent très présents au Japon, des dialectes régionaux qui altèrent la langue à un degré plus ou moins élevé. Le plus connu est celui du Kansai dont vous avez sans doute entendu parler - ou entendu tout court dans des séries (Heiji Hattori de Détective Conan est un perso emblématique pour ce qui est de l'usage du kansai-ben). Ca devient un peu plus spécifique que le reste noté plus haut donc je ne m'attarderai pas trop dessus, mais je vous encourage à y jeter un oeil. Ca peut aller de simples mots charcutés à des termes ou expressions complètement différentes, et nombreuses! Une des particularités de ce petit pays pourtant très complexe qu'est le Japon.

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Voilà, je pense avoir fini. Je suis moi-même pas encore calée en maîtrise de la langue du diable de la sublime langue du soleil levant, je dis ça de mon expérience de personne encore en train d'apprendre, justement (ça fait 8 ans mais faut pas le dire). La route est longue est difficile, mais je suis sûre qu'on peut vaincre l'adversaire. Le tout est de s'armer de patience - et de garder à l'esprit que tout n'est pas non plus compliqué. Comme toutes les langues, la partie fun commence une fois les bases acquises! Et les bases, ce n'est pas encore si long que ça. Je pense que le plus lourd est le perfectionnement par la suite (je souffre d'un manque de vocabulaire monstrueux). Bon par contre, le voc, c'est un peu comme quand tu montes de niveau dans Pokémon, au début ça va vite, et puis ça rame, ça rame, la jauge monte pas assez et tu stagnes et tu pleures. Mais bon, hein, j'y arriverai. J'y crois. 

Amis japanistes, si vous avez rencontré d'autres facilités ou difficultés lors de votre apprentissage de la langue, n'hésitez pas à me le dire: je les rajouterai dans le post.

TENGUBOY - SHOCKMAN

 

Posté par A-Key à 01:53 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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