Plus que jamais le Japon est un pays qui fascine, surtout en cette époque où Internet permet de communiquer avec le monde entier depuis son téléphone, son ordinateur ou sa tablette. Je fais partie de ces admirateurs de l'archipel, lequel a justifié 7 années (j'entame la 8e) d'études supérieures consacrées à sa culture (et surtout sa langue, il faut bien l'avouer). 

Bref tout ça pour dire que mon parcours m'a amené à passer un an sur place, ce que beaucoup savent parce que je parle beaucoup trop sur Twitter ; mais voilà, ça fait un an que je suis rentrée - j'estime avoir à présent le recul nécessaire pour me mettre à écrire dessus sur ce blog. J'avais déjà essayé de tenir un blog de voyage, mais je me suis vite rendu compte qu'il m'était impossible de raconter au jour le jour sans me lasser, haha.

Vous savez ce que ça veut dire, on va reprendre... depuis le début. (bruit de magnétoscope, parce que je suis vieux jeu)

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Donc, ouais, 1er Octobre 2015.

Moi et ma camarade de classe, on arrive à l'aéroport de Nagoya après une quinzaine d'heures de vol sans trop d'encombre (à part que le 2e avion Séoul-Nagoya m'avait rendu malade, mais passons). Concrètement, on sait pas grand chose, à part qu'on doit prendre le bateau direct après l'atterrissage pour accéder à Tsu, la ville où on va habiter pendant un an - et que des gens sont censés nous attendre au port. Parmi eux, celui que je vais appeler K-san, le responsable des relations internationales (on avait aucune idée de sa tronche soit dit en passant) qui nous avait dit de prendre IM PE RA TI VE MENT le 1er bateau parce que sinon il pourrait pas aller nous chercher et faudrait, en gros, ben, qu'on se démerde. Rassurant.

Sauf qu'en descendant de l'avion, y a toujours tous les contrôles à la suite, la queue à faire, la petite photo où tu te payes une tronche dégueulasse (pas fraîche fraîche après avoir mal digéré des fruits de mer en avion, hein?), tout ça tout ça... Chu-bu centrair, c'est un tout petit aéroport, du coup bon, ça me rassurait un peu, mais d'un autre côté, ils n'avaient pas l'air hyper doués, et je voyais le temps passer... passer ... aaah... le bateau !!

On passe le dernier contrôle, on court comme des dératées dans le couloir en poussant nos valises devant nous (la meilleure partie de cette soirée infernale je dirais) parce que l'angoisse donne des ailes ; on arrive tout juste pour prendre un ticket et on embarque presque tranquillement, tels des dresseurs pokémons invités à bord du St Anne (ouais j'ai de la culture attends). Il faisait noir (il était 18h) et moite et il pleuvait - ce qui nous faisait un peu craindre pour la traversée, maintenant je ne sais plus trop ce qui nous inquiétait tant mais je crois que les vagues volaient assez haut devant notre hublot, haha.

30 minutes plus tard, nous voilà sur la terre ferme. Il fait noir comme dans un four mais des gens sont là avec des drapeaux, nice. C'est K-san et une jeune collègue à lui, qui nous font monter dans un van - je vous raconte pas la galère pour caser les valises, avec les autres élèves bien chargés eux aussi. Pendant le trajet, ils nous distribuent des documents et une carte du coin... et commencent à nous expliquer des choses... et...on est... fatigués...et... aah... il s'arrête quand ce van ?

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La Route 23, mais de jour, c'est mieux

 

En fait, j'ai appris bien plus tard que le port était vachement loin, et avec les détours qu'on a fait, on a roulé une 20aine de minutes jusqu'au campus. Le souci, c'est qu'à Tsu, il fait noir. Genre, très noir - impossible de se repérer ou quoi que ce soit, on se demandait où on nous emmenait. Vient alors le sujet qu'on attend tous :

-Il est tard, si vous avez faim (montre vaguement la grande route qu'on aperçoit à travers la vitre devant) il y a une boulangerie...

-cool

-...mais elle est fermée...

-Ah.

