Bonjour tout le monde ! Me revoilà pour vous parler d'une série de romans jeunesse en ce moment en cours de parution au Pays du Soleil-Levant : j'ai nommé Yuurei Tantei Haru (幽霊探偵ハル), ou, en français, "Haru le détective fantôme".

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Cette série, écrite par Tomoko Tanabe et illustrée par Hinoki Kino, a commencé sa publication au sein de Tsubasa Bunko en 2015 ; elle compte aujourd'hui trois tomes, uniquement disponibles en version originale pour le moment. On y suit donc les aventures de trois enfants... ou presque : deux le sont, le troisième pas vraiment !

Shun Onoda, un garçon de 11 ans comme les autres qui comptait profiter de ses vacances de printemps avant la tant redoutée rentrée scolaire, est quelque peu obligé de changer ses plans ; son amie de petite enfance, Kotone Torii, emménage du jour au lendemain dans la même rue que notre paresseux... et le houspille très vite pour qu'il lui fasse visiter les environs avant la reprise des cours. Cela inclut la bibliothèque Shigurezaka, où les deux amis découvrent par hasard une pièce secrète... avec un garçon de leur âge à l'intérieur !

Il s'agit de Haru, un enfant aux airs hautains (ce qui ne manque pas de faire sortir Shun de ses gonds) qui prétend être détective. Quelque chose semble le retenir à l'intérieur de la petite salle... ce qui fait qu'il ne voit et communique avec l'extérieur qu'à l'aide de son ordinateur portable, et de M. Kusaka, le directeur de la bibliothèque qui se comporte avec lui comme le ferait un majordome. En réalité, Haru enquête sur l'incendie criminel perpétré il y a plus de 80 ans, dans lequel il y a laissé la vie... pourra-t-il accéder à l'au-delà une fois l'affaire résolue ? Shun et Kotone deviennent alors ses yeux et oreilles, et malgré quelques problèmes d'entente - eh bien - générationnelle, parviennent à faire avancer quelque peu les choses !

Mais un autre mystère plane... pourquoi Haru a-t-il exactement la même clé que celle que possède Shun, léguée par sa grand-mère ? Se pourrait-il qu'ils soient liés par le sang... ?

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Haru demeure à ce jour l'une de mes séries préférées en matière de roman jeunesse japonais ; les personnages sont attachants et les enquêtes prenantes, sans compter la trame principale qui se montre petit à petit au fil des tomes ! Les illustrations, au nombre bien dosé, sont claires et adorables, et le style d'écriture limpide est des plus faciles à suivre pour un lecteur étranger, tout en étant un minimum fourni. Je suis vraiment très heureuse d'avoir découvert ce titre peu après sa sortie initiale, fin 2015, et je souhaite aux auteures quil obtienne le succès qu'il mérite !

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Voici deux courts passages extraits des quelques pages que j'avais traduites pour m'entraîner, peu après la sorti du tome 1 :

 

Haru et M. Kusaka - extrait du prologue 

[...] Rassuré d'entendre le timbre de cette voix qui lui était si familière, le directeur lui rendit son sourire, tout en s'inclinant légèrement vers l'avant.

-Bien le bonjour, Monsieur Haru. Les cerisiers du jardin Shigurazaka ont commencé à fleurir juste hier.

-Oh, nous en sommes donc déjà à cette période de l'année...

Le jeune garçon, ou plutôt Haru, contourna prestement le bureau pour se rapprocher de M. Kusaka. Si le directeur n'était pas très grand pour son âge avancé, Haru devait faire une bonne vingtaine de centimètres de moins encore. Ses yeux, immenses et bordés de longs cils qui semblaient caresser sa peau blanche, brillaient d'un intense éclat de jade. La pureté qui en émanait émut le vieil homme.

-J'ai oublié quand je les ai vus fleurir pour la dernière fois...

Fronçant légèrement ses sourcils bien dessinés, il leva les yeux vers Kusaka.

-Enfin, il y a d'autres choses que je n'ai pu voir depuis une éternité...

-Bien malheureusement...

Malgré tout ce temps passé avec le jeune garçon, la mine assombrie de Haru était, pour M. Kusaka, une vision toujours aussi insoutenable.

Pour masquer un soupir, il déclara en souriant :

-Mais les choses se mettent à avancer, certes doucement, mais sûrement. Je pense que le jour où vous pourrez de nouveau admirer les cerisiers en fleur ne se trouve plus très loin désormais.

Haru émit un petit rire clair en retour.

-J'aime votre façon de penser, M. Kusaka. Mais je dois vous avouer que j'ai cessé de m'attendre à quoi que ce soit. A moins d'un miracle...

M. Kusaka eut un sourire amer.

-Où avais-je donc la tête. Ce n'est pas une risible tentative d'optimisme de la sorte qui vous trompera, Monsieur Haru... [...]

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Shun et Kotoné, dans le chapitre 1 ; Kotoné vient de débarquer chez Shun pour le tirer du lit...

 

[...]-Et donc ? marmonna-t-il. Je peux savoir ce qui t'amène chez moi, comme ça, en pleine matinée ?

-En mission pour ta maman, que j'ai croisée ce matin alors qu'elle partait au travail. Elle m'a dit d'aller m'assurer que tu te lèves à une heure potable, en ajoutant que si on te laissait faire, on allait te retrouver encore au lit en rentrant ce soir. La preuve, regarde : j'ai la clef.

Joignant le geste à la parole, Kotoné posa le trousseau, auquel pendait un porte-clé en forme de panda, sur le bureau en désordre de Shun.

Ah, les parents, ils ne le laisseraient donc jamais tranquille !

-Mais il n'y a pas que ça ; j'avais aussi un service à te demander, Shun.

Le garçon fourra son menton dans son doudou.

-Désolé madame, très peu pour moi. Ça me gave d'avance.

-Toujours aussi serviable, à ce que je vois...

Kotoné s'accroupit devant lui, et se mit à le fixer droit dans les yeux avec insistance.

-C'est dur de changer d'école en CM2, tu sais ? Les groupes sont déjà formés, tout le monde a déjà ses amis...du coup, ça demande encore plus d'efforts pour s'intégrer. Il n'y a personne de mon ancienne ville non plus... en plus, j'ai entendu que beaucoup passaient l'examen d'entrée au collège, et moi, j'arrive même trop tard pour ça ! C'est triste quand même, non ?

Et alors, qu'est-ce que ça peut me faire ! Elle est gonflée... pensa Shun.

[...]

 

PS:  Je case l'article dans "BD/Manga" faute de mieux, il faudra que je créée une catégorie romans... :)