-le combini ferme à 22 heures, donc je sais pas trop, sinon y a un McDo... ah, le supermarché est à 40 minutes de marche.

Ouais, en gros ça sent la galère. Et depuis quand un combini ferme à 22 heures ? Ca aussi, on a appris plus tard qu'il parlait du combini du campus, et pas de celui de la rue principale... sauf que ce soir là, on le savait pas, et ce détail a toute son importance, attention.

On nous largue enfin devant un bâtiment moche et mal éclairé (comme tout le reste de la ville), qui est censé être notre dortoir, sauf que je le reconnais pas. Eh, c'était pas pareil sur les photos, là. Mais c'est pas très grave, parce que je suis complètement anesthésiée de fatigue et je veux juste manger et dormir. D'ailleurs, avec ma camarade, on se disait qu'on aurait peut-être un pot d'accueil, ou au moins un peu de bouffe offerte...

Ben nan. Penses-tu.

La collègue de K-san nous fait monter les escaliers jusqu'à notre chambre avec nos valises de 25kg (sans faire mine de nous aider, bien sûr <3 heureusement un élève qui passait nous a filé un coup de main, je sais pu qui t'étais mais merci vieux). C'est sombre, c'est crade, et surtout, c'est complètement ouvert sur l'extérieur (soit un gouffre noir béant contrastant avec la lumière blanchâtre dégueulasse du ''couloir''). La jeune madame nous file alors les clés de nos chambres.

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De jour, ça ressemble à ça, c'est autrement plus sympa. Malheureusement, là, il faisait bien, bien nuit...

 

Je sais plus trop ce qu'il s'est dit à ce moment-là. Par contre, je me souviens qu'on espérait qu'elle nous aide un peu pour nous ravitailler, et que tout ce qu'elle a trouvé à dire, c'était...

-Ah oui, il fait noir à cette heure-ci, et vous êtes mignonnes alors faites attention !

Mais... et la bouffe... plize ? Avant qu'elle nous abandonne complètement à notre sort, on lui demande au moins où trouver à manger dans un endroit proche qui soit, de préférence, OUVERT. ''Ah, il y a le combini.''

Puis elle est partie. Avec l'obscurité totale de l'extérieur, c'était comme de voir quelqu'un disparaître dans les ténèbres dans les films, je vous jure. Glauque.

Alors on sort... avec notre carte. Et on part complètement dans le mauvais sens. C'était à prévoir... en fait, on avançait tellement dans le noir total (je crois que des lampadaires avaient dû rendre l'âme ce soir-là ?) qu'on s'est retrouvées entourées de champs sans comprendre comment on s'était retrouvées là, hahaha. Haha... demi-tour toute. Etrangement, je me sentais pas trop mal, je faisais même des blagues parce que les vieilles maisons traditionnelles dans le noir et les cigales donnaient un côté ''anime glauque''... comment ça, ce n'est pas rassurant ? On s'amuse comme on peut...

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C'est incroyable de penser que de nuit, on distingue absolument rien, haha

Moult péripéties plus tard on arrive enfin à l'énorme route nationale aperçue du van, bordée de restos et de chaînes/magasins - on a appris plus tard qu'il s'agissait de la Route 23 (oui, elle s'appelle vraiment comme ça) qui traverse Tsu de part en part et relie Nagoya à Ise. The more you know ! Et on part dans le mauvais sens, ce qui nous fait perdre encore une dizaine de minutes, car les passages piétons sont rares et recherchés. On arrive au combini, il est 21h30, juste avant la ''fermeture'' ! Wouah !

...en fait, celui-là était ouvert 24/24, contrairement à l'autre, sur le campus. Mais ça, on le savait pas. Tant de panique pour rien. On aura tout de même mis à peu près 45 minutes pour aller du dortoir au combini, ce qui est un record vu que c'est en réalité, à côté...

On grignote donc et on rentre, un peu perdues, excitées et énervées à la fois, sans savoir que le pire (et le meilleur, mais dans l'immédiat LE PIRE) était à venir.

Et je vous dis à bientôt dans un autre post pour découvrir la suite de nos grandes (?) (més)aventures. <3